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Algérie profonde Jeudi, 28 Juin 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

… NOIR ET BLANC

Une clim nommée Messaouda…

Par : Mustapha Mohammedi

Il fait chaud ce jeudi à Alger, terriblement chaud. Écrasée par le soleil, la ville sue de tous ses pores et s’étire le long de la baie dans une blancheur aveuglante.
Il est 10h et à la gare de l’Agha, c’est déjà la fournaise. Sur les quais les voyageurs se serrent et s’agglutinent par grappes autour de la moindre parcelle d’ombre à la recherche de fraîcheur. L’atmosphère est irrespirable.
Le train en partance pour oran arrive dans un vrombissement sourd qui fait jaillir des étincelles, puis s’arrête et s’aligne sur sa voie comme un monstre domestiqué. Les portes s’ouvrent. Quelques courageux passagers de la première classe font aussitôt monter leurs bagages. Ils ont tous un mouvement de recul. C’est une étuve ce compartiment-là, une serre.
Il n’y a pas un seul brin d’air à l’ intérieur. Avec une telle chaleur, un bébé se met à pleurer, sa mère le console en le promenant le long du couloir, entre les sièges mais peine perdue, l’enfant suffoque et risque de se déshydrater. Un adolescent conseille à la maman de s’installer en deuxième classe où la climatisation, paraît-il  fonctionne. La femme s’exécute et déménage sans un mot. Dans le vehicule passablement surchauffé, chacun tente de lutter contre la température avec les moyens qu’il peut. Les uns étanchent leur soif avec un jus presque bouillant et les autres font les cents pas sur les quais où l’enfer à ciel ouvert ici est bien plus supportable que l’enfer rembourré du train.
Trois braves techniciens de la maintenance se pointent enfin pour réparer cette fichue clim. Ils testent l’appareil, serrent quelques éléments et au bout de cinq minutes, miracle, ça marche...
Messaouda reprend du service, crie un employé tout excité à l’adresse de ses camarades. Et effectivement l’air commence à se radoucir. Mais pas pour longtemps malheureusement. Car Messaouda nous lâchera à Boufarik. Inutile de tripoter dans son armoire métallique, elle ne se réveillera pas. C’est à Mohammadia, à 70 km d’Oran qu’un voyageur me  fera oublier tout le convoi et son calvaire. Ce quidam refusera de payer sa place sous prétexte qu’il était le cousin de flen… Pince-sans-rire le contrôleur le forcera  à cracher dans le bassinet. Il allongera les billets sonné et vexé par tant de toupets à l’égard de son cousin. Je ne sais pas de quelle armoire d’abrutis sort ce bouffon, mais je reste persuadé que contrairement à Messaouda, il ne sera jamais réparé


M. M.

 
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