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Les constantinois ont battu le pavé par milliers

Une marche, des démentis et des enseignements

Marée humaine hier à Constantine. © Kamel Ghimouze/Liberté

En manifestant massivement, les habitants de Cirta ont apporté un démenti cinglant à ceux qui ont tenté de minimiser leur mobilisation. 

Par son envergure, la détermination dont ont fait montre les dizaines de milliers de marcheurs et les slogans répétés à l’unisson, la marche d’hier aura été une réponse patente et sans appel aux détracteurs du hirak qui ont tenté vainement d’organiser la veille une procession de “soutien à l’armée, son chef d’état-major et en faveur de la tenue de l’élection présidentielle prévue le 12 décembre”. 
Elle s’est voulue également un gage de soutien aux détenus d’opinion et aux activistes arrêtés la veille pour avoir chahuté la marche de l’obédience à la feuille de route du pouvoir en place. 
Autant dire que ce 39e acte de mobilisation citoyenne contre le régime politique et ses velléités de se régénérer à travers une élection présidentielle dont il détient le champ de manœuvre a été l’un des grands moments du hirak à Constantine. Car, au-delà de la forte mobilisation citoyenne de toutes les catégories sociales et générationnelles, ceux que l’on pensait intimidés par la brutalité de leur arrestation la veille étaient aux premiers rangs pour dire leur détermination, exprimée depuis le 22 février dernier et jeudi dernier notamment, d’en découdre avec le système. Une marche qui s’est ébranlée donc dès 14h depuis la place mitoyenne avec le centre culturel Mohamed-El-Aïd-El-Khalifa et qui n’a pas cessé de grossir au fil des minutes, tellement l’afflux de citoyens des quatre coins de la wilaya était ininterrompu. Les slogans désormais repris aux quatre coins du pays sont scandés par les milliers de personnes composant la procession interminable entre le boulevard Belouizdad et l’avenue Abane-Ramdane, sur un parcours d’un kilomètre environ. Une marche qui s’immobilisait parfois en raison de la marée humaine qui continuait d’affluer en se faisant, dans sa mobilité, l’écho des slogans provenant du cœur de la procession. Des slogans tous tournés vers un rejet catégorique de l’échéance électorale du 12 décembre prochain, le départ de toutes les figures du système politique en place, l’indépendance de la justice, la libération des détenus d’opinion et des activistes du hirak emprisonnés et surtout l’instauration d’un État civil. Et, au-delà, la participation massive d’universitaires et d’intellectuels de la ville de Constantine à cette marche était motivée pour bon nombre d’entre eux par une indignation collective vis-à-vis d’une figure présumée de la communauté universitaire de la ville de Constantine, qui s’est exprimée récemment sur les ondes d’une radio nationale, réduisant la mobilisation des Constantinois à une trentaine de personnes qui sortent chaque vendredi et que la presse amplifiait faussement. 
Il s’agit de l’historien présumé Abdelmadjid Merdaci et non moins père de l’ex-ministre de la Culture du gouvernement intérimaire de Noureddine Bedoui. Cela étant, la marche d’hier, vendredi, à Constantine témoigne pour la 39e fois que les propos de “l’historien présumé”, tel que qualifié par des universitaires de sa génération, sont infondés. Autant dire qu’en termes d’enseignements et de messages, cette trente-neuvième marche du vendredi à Constantine, à l’instar de la dynamique qui s’est installée dans le pays depuis le 22 février dernier, renseigne indubitablement sur la foi profonde d’un peuple qui n’est pas près de faire marche arrière.
 

Kamel Ghimouze



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