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Une visite d’une importance sans précédent

À voir la composante de la délégation accompagnant le roi Juan Carlos 1er, qui se trouve depuis lundi au Maroc, tout indique que cette visite revêt un caractère particulier pour Rabat et Madrid, déterminés à renforcer leurs liens, pas toujours au top en raison des différends bilatéraux, notamment sur les enclaves de Ceuta et Melilla.

Sur quoi débouchera cette visite d’État du roi d’Espagne au Maroc ? La question mérite d’être posée au-delà de l’importance accordée par les deux pays à l’événement. En effet, si le souverain ibérique est accompagné d’une délégation très importante, comprenant pas moins de neuf ministres du gouvernement Rajoy et des hommes d’affaires, le Maroc est totalement mobilisé pour la réussite de cette visite.
Outre des accords d’ordre économique, l’on s’attend à un rapprochement politique entre Rabat et Madrid, dont les rapports sur ce plan sont loin d’atteindre le niveau escompté.
Il ne faut pas être un grand clerc pour deviner que ce sont les différends sur les enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla, ainsi que sur les îles Perejil, qui sont à l’origine de cette tiédeur.
Il semblerait que les choses pourraient s’améliorer cette fois sur ces questions épineuses, puisque l’on s’attend à des annonces d’envergure sur le sujet. Des facilitations pourraient être accordées par l’Espagne aux ressortissants marocains, résidant dans ces enclaves ou désireux de s’y rendre. C’est dire toute l’importance accordée au séjour de trois jours du roi d'Espagne Juan Carlos, qui a débuté lundi.
À signaler que cette visite, à l'invitation de son homologue marocain Mohammed VI, est la première du roi d'Espagne à l'étranger depuis qu'il a été opéré du dos en mars. Le chef de la diplomatie espagnole, Jose Manuel Garcia-Margallo, a affirmé, la semaine passée, que cette visite était “très symbolique sur le plan politique, à la lumière des récents développements” dans la région. La dernière visite du roi d’Espagne au Maroc remonte à mai 2011.
L’Espagne constitue, avec la France,  l’un des principaux partenaires économiques et commerciaux du Maroc. En dépit  des différends persistant sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla par exemple, la relation bilatérale a connu une embellie ces deux dernières années. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait exhorté, à l'occasion d’un séminaire intergouvernemental en octobre à Rabat, les entreprises espagnoles à profiter du marché marocain, dans le contexte de la crise économique en Europe. Mariano Rajoy avait effectué une visite d’une journée au cours de laquelle il avait coprésidé avec le chef de l'Exécutif marocain, Abdelilah Benkirane, les travaux de la 10e réunion de haut niveau Maroc-Espagne.
Les deux parties avaient signé des accords de coopération ayant trait notamment au développement culturel, éducatif et sportif, à la suppression réciproque des visas sur les passeports de services et un autre relatif aux transports internationaux routiers de voyageurs et de marchandises. Quelque 20 000 PME exportent déjà vers le Maroc, selon des chiffres officiels.
Le Maroc, où plus de 800 entreprises espagnoles sont présentes, constitue pour l’Espagne une part de marché de 2,4%, le premier en Afrique et le neuvième dans le monde.  Avec un taux de croissance des exportations de 28,7% en 2012 et avec plus de 18 839 entreprises exportatrices vers le Maroc, l’Espagne est devenue, l’année dernière, le premier fournisseur de son voisin marocain devant la France et de janvier à avril 2013, ce sont 29,9% du total des exportations européennes vers le Maroc qui sont d’origine espagnole. L’année dernière, la balance commerciale entre les deux pays s’est affichée déficitaire au détriment du Maroc, passant de 7,11 milliards de dirhams en 2011 à  20,35 milliards de dirhams en 2012, soit une aggravation de 178,38%, selon les chiffres du ministère marocain du Commerce extérieur.


M T