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Économie / Avis d'expert

Avis d'expert

Objectif : passer d’une perception réduite à la “bourse d’alger” à une perception plus large de la “bourse de l’algérie”

Cette réflexion  porte sur  le cadre  de définition  et de mise en place du modèle cible de fonctionnement et  d’organisation du marché financier en Algérie, résultant  de la première phase des travaux relatifs à la réforme  du marché financier  en Algérie intitulée “évaluation- conception”  (terminée et présentée à la place le 5 décembre 2012/ c f : site PNUD –Algérie) Dans ce papier, nous nous intéressons aux  principaux résultats  portant sur  le chantier   de “formation-communication” au niveau du marché financier. Nous  participons ainsi  au débat  élargi à   tous les acteurs de la place et  qui  associe  toutes  les compétences  professionnelles  et universitaires. On se base pour cela sur  les rapports définitifs présentés par les experts internationaux  à  tous les acteurs et autorités de la place lors de la journée de restitution, le 5 décembre 2012 Il convient tout d’abord de rappeler que cette réflexion  portant sur   la réforme du marché financier se déroule pour la première fois en Algérie. Elle  n’a jamais  eu lieu ni avant  ni après  l’ouverture du marché secondaire à la Bourse d’Alger en 1999, voire même pas à  l’occasion de la mise en place du dépositaire central des titres  en 2002 et 2004. En effet, l’organisation, le fonctionnement et l’infrastructure boursière en Algérie ont été  réalisés   durant  la période 1997 à 2004, sans tenir compte  des spécifications  des besoins et des  possibilités du marché mais pour mettre en place les dispositions  de la loi de la bourse des valeurs n° 08/93 datant de l’année 1993.

Introduction-presentation :
La réforme du marché financier en Algérie a considéré le volet formation-communication comme un axe stratégique et prioritaire dans les cinq chantiers engagés à  ce jour :
1. Métiers
2. Emissions
3. Institutions
4. Systèmes
5. Formation-communication  

Concernant l’axe  “formation-communication”, il se dégage des premiers résultats des travaux de la première phase de la réforme du marché financier “évaluation- conception”, un “GAP” très important entre les besoins de la place financière et  l’analyse des programmes enseignés, la logique et la stratégie suivies par le MESRS,
Malgré la  place  et la  présence  des universités algériennes à  travers le territoire national, l’enseignement supérieur des services d’investissement financiers  reste en deçà du niveau professionnel requis pour son développement.
Le réseau constitué par les 47 universités algériennes reparties à travers le territoire national  constitue  un atout favorable pour servir de support de formation et de communication nécessaire au développement des services d’investissements financiers dans toutes les wilayas du pays.

Il s’agit donc de proposer des pistes
de réflexion :
∑ afin d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, de le réorganiser et   d’adapter les filières concernées  aux besoins de la place financière
∑ et d’organiser une  certification par l’autorité de marché (COSOB) afin de permettre aux   enseignants et étudiants  d’exercer et développer  les services d’investissement financier dans leur wilaya.
La stratégie  d’amélioration et d’adaptation de l’enseignement supérieur vise à former donc   en graduation et post-graduation des cycles de cours en LMD requis  par métier titres.
Cette formation de base par “métier-titre” donne la possibilité à l’étudiant et l’enseignant  d’exercer  l’activité de service d’investissement financier au niveau de sa wilaya après  une certification de l’autorité de marché au sein  d’une banque ou à titre individuel (remise d’une carte professionnelle)

Rappel des principaux resultats des
travaux
A ce sujet,  il est proposé une démarche temporelle de développement des services d’investissement financier en Algérie, basée sur la  reconnaissance des métiers titres et la certification de son exercice à travers le territoire national.

Cette démarche temporelle est présentée en trois principales étapes avec les  priorités suivantes :
1. Développer d’abord les opérations financières et rendre accessible  le marché aux épargnants : pour cela, il faut encourager les conseillers en placement de produits financiers et  les analystes financiers à travers le territoire national
2. Sécuriser le marché en protégeant les épargnants, les investisseurs, les sociétés cotées et les sociétés de services : pour cela il y a lieu de former des spécialistes des risques et des spécialistes de la complaisance Ce qui permet aussi d’organiser le middle office et les centres de contrôle internes des entreprises de services d’investissement financier
3. Dégager des ressources de liquidités grâce au développement des banques d’affaires  qui sont appelées à accompagner les entreprises dans la recherche de financement, contribuer à la création et extension des entreprises et enfin encourager la création de la richesse et de la valeur
4. Les autres métiers (gestion de portefeuille, négociateur…) seront favorisés par  la dynamique du marché financier en Algérie qui est appelé à converger avec les marchés du reste du monde à  moyen terme.

