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Nomination d’un nouveau gouvernement

Tebboune engage les tractations

Siège du Palais du gouvernement. © Archives Liberté

Les émissaires du président ont la délicate mission de prospecter dans l’aréopage des personnalités qui n’auraient pas tout de suite dit oui à la sollicitation. 

Le président Abdelmadjid Tebboune, qui sera investi officiellement dans ses fonctions aujourd’hui, a  déjà ouvert   son  carnet d’adresses  et  a  repéré quelques profils susceptibles de figurer dans l’Exécutif qu’il compte nommer dans les plus brefs délais. Selon des sources bien  informées,  ce dernier, contrairement à son prédécesseur, l’infortuné Abdelaziz Bouteflika, n’a pas l’intention de  piocher dans  la  fameuse  ex-alliance  présidentielle  pour composer l’ossature de son gouvernement.

C’est ainsi que l’on a appris des mêmes sources qu’il a chargé des personnes proches de sonder certaines personnalités à la notoriété établie sur leur disponibilité à faire partie du futur Exécutif. Ces prospecteurs politiques ne se sont pas formalisés outre mesure pour entamer leur délicate mission. Délicate parce que les profils qu’ils sont chargés d’approcher ne se recrutent pas dans l’aréopage des personnalités qui auraient tout de suite dit oui à la sollicitation.

D’ailleurs, la première personnalité sondée — qui ne souhaite pas être citée — et à laquelle Abdelmadjid Tebboune souhaite confier le portefeuille de Premier ministre a réservé sa réponse. Les émissaires du président n’ont même pas réussi à lui arracher un engagement de principe. Cependant, la personnalité en question n’a pas écarté l’éventualité d’une collaboration avec le nouveau président.

Elle aurait certainement à l’idée de négocier un contrat d’engagement politique. Mais pas que cela. Jouissant d’une grande, voire acceptable, aura auprès de la classe politique et du mouvement populaire du 22 février, cette personnalité ne voudrait pas s’engager dans quoi que ce soit avant de jauger ce que pourraient être les réactions de l’opposition et de la rue notamment. D’ailleurs, sitôt approchée, elle a entrepris de demander l’avis parmi le cercle de ses amis et proches qui pourraient lui être d’un bon conseil.

Cela dit, certainement que le nouveau chef de l’État a entrepris la même démarche auprès d’autres candidats potentiels aux portefeuilles ministériels. Abdelmadjid Tebboune, qui a déjà donné une première indication sur ce que serait son gouvernement, à savoir l’intégration des jeunes, n’irait pas chercher ses ministres au Front de libération nationale (FLN) ou encore au Rassemblement national démocratique (RND).

Cela, pour au moins deux raisons : la première a trait au fait que ces deux partis, les deux principales béquilles politiques sur lesquelles s’est appuyé le pouvoir du président Bouteflika déchu, seraient encombrants pour lui. En effet, avec un hirak toujours aussi fortement mobilisé que les premières semaines de son avènement, il n’est pas de bon ton de fréquenter ces deux formations politiques.

Abdelmadjid Tebboune s’en éloignerait sans nul doute parce qu’il lui est non point nécessaire, mais impératif de donner sinon des gages, du moins quelques signes d’une volonté de rupture avec l’ordre ancien. Surtout que l’un des chantiers importants qu’il compte ouvrir urgemment consiste en l’organisation d’un dialogue politique.

Ce dialogue, déjà peu évident dans ce contexte de tension, le sera moins dans la situation où les partis de l’ancien pouvoir viendraient à reprendre leur place dans le nouveau. Aussi, Tebboune n’agirait même pas par choix s’agissant de sa relation avec le FLN et le RND et le reste des petits partis qui ont toujours gravité autour de Bouteflika, mais par contrainte. 

Cela, même s’il doit, ce faisant, trouver la recette pour faire voter les amendements qu’il compte apporter à la loi électorale — celle qu’il a annoncée pour le moment — par la majorité parlementaire. Il aurait également besoin de cette majorité si d’aventure il décidait de réviser la Constitution en conférence parlementaire.

Ce qui est fort probable, puisque la voie référendaire n’est pas sécurisée pour un pouvoir issu d’une élection où plus de 60% du corps électoral s’est abstenu de voter. Aussi, le risque pour le pouvoir d’opter pour le référendum, c’est de voir sa proposition rejetée. Ce qui sera fatal pour lui, surtout qu’il est en quête d’une légitimité qu’il n’a pas pu s’offrir le 12 décembre dernier. 

 

Sofiane Aït Iflis

 



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