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Situation politique et économique, succession de Bouteflika, coopération dans la lutte antiterroriste

Un rapport parlementaire français qui accable l’Algérie

Guy Teissier (au milieu), député des Bouches-du-Rhône. ©D. R.

Malgré les concessions et les énormes facilités offertes à la France, ses députés n’hésitent plus à livrer le fond de leur pensée à l’égard de notre pays. Une image qui tranche singulièrement avec les discours policés et des déclarations d’intention entendues çà< et là.

Lors de la présentation d’un rapport d’information sur la coopération européenne avec les pays du Maghreb, après une mission de six mois dans la région, deux députés français se sont illustrés jeudi par des déclarations fracassantes concernant notamment l’Algérie.
Au cours de cette séance présidée par Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice et garde des Sceaux, députée de la Seine-Saint-Denis et présidente de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale française, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône, a vite annoncé la couleur : “Au plan politique, en Algérie, la question qui préoccupe les esprits, et tous les esprits, c’est celle de la succession d’Abdelaziz Bouteflika qui a été réélu, comme chacun sait, en 2014, dès le 1er tour. De nombreux mouvements internes ont lieu dans les milieux administratifs, militaires et économiques, vraisemblablement pour préparer la succession du chef de l’État. Les autorités ont effectué de nombreux remaniements depuis mai 2015 et, notamment, dans les services de renseignements, le DRS, où le général Médiene a été mis en disgrâce. Et, plus récemment, le président Bouteflika a remplacé le DRS par une nouvelle structure rattachée directement à la Présidence pour l’avoir sans doute à sa main, mais aussi pour la sortir du giron de l’armée.
Et vous savez qu’en Algérie l’armée occupe une place très très importante et notamment par son chef de l’état-major qui se verrait bien probablement en successeur de Bouteflika.” Le député du parti Les Républicains se montrera plus nuancé dans son analyse lorsqu’il reconnaît ensuite : “Ces mouvements sont difficiles à interpréter tant la finalité est opaque, tant il y a beaucoup de groupuscules et d’éléments d’incertitudes (et non des moindres) dans la situation économique et sociale de ce pays. La baisse de la rente pétrolière a bien évidement été une catastrophe pour ce pays.”
Les difficultés économiques de l’Algérie ne sont pas négligeables, selon le parlementaire français : “Nous avons trouvé un pays qui donne l’impression que tout fonctionne mais où tout semble artificiel.” Pour lui, la croissance économique est “trop faible” pour résorber le chômage chez les jeunes.

Un peuple aux antipodes du pouvoir ?
Craignant un “risque de délitement”, Guy Teissier aborde également, non sans inquiétude, “une chape de plomb” qui pèse sur les libertés : “Nous avons été surpris par les difficultés de la presse indépendante à s’exprimer en dehors d’une certaine orthodoxie.” Guy Teissier, qui est également président de la Communauté urbaine de Marseille, estime par ailleurs que les entrepreneurs français ont du mal à travailler en Algérie. Pourtant, tout le monde croyait, jusque-là, à tort ou à raison, que les entreprises françaises disposaient réellement de très “gros atouts” dans notre pays. Ainsi, les concessions accordées et les énormes facilités offertes semblent ne plus trouver grâce aux yeux des entrepreneurs français. Le député enfonce le clou sur ce registre des relations franco-algériennes en évoquant le “prurit permanent” du pouvoir algérien quand il s’agit de la France : “Dans ce pays, il y a un dysfonctionnement entre le gouvernement et le peuple : le peuple est en demande de France quand le gouvernement rejette la France et ne manque pas une occasion de vilipender notre pays.” Les mots son lâchés ! D’après lui, les nouvelles générations seraient ainsi plus ouvertes à la France et moins sujettes aux préjugés que nourriraient le pouvoir à l’égard de la France.

À quoi jouent les militaires au Sahel ?
Jean Glavany, ancien ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, député PS des Hautes-Pyrénées et membre de la Commission défense à l'Assemblée nationale française, a abordé pour sa part “la menace terroriste” et “les ratés” des échanges d’informations entre les services français et algériens. Il rapporte une anecdote à ce sujet, selon laquelle des militaires algériens ne répondraient pas aux coups de fil de leurs homologues français stationnés au Mali.

L’accusation est très lourde et n’est pas tout à fait nouvelle.
L’Algérie avait déjà essuyé par le passé de nombreuses critiques qui ont conduit à l’isolement politique, à l’’embargo économique et militaire jusqu’aux guerres médiatiques et aux instruments des renseignements.
Après cela, que peuvent encore valoir les belles déclarations et autres professions de foi dont nous abreuvent les officiels français et les nôtres à l’occasion des visites échangées et de leurs rendez-vous protocolaires ?

