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Algérie profonde Mardi, 14 Janvier 2014 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Femmes salariées marginalisées en Algérie

Rawlen, le réseau de prise en charge

Par : D. LOUKIL

Comme pour exorciser les souffrances qu’elles endurent depuis des années, ces femmes ont raconté le harcèlement moral, les abus en tout genre, la marginalisation, la discrimination...

Depuis plusieurs semaines, des séminaires de formation se déroulent dans plusieurs villes d’Algérie, plus particulièrement à Oran, où vont se structurer les premiers noyaux de “femmes salariées marginalisées”, donnant naissance au réseau “d’autonomisation juridique Rawlen”. La dernière rencontre a donné lieu à des prises de parole de plusieurs femmes employées dans le cadre des dispositifs d’emplois de jeunes, du filet social, ou encore fonctionnaires du secteur de la santé, des collectivités locales. Un vécu violent, passé sous silence, écrasé par la peur et que si peu de gens veulent entendre. Comme pour exorciser les souffrances qu’elles portent depuis des années, ces femmes ont raconté le harcèlement moral, les abus en tout genre, la marginalisation, la discrimination. Kheïra, employée dans le cadre du filet social depuis près de 10 ans dans une APC, va se livrer, plutôt va livrer le harcèlement sexuel et la tentative de viol qu’elle a subis. Mariée, elle ne dira jamais un mot de cela : la peur d’être accusée, de se voir habiller de cet habit de “femme immorale ayant probablement provoqué son collègue et agresseur”. Fatma, infirmière diplômée dans une structure de santé publique, a subi les foudres de ces supérieurs : conseil de discipline, sanction, mise à pied, mutation. Son crime : avoir refusé d’obéir et dénoncé un médecin, chef de service, qui exigeait d’elle qu’elle accomplisse des tâches ne relevant pas de ses prérogatives et n’entrant pas dans le cadre de sa fonction d’infirmière diplômée. Les “histoires” défileront durant des heures. Car face au harcèlement moral ou sexuel, les femmes portant hidjab ou non, mariées ou célibataires, sont placées dans le même carcan : des femmes ayant un statut salarial précaire, renforcé par un statut de mineure à vie dans la société, faisant d’elles des proies encore plus faciles à atteindre. C’est souvent un supérieur hiérarchique qui exerce ces pressions, ces harcèlements, des regards soutenus, une main posée sur l’épaule, des convocations sans raison dans un bureau sans témoin, des pressions pour fragiliser la salariée en créant une instabilité autour de son poste. Au milieu des larmes parfois, ou des silences longs et lourds de sens, les femmes salariées du réseau Rawlen, aujourd’hui appuyées par le comité des femmes Snapap, s’informent et apprennent en intégrant les dispositifs juridiques existant en Algérie. à terme, elles seront les rédactrices d’un état des lieux général des discriminations qu’elles subissent dans le monde du travail.

 

D. L

 
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