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Actualité Mercredi, 11 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Dr Mustapha Mekidèche, économiste et vice-président du CNES

“Un moment célébré de façon intense et collective”

Par : Hafida Ameyar

Le 5 juillet 1962, j’étais à Alger. Il y a pour moi deux formes convergentes, avec un fort effet de synergie, dans le souvenir que j’ai de la célébration de cette journée historique : celle du peuple et celle des organisations de Libération nationale FLN/ALN (Nidam), déjà en crise larvée. S’agissant de la première forme, le peuple d’Alger, à l’instar de celui du reste du pays d’ailleurs, s’était approprié cette fête pour en faire un moment historique, car je ne crois pas qu’il puisse y avoir d’autres moments qui seront célébrés de façon aussi intense et collective. Tout le monde était dehors dans une même communion : femmes, enfants, adultes.
Ainsi, la confection des drapeaux et la mise à disposition de tous les moyens possibles de transport et d’expression (banderoles, instruments de musique…) ont été fournis pour l’essentiel, par les populations, dans la continuité des manifestations de décembre 1960 qu’elles avaient initiées le 5 juillet 1962 est d’abord un moment unique. L’idée reçue que la victoire de football de 1982 contre l’Allemagne avait atteint en intensité celle des manifestations du 5 juillet 62, qui ont d’ailleurs duré plusieurs jours, est fausse.
Pourquoi alors cette ferveur inédite ? Je l’explique, pour ma part, comme la perception fulgurante, le 5 juillet 62, de l’aboutissement d’un processus historique exceptionnel, processus marqué par une répression coloniale féroce. Ceci, face à une résistance populaire vécue collectivement, mais aussi à titre individuel, y compris pour les femmes et les enfants.

La fin de l’interminable nuit coloniale
L’adolescent que j’étais avait été blessé par éclats de grenade, en manifestant le 11 décembre 1960, à Belouizdad (allée des Mûriers).
Mon frère, l’ayant appris, est sorti pour me “venger”. Le soir, ses deux fils n’étaient pas rentrés à la maison, car mon frère aîné avait été arrêté, entre-temps, par l’armée coloniale ; ma mère avait fait toutes les morgues des hôpitaux d’Alger à notre recherche. Des exemples d’un tel type de répression et de souffrance étaient le fait de la plupart des familles, des campagnes et des villes. Ajoutez à cela les tueries et les destructions de l’OAS, surtout après le cessez-le-feu du 18 mars 1962, qui ont cimenté la solidarité et la cohésion populaires. Le 5 juillet 1962 était ressenti d’abord comme la fin de cette souffrance multiforme résultant de l’interminable nuit coloniale.
S’agissant de la deuxième forme de manifestation, il faut relever l’organisation des défilés militaires et civils par les structures du FLN/ALN et de ses organisations populaires.
J’étais concerné en tant que membre de la direction pour le secteur regroupant les quartiers d’El-Madania, d’El-Mouradia et de Belouizdad de la section universitaire du FLN d’Alger, que dirigeaient Flici, Boucheikh et Oubouzar. J’avais ainsi organisé avec mes collègues, Deramchia notamment, la participation des lycéens et des étudiants aux défilés, avec les banderoles et les mots d’ordre appropriés.
Cela sans oublier dans cette ferveur, l’organisation avec les moyens du bord et le soutien logistique du Nidam pour les locaux des cours de rattrapage pour les lycéens des quartiers de notre secteur, qui avaient raté leurs cours, en raison de la pression de l’OAS, pendant les deux derniers trimestres de l’année scolaire et universitaire 1961/1962. Cela, pour les préparer aux examens reportés à septembre 1962, notamment le baccalauréat.

Des batailles gagnées, d’autres perdues…
Il est difficile de prétendre faire un bilan de 50 ans d’indépendance en quelques lignes. Pour continuer sur un registre plus martial, on peut dire que des batailles ont été gagnées, d’autres perdues et enfin il y a celles qui n’ont pas encore été livrées.
On peut donc parler d’un bilan mitigé et inachevé. En d’autres termes, au plan économique et social, il y a des acquis et rien n’est encore perdu ; pour autant il reste beaucoup à faire et des incertitudes restent à lever. Donnons quelques exemples, pour illustrer ce regard ambivalent, que je porte sur la situation actuelle du pays et ses perspectives.
D’abord, on ne peut faire un bilan sérieux et objectif si l’on ne se remémore pas la situation désastreuse de la société et de l’économie algériennes en 1962. Beaucoup d’analystes l’oublient souvent.
Pour une meilleure restitution, on peut segmenter ce bilan en 4 périodes. Une première période couvrant la décennie 1962-1973 de l’indépendance au premier choc pétrolier, qui est caractérisée par le parachèvement de l’indépendance nationale au plan économique.
Avec la récupération des terres agricoles (mars 1963), les grandes nationalisations des mines (1966) et des hydrocarbures (1971), et l’émergence de l’Opep qui change les rapports de force entre les pays consommateurs et les pays exportateurs de pétrole. La 2e période de 1973 à 1980, qui s’appuie sur des recettes pétrolières significatives, est celle de l’industrialisation intensive et accélérée du pays, financé à la fois par les recettes pétrolières et l’emprunt international du pays.
Ce développement industriel inachevé, bien qu’il ait créé massivement des emplois, s’est avéré peu efficace, car appuyé sur un modèle endogène autocentré.
Il a conduit en partie à une grave crise de la dette, qui s’est transformée en une longue et douloureuse crise économique et sociale, qui a duré de 1986 à 1998.

Amélioration de la gouvernance et liquidation des rentes et de la corruption
La 3e période, qui débute en 1980 avec l’arrêt des investissements industriels au profit de la consommation, a été contrariée par la guerre des prix pétroliers qui assèche la rente pétrolière. Cette période se termine en 1998, à l’issue du programme d’ajustement structurel (PAS) douloureux, par une reprise significative des cours du brut.
Cette étape correspond aussi à celle d’une ouverture libérale débridée, dont on ne peut pas dire non plus qu’elle a boosté la croissance et diversifié l’économie.
La 4e période, qui commence au début du millénaire, est celle d’une reprise intensive des investissements, mais cette fois dans les infrastructures, l’hydraulique et le logement, sans pour autant impulser une croissance diversifiée et forte, portée par les secteurs productifs hors hydrocarbures.
Alors les gros enjeux sont, 50 ans après, toujours devant nous : faible capacité entrepreneuriale, élargissement des marchés informels, désindustrialisation. Mais les atouts sont présents pour relever ces défis : ressources humaines qualifiées, équilibre macroéconomique robuste, réserves de changes de 200 milliards de dollars. Le tout est d’avoir une bonne gouvernance économique et de liquider les rentes et la corruption, qui ont un effet d’éviction incommensurable sur l’effort productif. C’est finalement à portée de main.


H. A.

 

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