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Soraya Djermoun et Emmanuel Hersant percent les secrets du palais royal d’Al Thani

Le Qatarisme dresse une sorte de bilan sur le management qatari et apporte des réponses aux questionnements liés à l’émergence surprenante et l’envol pris par cet émirat.

Le Qatarisme, essai d’analyse du mode de fonctionnement d’un système. Tel est l’intitulé du dernier ouvrage traitant de la question qatarie. Ce livre se veut une réflexion  circonstanciée sur la stratégie politique et géostratégique de ce micro-Etat, né au XIXe siècle avec la “bénédiction” du Royaume-Uni.
Signé par deux consultants spécialisés en relations internationales et en communication, l’Algérienne Soraya Djermoun et le français Emmanuel Hersant, ce présent ouvrage paru aux éditions L’Harmattan, esquisse une nouvelle approche, pour appréhender cet activisme «effrénée» de Doha sur la scène internationale. Préfacé par Denis Bauchard, ancien président de l’Institut du Monde arabe,  le Qatarisme dresse une sorte de bilan sur le management qatari et apporte des  réponses aux questionnements liées à l’émergence surprenante et l’envol pris par cet émirat.
En feuilletant cet essai, le  Qatar, par rapport aux autres Etats du Golfe, ne doit pas uniquement son essor actuel à son “insolente richesse” naturelle, mais il existe d’autres  éléments qui déroulent la montée vertigineuse de ce micro-Etat en 15 années seulement, et ce, en bâtissant un label estampillé sur le plan du commerce international et notamment médiatique.
Les auteurs ont tenté de “fouiner” dans le palais royal pour comprendre les tenants et les aboutissants de l’activisme tous azimuts qatari.
Ils ont d’abord expliqué, les leviers et les clefs utilisés par ce nouveau “débarqué” dans le gotha des grands pour ouvrir, du coup, des perspectives lointaines et enregistrer des pas de géant en peu d’années.
“Ce pays qui a transformé son désert en mirage réel offre des paysages contemporains concurrençant les capitales les plus huppées”, ont-ils relevé. Pour les deux auteurs, le Qatar doit sa réussite économique et son influence transnationale à son Emir Hamad Ben Khalifa Al Thani qui vient d’abdiquer  au profit de son fils Cheikh Tamim, âgé à peine de 33 ans. Une première dans les  pétromonarchies du Golfe. Plus loin, cet ouvrage relève la dualité comportementale de Doha sur la scène internationale, des exemples édifiants à l’appui. Doha a toujours œuvré pour être un ami de tous, sans exception aucune.
Il entretient, dit-on, des relations avec Tel-Aviv, tout en appuyant financièrement et même politiquement parfois l’ennemi juré d’Israël, le mouvement palestinien Hamas. Aussi, le staff d’Al Thani offre l’asile politique et humanitaire à tous les opposants des gouvernements arabes. Le régime des Al Thani a saisi au vol cette opportunité en 2011, le Printemps arabe, pour cautionner et financer l’agression militaire française en Libye.
Pis encore, l’auteur relève encore que Doha, qui abrite le commandement américain pour le Moyen-Orient — le Centcom —, tout en fermant les yeux sur les dépassements médiatiques de la chaîne satellitaire Al Jazzera quand celle-ci n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur la politique de l’establishment.
En fait, ce canal domestiqué par Al Thani se veut “la vitrine du Qatar” et constitue un des socles les plus importants de la politique d’influence du Qatar. Ce micro Etat a recouru, également, à d’autres outils économiques et financiers pour s’assurer un tel succès en quelques années seulement. Djermoun et Hersant dépeignent donc les leviers économiques peuvent être appréciés au travers de deux axes : la rente financière et le parc commercial prolixe.
“Une rente financière qui octroie le statut de pays producteur de gaz et de pétrole. Et cette rente est un précieux vecteur de développement et d’influence à l’échelle internationale”.
En fait, les deux auteurs décrivent, dans le détail, l’ensemble des instruments qui sont à l’origine du Qatar story. La première clef citée n’est autre que le Qatar Investment Authority (QIA).
Ce dernier est un fonds d’Etat créé en 2005 et dirigé par le cheikh Tamim. Le QIA dispose de 85 milliards de dollars d’actifs répartis dans plusieurs sociétés internationales dans le monde tel le club français PSG. Aussi, le Qatari Diar, une entreprise d’investissement, intervient dans le système financier international.
Le Qatar National Bank(QNB) fait figure de première banque commerciale du pays. Le Qatar Airways et Qatar Petroleum, et Qatar Telecom ont également contribué à l’essor de cette monarchie. Le fonctionnement de ce micro-Etat ressemble, disent-ils, au mode de gestion d’une multinationale. Le modèle qatari s’apparente de très près à celui de grands groupes multinationaux.
L’auteur a décortiqué les similitudes organisationnelles qui existent entre une entreprise et le petit émirat.
Cette réflexion permet de retenir les spécificités de l’intendance du Qatar qui se veut un grand Etat de par son influence, mais fonctionne comme une PME.  Le Qatarisme vaut  le  “détour” pour percer les secrets du palais royal d’Al Thani.


H H.