Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Baghdad Mandouch, expert pétrolier (*)

“Un débat sur le gaz de schiste est indispensable”

Le spécialiste des questions pétrolières estime, dans cet entretien, que Sonatrach, à elle seule, ne dispose ni des moyens financiers ni de la technologie nécessaire pour pouvoir renouveler les réserves.

Liberté : Le gouvernement semble vouloir aller plus loin dans l’exploitation du gaz de schiste. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?
Baghdad Mandouch :
Pour aller plus loin, il faut d’abord commencer. Malheureusement,  Sonatrach n’a pu réaliser que deux puits d’exploration dans le domaine du gaz et du pétrole de schiste. On parle de gaz de schiste, mais il y a possibilité d’avoir aussi du pétrole de schiste, si on tient compte des sept bassins potentiels pour le pétrole et le gaz de schiste : Ahnet, Illizi, Berkine, Timimoun, Mouyidir, Tindouf. À mon  sens, le débat autour du schiste est stratégique. Seuls les cadres et experts dignes de ce nom doivent le porter dans la société dans un climat serein, la politique n’y a pas de place. À mon avis, l’expérience tentée à In-Salah n’a pas bénéficié de suffisamment de communication nécessaire et pragmatique de la part de Sonatrach et du ministère de l’Énergie. Les premiers forages dans ce domaine ont concerné des puits exploratoires, c’est une étape qui dure 7 ans. À la fin de ce processus, des données seront recueillies, elles vont permettre de connaître, avec plus de précision, les réserves de chaque bassin et la rentabilité de chaque gisement.

Il est aujourd’hui question de modifier la loi sur les hydrocarbures adoptée en 2005. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
La loi sur les hydrocarbures 05/07 de 2005, modifiée et complétée en 2013, a été élaborée, alors que le baril de brut valait plus de 100 dollars. Mais depuis mi-juin 2014, le baril a fortement chuté. Des experts pétroliers aussi bien locaux qu’étrangers ont alerté les décideurs sur cette situation. Il n’y a, cependant, pas eu de réactivité face à la déprime des marchés. Les nouvelles donnes, on n’en a pas tenu compte pour réviser la loi. Le 5e appel d’offres en préparation doit se faire dans une autre logique basée sur les données actuelles d’un prix bas du baril, une conjoncture qui va se prolonger dans le temps, sur une nette incitation en matière de fiscalité pétrolière dans les zones à risque (la partie nord du pays et l’offshore).
À cela, il faut ajouter un autre paramètre, celui de l’amélioration, de manière sensible, de l’environnement des affaires dans lequel devraient évoluer les compagnies étrangères qui tournent le dos au marché algérien, pas seulement à cause de la loi sur les hydrocarbures, mais également en raison du manque de réactivité de la part de Sonatrach et d’Alnaft et de l’administration en général.

Sonatrach s’apprête à exporter du gaz depuis Hassi-Messaoud, un site à vocation pétrolière. Est-elle sur une bonne piste ?
En fait, le gaz extrait de Hassi-Messaoud, c’est du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Et l’investissement qui a été réalisé sur ce site a pour objectif  de le récupérer, car auparavant, il était torché (brûlé dans l’air). Il reste que les quantités extraites ne sont pas importantes. Elles ont été essentiellement réinjectées dans des puits de Hassi-Messaoud à l’effet d’augmenter la pression et, par là même, de relever le taux de récupération dans ce vaste champ pétrolier qui produit près de 45 000 barils/jour. De fait, il ne peut y avoir de gros volumes destinés à l’exportation.

(*)Titulaire d’un doctorat en management des entreprises, ancien P-DG de sociétés mixtes dans le secteur de l’énergie, actuellement consultant.

Entretien réalisé par : Youcef Salami


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER