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BLOCAGE DES ÉQUIPEMENTS DE CEVITAL PAR LE PORT DE BÉJAÏA

Un sabotage sur ordonnance ?

© Liberté

Si l’on se réfère au contenu quelque peu étrange d’une correspondance adressée le 21 novembre 2016 par l’EPB à l’entreprise nationale Nashco, l’on ne peut que s’interroger sur ce qui se tramait déjà dans le dos de Cevital depuis des mois.

Au moment où le gouvernement supplie presque les opérateurs de renforcer leurs investissements afin de contribuer à limiter les dégâts de la crise financière qui pointe déjà son bout du nez dans le pays sous l’effet de la baisse drastique des recettes pétrolières, les blocages que subit le premier groupe industriel privé algérien, Cevital, se suivent et se ressemblent. Et si l’expérience parfois éprouvante de cette entreprise suffit à démolir le discours officiel quant aux efforts consentis pour améliorer le climat d’investissement et encourager les initiatives privées, cette fois-ci c’est une voix provenant des fins fonds du régime et qui n’est pas des moindres qui s’est élevée contre les obstacles dressés devant le groupe privé.
Ahmed Ouyahia, en visite hier dans la région de Béjaïa, autant dire le bastion de Cevital, pour épauler la liste de son parti pour les législatives, a clairement pris la défense de celui qu’il considère, d’ailleurs comme “le plus grand investisseur du continent”. Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique et, néanmoins ministre d'État, directeur de cabinet de la présidence de la République, n’a pas hésité, dans la foulée de son intervention, à dénoncer la décision de l’Entreprise portuaire de cette ville (EPB) qui a refusé l’accostage d’un navire transportant les équipements pour l’usine de trituration des graines oléagineuses de Cevital et le déchargement de sa cargaison.
L’opérateur dit pourtant avoir respecté toutes les procédures en la matière pour l’importation des machines en question et l’usine avait reçu l’autorisation de l’Agence nationale de développement des investissements (Andi) sur la base du fait qu’elle devait, entre autres, contribuer à la résorption du chômage, très fort dans la région, et à la satisfaction de la demande nationale en huile végétale brute et en tourteaux de soja, actuellement importé à 100% par l’Algérie.
Mais l’attitude de l’EPB a surpris plus d’un, y compris en haut lieu comme le montre la sortie médiatique d’Ouyahia. L’entreprise portuaire est, en effet, allée jusqu’à outrepasser ses prérogatives en exigeant, dans un courrier adressé le 16 mars 2017 aux responsables de Cevital, des “clarifications” concernant la destination finale des équipements. Le groupe privé a malgré tout répondu positivement à la demande bizarroïde de l’EPB. Mais cela n’a visiblement pas suffi puisque l’entreprise portuaire a, de nouveau, refusé l’accostage du bateau par le biais de la commission de placement des navires. Et si l’on se réfère au contenu quelque peu étrange d’une correspondance adressée le 21 novembre 2016 par l’EPB à l’entreprise nationale Nashco l’on ne peut que s’interroger sur ce qui se tramait déjà dans le dos de Cevital depuis des mois.
En effet, dans ce courrier la première rappelait à la seconde le contenu d’une précédente missive envoyée au transitaire le 26 juin 2016 et dans laquelle la direction du port martèle que “le débarquement de tout colis appartenant au client Cevital doit faire l’objet d’un accord écrit au préalable de l’entreprise portuaire, avec précision du nombre de colis, leur nature, leur volume, le tonnage unitaire et la destination finale”.
Nashco reçoit même un avertissement en bonne et due forme de la part de la direction du port qui la somme, “encore une fois” de bien vouloir contacter ses armateurs “à l’effet de ne pas charger ces marchandises avant de disposer de l’accord”. “Faute de quoi, martèle l’EPB, les colis seront laissés à bord.”  
Comment un P-DG d’un port peut-il se permettre de s’immiscer dans le travail d’une société de transit qui ne lui est pas rattachée et qui ne dépend aucunement de son entreprise ? Qu’est-ce qui le pousse à prendre cette liberté des mois avant le départ du navire pour l’Algérie ? Pourquoi donc cette fixation sur le groupe Cevital et pourquoi cet acharnement à vouloir contrarier un projet dont les avantages pour la région et par extension pour l’État sont indéniables ? Le P-DG de l’EPB, Djelloul Achour, a-t-il agi seul dans cette affaire ou a-t-il juste obtempéré à des injonctions venues de quelque part ?
Devant une telle attitude le groupe privé n’avait d’autre choix que de recourir à la justice pour se rendre justice face à ce qui s’apparentait à un arbitraire. Le tribunal de Béjaïa statuant en matière de référé maritime a donc ordonné, en date du 27 mars 2017, à l’EPB d’autoriser l’accostage du navire pour le déchargement de la cargaison.
Mais ce n’était que partie remise puisque c’était sans compter sur l’acharnement incompréhensible de l’Entreprise portuaire qui a interjeté appel auprès de la chambre des référés de la cour de Béjaïa. Et cette dernière, le lendemain même et contre toute attente, a rejeté la décision du tribunal avec, pour conséquence, le blocage d’un investissement productif, à coup sûr, bénéfique pour l’économie nationale avec la création annoncée de pas moins de 1 000 emplois directs et 100 000 indirects. Le groupe s’est donc retrouvé entre le marteau et l’enclume puisqu’il était contraint à payer 20 000 USD de surestaries pour chaque jour de rade du navire. Le bateau, interdit d’accoster, a été sommé de quitter les eaux territoriales algériennes et a, donc poursuivi son chemin pour finalement décharger les équipements dernière génération de Cevital, comme certifié par le fournisseur, dans un port européen, dans l’attente d’un dénouement du contentieux.


Hamid Saïdani


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Brahms le 28/04/2017 à 14h50

C'est de la jalousie pure et simple. Il porte préjudice à Cevital sans même se soucier des conséquences. Ce directeur du port ne connaît pas la valeur de l'argent donc il s'imagine qu'il peut faire le coq de basse - cour. Les émigrés quand ils viennent par les ports d'Oran ou d'Alger, ils rencontrent d'énormes difficultés pour passer. Il faut donner une tchipa, un pourboire de 20 €, 50 € ou plus pour être tranquille. Le racket est bien organisé et ça dure depuis des années et des années.

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