Mohamed-Chérif Lachichi


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Commentaires
12 réactions
abdoul le 22/01/2017 à 11h06

Que voulez-vous, il est difficile de ne pas penser qu'à minuit il fait nuit

Benkader le 22/01/2017 à 14h13

Oui, mais enfin, n'attendez surtout pas des éloges de nos "amis" les français. A l'endroit de l'Algérie, qu'ils soient de droite ou de gauche, ils ont toujours eu ces sentiments et ces arrières pensées. Trop souvent, ils expriment ce qu'ils ont dans le cœur juste avant la fin d'un mandat présidentiel en France. L'Algérie doit savoir être réaliste dans ce monde où les ex. colonisateurs ne peuvent rêver que de détruire ceux qui les ont combattus pour accéder à leur indépendance.

Benkader le 22/01/2017 à 14h17

De grâce, l'Algérie doit revoir sa politique africaine dans le sens d'un renforcement de la coopération bilatérale. Notre pays doit également sortir du tête-à-tête permanent avec Paris. Les USA, la Russie, la Chine, l'Allemagne, les pays nordiques et certains pays arabes sont bien indiqués pour cette coopération. Les schémas sclérosés doivent laisser la place à une nouvelle orientation et une nouvelle offensive qui corrigera les multiples lacunes et faiblesses de notre diplomatie.

aminelicia le 22/01/2017 à 14h28

Bonjour Ces députés français veulent sans doute plaisanter. Au contraire, les dirigeants algériens adorent l'ancienne "puissance coloniale" puisqu'ils se soignent là-bas, y possèdent leurs biens immobiliers et leurs comptes bancaires. Ce qui n'est nullement à la postée du commun des Algériens.

meliani le 22/01/2017 à 14h51

Encore un nostalgique de l'Algérie Française ! ce Guy Tessier !! il faut d'abord qu'il balaye devant sa porte ! car à l'intérieur même de son parti et des autres partis opposants,ils se déchirent et ne cessent de se contrarier! l'Algérie n'a pas besoin de ses leçons et avis stupides. je me demande d’ailleurs!pourquoi notre gouvernement a autorisé ces fouineurs pour ne pas dire espions ! à sillonner notre pays à la recherches de blâmes truffés! pour discréditer notre pays!dehors !

fouad le 22/01/2017 à 15h42

les députés français devrait être les derniers a parler de liberté quand en voie comment le régime français traité la liberté de pensé de "Dieu-donné", c'est Députes voudrait -comme la dit Coluche dans un sketch - nous vendre de l'intelligence, il n 'avais même pas un échantillon sur eux.

Lumière le 22/01/2017 à 18h03

œil pour œil dent pour dent. Que nos parlementaires leur rendent la pareille : un rapport accablant sur la situation politique et économique de la France

népourêtrelibre le 22/01/2017 à 18h26

La France politique tantôt accable tantôt séduit le régime de Bouteflika. Je préfère la France politique de droite qu'à celle qui est prônée par F. Hollande. À ce que je sache le régime avait déjà financé le parti socialiste. Le partage du monde s'Est effectué après la fin de la 2ième guerre mondiale. l'Algérie demeurera sous la domination Française à distance. Et si on veut se départir de cette France politique faut des hommes qui n'ont aucun lien historique avec celle-ci.

said le 22/01/2017 à 22h05

Ce ne sont pas ceux qui ont combattu la France qui sont au pouvoir mais ceux que la France a laissé derriere elle. Il ne faut pas oublier que c'est cette meme France qui a delivré le certificat médical pour qualifier Boutef au 4eme mandat. Aujourd'hui, elle se rend compte qu'elle ne peut plus soutenir un pouvoir mafieux en fin de cycle et donc il est de son interet de se redepoloyer. Ceci est une tres bonne nouvelle!

Pariskk75 le 22/01/2017 à 23h37

Au lieu de critiquer l'Algérie déjà commencé par reconnaître le génocide et les crimes contre l'humanité commis par la France la France à commis le pire crimes et génocide de toute l'histoire de l'humanité et avec des preuves à la puis c'est très grave l'Algérie demande justice soit faite et réparation et des excuses

abdoul le 23/01/2017 à 12h16

Que la situation en Algérie soit catastrophique et que les menaces soient imminentes ne sont un secret pour personnes. Alors que des parlementaires français le disent je ne voient pas ce qui heurtent. Ils s'expriment sur leur propre ressenti sur l'état du monde comme pour toute autre partie du monde et je m'étonne de ces réactions algériennes qui ressentent comme un affront une simple constatation, plutot sensée. C'est le constat contraire, dire que tout va bien, qui aurait été sujet à controver

abdoul le 23/01/2017 à 12h21

je constate que malgré tout nos discours nous sommes toujours attachés à la france corps et ame.......peut-etre plus aujourd'hui qu'avant l'indépendance

Commentaires
12 réactions