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Des responsables de division de la compagnie menacés de limogeage

Sonatrach : le malaise s’aggrave

Ould Kaddour, P-DG de Sonatrach. © D.R.

Si cette tension persiste, elle risque de s’étendre aux zones de production et aux bases de vie pétrolifères. Ce qui signifie la paralysie au sein de la compagnie pétrolière nationale.

Rien ne va plus dans les structures opérationnelles de Sonatrach depuis le changement à la tête de la compagnie pétrolière.
Quelques jours après sa prise de fonction, le nouveau P-DG Ould Kaddour s’est trouvé face à une situation conflictuelle. “Plusieurs responsables du forage, de l’exploration, de la division PED (division ingénierie des projets de développement) et des directeurs régionaux ont été menacés de limogeage. Tout s’est alors arrêté dans plusieurs services. C’est la démobilisation totale”, rapporte une source sûre à Sonatrach. À l’origine de cette tension, le premier responsable de l’amont de l’exploration-production, a affiché son intention de changer ces responsables, a ajouté la même source. Il veut replacer l’ancienne équipe qui avait été remplacée pour résultats négatifs, selon la même source. Contacté au téléphone, il dément ces informations.
Fait surprenant, le P-DG de Sonatrach, Ould Kaddour, lors de sa prise de contact avec les responsables des différentes divisions face à la présence de deux équipes a dû recevoir en aparté l’ancienne équipe pour écouter ses griefs. Cette réunion n’a pas pu faire la décantation. Les menaces de limogeage ont été proférées de nouveau. Lors de son déplacement à Hassi-Messaoud et à Hassi-R’mel pour rassurer les cadres de Sonatrach, même scénario, la présence sur les sites précités de l’ancienne équipe. Au lieu d’être rassurés, les cadres de Sonatrach étaient plutôt
inquiets à l’issue de cette visite. La purge était annoncée depuis plusieurs jours. Mais le P-DG de Sonatrach n’a pas encore rassuré ces responsables et donc le personnel rassemblé autour de son chef sur le maintien de ces responsables et du middle management, c'est-à-dire les numéros 2 et 3 de chaque division et les directeurs des installations industrielles. Le malaise s’était déjà installé. Aujourd’hui, il s’est aggravé. Pourtant, les équipes en place qui exercent dans des activités qui sont le cœur de métier de Sonatrach — exploration-production — affichent des résultats positifs : une croissance de 6 à 7% annuellement en matière de production d’hydrocarbures.
Si ce n’était l’engagement de l’Algérie à réduire la production de pétrole, ils peuvent assurer une production supplémentaire de pétrole de 110 000 barils/jour. Quant au gaz, une quantité supplémentaire de 4 milliards de mètres cubes est disponible. Elle attend seulement que le gazoduc GR
6 en voie d’achèvement soit mis en service. Entre 2018 et 2019, ces équipes comptent assurer 30 milliards de mètres cubes/an de gaz supplémentaire à partir des nouveaux gisements du Sud-Est et du Sud-Ouest. Cette dynamique, selon la même source, ne se limite pas à la production. Mais à l’assimilation des techniques modernes de récupération et de facturation. Cet effort a permis une meilleure optimisation de la production du champ de  Hassi-Messaoud qui est en voie de
parvenir à un second souffle. On parie maintenant sur une production de ce champ à hauteur de 20 millions de tonnes/an de pétrole pour une
période de 30 à 40 ans.
Grâce à l’assimilation des techniques de facturation pour des réservoirs compacts, ces équipes, ajoute-t-elle, peuvent s’attaquer aux énormes richesses de pétrole et de gaz contenues dans les quartzites de Hamra au Sud-Est qui avait, à une époque, suscité l’intérêt de Total. En somme, ce malaise aujourd’hui contenu au siège de Sonatrach et aux QG des régions  risque de s’étendre aux zones de production et d’exploration de Sonatrach, voire aux bases de vie des zones pétrolifères au Sud. Ce qui paralyserait Sonatrach. La solution à ce malaise est pourtant simple : l’atteinte des objectifs de production par ces responsables. Si c’est le cas, pourquoi alors chercher à briser une dynamique qui, si elle est brisée, risque de retarder l’évolution de Sonatrach qui est déjà menacée sur d’autres théâtres d’opération : la concurrence du Qatar, de la Russie, de l’Égypte et d’Israël sur le marché gazier européen.

 


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