Demarche a suivre
Nous retenons principalement la priorité accordée à la mise en place de la formation et la certification des conseillers en placement des produits financiers et des conseillers financiers.
En effet, dans la situation actuelle du marché financier en Algérie, ces deux aspects sont  très importants pour accompagner le développement du marché. Ils ne  sont  assurés aujourd’hui que partiellement par les agences  bancaires à travers le territoire national. Dans les marchés émergents, ils sont aussi connus sous la forme de gestion de patrimoine (private banking) et conseillers clientèle En Algérie, les banques privées et publiques se sont familiarisées avec les procédures d’émission et de placement sur le marché primaire au grand public et aux institutionnels. Pour cela, elles font partie du syndicat de placement et engagent leurs  agences locales dans l’opération de placement des produits financiers émis par les sociétés  émettrices. Cependant, nous savons que les banques disposent d’une agence ou deux (voire trois) seulement au niveau du chef-lieu de chaque wilaya, d’une part, et que,  d’autre part, le travail d’information sur l’opération est surtout réservé à la clientèle au sein de l’agence. La  force de vente des agences bancaires  à travers le territoire national ne peut donc pas couvrir toute la demande potentielle de placement dans les produits financiers et   intéresser la forte masse d’épargne  hors banque disponible chez le grand public.
Intervention du conseiller en placement et de l’analyste financier a l’interieur du  pays (au niveau local) Les services bancaires ont donc besoin d’un relais et d’un prolongement dans le grand public en tant que  conseillers en placement  et/ou analystes financiers à travers le territoire national.

Afin de répondre à ce besoin réel  de dynamisation du marché, il y a lieu d’agir sur
l’environnement local  des agences bancaires par les actions suivantes :
- définition et  reconnaissance de chaque  métier en fonction des risques et des compétences requises
- stratégie de formation  universitaire adaptée aux besoins de chaque métier titre (programme, durée, conditions...)
- certification  de l’exercice des  métiers  et des services d’investissement financier  par l’autorité du marché financier au niveau local.
- remise de cartes professionnelles aux conseillers en placement et/ou aux analystes financiers
Pour cela, il est proposé de favoriser la création - d’un pôle d’ingénierie financière au niveau de chaque université  autour des enseignants et étudiants en post-graduation des modules de finances, économie, commerce et management.

L’organisation et l’identification d’un tel pôle  d’ingénierie financière dans chaque université permet à l’autorité de marché de :
1. Pouvoir les associer aux regroupements périodiques nationaux en présence des experts, des associations  et bureaux nationaux et étrangers.
1. Leur fournir les supports pédagogiques requis pour la formation par métier.
2. Les associer à la réforme du marché financier.
3. Les tenir informés des  nouveautés et actualiser leurs connaissances.
4. Organiser la certification et fournir les cartes professionnelles.  Il reste à réglementer leur intervention auprès du grand public  par le contact et l’information des épargnants afin de les aider à se forger  leurs  opinions. Il y a lieu d’examiner aussi  la possibilité d’accompagnement des clients jusqu’à l’agence bancaire pour  ouvrir les comptes nécessaires, renseigner l’ordre d’achat et bloquer les ressources La rémunération du conseiller en placement et de l’analyste financier  doit être réglementée,  affichée  et connue, à préciser avant leur autorisation  (sous forme de  commission ou  sous d’autres formes  à payer  par l’agence  bancaire ou par le client).     

Conclusion – recommandations :
A ce stade de la réflexion, la demande de formation en services d’investissement financier est donc relativement identifiée ; il reste à définir les produits sous forme d’offre de formation par métiers-titres au niveau de toutes les universités de l’enseignement supérieur.  Si cette approche est retenue par la place, il suffit d’engager ce chantier  en exprimant clairement  cette demande de formation aux  services pédagogiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS). Ce qui constitue une opportunité pour mettre en place le cadre idéal d’encouragement et de valorisation des compétences locales et les engager dans la réforme du marché financier C’est aussi l’occasion de passer d’une perception réduite de la “Bourse d’Alger” à  une perception plus large de la Bourse d’Algérie.


Ismaïl Noureddine
Expert judiciaire en économie
noureismail@gmail.com
ancien président de la Cosob : 2008-2012)