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Actualité Mercredi, 04 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Nadia Aït Zaï à “LIBERTÉ”

“Un vent de liberté a soufflé en Juillet 1962”

Par : Hafida Ameyar

Dans cet entretien, la juriste et directrice du Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef)  plaide pour un état des lieux du mouvement associatif et de la situation générale qui prévaut dans le pays.
À l’Indépendance, le 5 Juillet 1962, j’étais à Souk-Ahras. Nous habitions cette ville où mon père exerçait le métier d’instituteur. Nous habitions à la rue du Croissant, au début d’une jolie rue qui menait au quartier Tagtaguiya, au stade et au cimetière. Des images me reviennent de cette journée de liesse, de liberté, d’euphorie, pour avoir recouvré notre indépendance, pour avoir récupéré notre pays.
Des camions, remplis d’hommes et de femmes côte à côte, brandissant des drapeaux algériens, les femmes poussant des youyous, exprimant leur joie, leur fierté de voir une lutte aboutir, sillonnaient les rues de Souk-Ahras, et ce, pendant toute la journée. Le drapeau algérien flottait dans l’air, le drapeau que j’ai connu toute petite quand il a commencé à circuler en cachette, avant l’Indépendance, était devenu grand, immense, aux yeux de la petite fille que j’étais.
Cette image est gravée dans ma mémoire, elle revient toutes les fois que je pense à cette période et surtout elle s’oppose à une autre image que je garde enfouie dans mon subconscient. En effet, des images me reviennent, deux particulièrement… La première est que lorsque je sortais de la maison le matin pour aller à l’école, en face de notre maison je voyais des hommes alignés, visage contre le mur, tenus en joue par des militaires et je ne comprenais pas pourquoi, si ce n’est qu’une rafle s’est faite à ce moment. La seconde est plus forte. J’ai été terrorisée, à l’âge de 8 ans, par un militaire français. J’étais dans le jardin de nos voisins, la famille Gaffory, une famille corse, je regardais dans la rue par la balustrade de leur jardin et un militaire m’a fixée de ses yeux perçants. Son regard inquisiteur m’a terrorisée. Je me suis retirée et me suis rendue dans la cuisine, me cachant presque dans les jupons de Mme Gaffory. Le militaire est entré dans la cuisine demandant à la propriétaire des lieux qui j’étais. Elle a répondu que j’étais la fille des voisins. L’attitude hostile de ce militaire me hante encore aujourd’hui. C’est la première fois que j’en parle mais j’ai compris bien plus tard combien il était important de disposer de son propre sort en tant que peuple et particulièrement en tant qu’individu. Un vent de liberté a soufflé en Juillet 1962.

C’est l’âge de la maturité soutenu par les expériences
Cinquante ans d’Indépendance, c’est court pour un pays qui a recouvré son Indépendance  ; c’est court pour un pays qui s’est reconstruit à partir de politiques en faveur du peuple, à partir d’une idéologie socialiste, mais aussi et surtout à partir d’une compréhension des droits de l’Homme, donnant la priorité à la communauté plutôt qu’à l’individu… pour ensuite opérer un tournant libéral en 89 et donc opter pour les droits individuels, concrétisés par la signature des deux pactes de 1966, c'est-à-dire les droits socioéconomiques, mais surtout les droits civils et politiques. Cinquante ans après, c’est aussi l’opportunité de faire un état des lieux ou du moins de voir, en ce qui concerne le mouvement associatif, où nous en sommes aujourd’hui. Cinquante ans, c’est l’âge d’un homme et/ou d’une femme qui ont atteint l’âge de la maturité, après avoir traversé peut-être des turbulences dans leur vie, avant de se stabiliser, de mûrir, d’avoir de l’expérience… Les organisations de masse regroupant les catégories sociales ont bercé notre existence, jusqu’à un passé récent — 1989  — date de l’ouverture démocratique. Les femmes, les travailleurs, les paysans, les jeunes étaient regroupés dans ces organisations de masse, appendices du parti unique, agissant dans le cadre d’une politique collective. Il ne fallait pas avoir d’opinion différente de l’opinion dominante sous peine d’exclusion pour certains ; pour d’autres, ce fut un refus total de cette forme d’organisation qui, pourtant, a, à son palmarès, un bilan pas du tout négatif… Des organisations de masse traversées par des courants politiques différents.
Un autre vent de liberté a soufflé de nouveau en 1989, laissant place à une autre forme de gouvernance et d’organisation de la société civile, concrétisant ainsi la liberté d’association, un des droits inscrits dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. L’Algérie s’est engagée à respecter les droits individuels acquis à la faveur du tournant libéral et consacrés dans la Constitution de 1989, réaffirmés par les suivantes.
Liberté d’association, la loi de 1989 permettait la création d’associations sur simple déclaration, mais la procédure administrative l’emportant, cette dernière a introduit l’agrément comme justificatif du regroupement de citoyens désireux de s’organiser autour d’un objectif choisi. Le premier acte de citoyen libre, actif  voulant participer à la vie de sa cité. Le premier obstacle auquel vont se confronter beaucoup d’associations, c’est la délivrance de ce document, pour réaliser leurs activités. Si au début de 1989, l’agrément était délivré facilement, depuis quelques années, ce sésame se fait désirer, sans raison aucune pour certaines associations. Comment l’administration doit-elle se départir de cette méfiance à l’égard du mouvement associatif qui est complémentaire de l’activité de l’État ? C’est sur le terrain de l’activité que l’on doit juger les membres de l’association. La liberté d’association a été quelque peu mise à mal…
Quant à la nouvelle loi sur les associations, votée à la faveur des réformes politiques initiées par le président de la République, elle peut être lue comme une volonté de réorganiser le champ associatif. Mais, il est dommage que les institutions algériennes ne fassent pas confiance aux citoyens que nous sommes, aux citoyens libres que nous voulons être, pour faciliter les démarches de création d’association au lieu d’en faire un parcours du combattant.
La confiance entre citoyen et administration sur ce sujet doit être réinstaurée, pour avancer dans la prise en charge d’objectifs pouvant rendre service aux uns et aux autres. Chaque Algérien pose une pierre à l’édifice et à la construction de notre pays en toute liberté. Liberté si chèrement acquise. Respectons-la et préservons-la…

 

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