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A la une / Actualité

développement de l’Industrie pharmaceutique

Une flopée d’obstacles à lever

La production nationale de médicaments couvre 51% de la demande. ©Archives Liberté

L’essor de l’industrie pharmaceutique reste tributaire de la levée des obstacles qui entravent son développement.

L’industrie pharmaceutique est l'une des rares filières à avoir gagné des parts de marché substantielles face aux importations, faisant passer la couverture des besoins de 12% en 2004 à près de 51% en 2016. Le potentiel de la production pharmaceutique du secteur privé est passé d’une dizaine d’unités entre l’an 2000, à 45 unités entre 2010 et à
75 unités en 2015. Cet état des lieux pourrait suggérer que tout va bien au royaume de l’industrie pharmaceutique nationale, mais c’est faire sans toutes les accrocs qui s’accumulent sur la route de l’essor de cette filière et qui rappellent que bien des choses restent à faire. L’optimisme du ministère de la Santé qui projette de couvrir 70% des besoins en médicaments par la production nationale  dans les deux années à venir, même s’il est réalisable, reste tributaire de réponses préalables à apporter aux nombreux problèmes d’organisation de la filière et de transformation du système de gouvernance à travers lequel elle est régulée, selon Abdelouahed Kerrar, président de l'Union nationale des opérateurs de la  pharmacie (Unop). Il faut dire que les opérateurs rencontrent beaucoup de bureaucratie quotidienne, laquelle freine leur activité. Ainsi toute démarche administrative prend plus de temps que nécessaire. Les plans d'investissement de certains investisseurs sont toujours retardés par la problématique du foncier industriel. Outre ce problème de bureaucratie, les acteurs du secteur évoquent, pêle-mêle, le cadre réglementaire dépassé du secteur, la problématique des délais d'enregistrement, qui est toujours posée, la problématique des prix de certains produits qui n'ont pas été réajustés depuis des décennies reste aussi posée, tout comme la problématique de la simultanéité de l'enregistrement et du remboursement pour les produits hors nomenclature et la problématique du remboursement de la TVA. Il y a également le retard constaté dans la mise en œuvre effective de l'Agence nationale des produits pharmaceutiques, créée en 2008 et installée formellement en 2016. Cette agence devrait apporter des réponses concrètes aux préoccupations du secteur, selon les professionnels du secteur. Tous ces dysfonctionnements ont forcément des conséquences dont la plus importante est celle des pénuries et souvent, elles concernent les produits pour maladies chroniques. Même les laboratoires algériens publics et privés ne sont pas épargnés par ces difficultés d’approvisionnement, ce qui complique encore davantage la situation. Ces pénuries sont en partie imputables au retard de la délivrance par la tutelle des programmes d’importation des produits finis. La pénurie touche également certains médicaments fabriqués localement. Là encore, les lenteurs enregistrées dans l’importation des intrants dans la fabrication de ces médicaments sont pointées du doigt. Cette situation a favorisé l’apparition d’un marché florissant de produits importés illégalement, dits “cabas”, avec tous les risques que cela comporte. La production nationale a besoin d'orientations strictes et d'encouragements pour assurer la diversité, le qualitatif et le quantitatif afin de couvrir les besoins. Malheureusement, du point de vue du Syndicat algérien de l’industrie pharmaceutique (Saip), l’engagement du gouvernement reste insuffisant en comparaison aux revendications des industriels locaux. L'importation concurrence et paralysie la production locale et n'accorde pas la crédibilité nécessaire pour aller de l'avant d'une manière franche et directe. Des producteurs affirment que des produits continuent d’être importés alors qu’ils sont fabriqués, et en quantités suffisantes, en Algérie. Ces médicaments viennent concurrencer de manière déloyale la production nationale qui a plus que jamais besoin de soutien et d’encouragement de la part des pouvoirs publics afin de développer davantage l’industrie pharmaceutique dans notre pays.

Saïd Smati

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