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Séries judiciaires américaines: "Votre honneur, ..."

©D.R.

L’intérêt pour la chose juridique est ancien: chroniques judiciaires, romans, feuilletons, et le phénomène s’est amplifié grâce à la télévision, les séries télévisées se sont très largement emparées de l’univers judiciaire qui offre, pour les scénaristes, une ressource inépuisable. Les séries ayant pour cadre le milieu du droit font depuis longtemps partie de la culture populaire et occupent une place importante au sein des grilles de programmation des chaînes américaines. De Perry Mason à Goliath, retour sur 60 ans de télévision américaine.

Perry Mason : 1957-1966

Créée d'après les romans de Erle Stanley Gardner, la série met en scène des affaires traitées par Perry Mason, célèbre avocat de Los Angeles, incarné par Raymond Burr. Encensée par la critique, la série était considérée comme l’une des meilleures de l’époque. Le personnage de Perry Mason reviendra deux fois à la télévision par la suite ; en 1973 et en 1985. Plus récemment HBO travaillerait sur un remake de la série avec Nic Pizzolatto (True Detective)

The Defenders: Les Accusés 1961-1965

Elle suit l'histoire d'un groupe d'avocats, dans divers cas judiciaires sensibles. La série à traité durant 132 épisodes, des sujets de société controversés ; peine de mort, guerre froide, l’immigration ou encore le droit à l’avortement. De nombreux guest-stars ont défilé; Robert Duvall, Gene Hackman, Larry Hagman, Dustin Hoffman, Robert Redford.

Night Court : 1984-1992

Le pitch ; un jeune juge excentrique préside un tribunal de nuit à Manhattan. Le secret du succès de Night Court réside dans ses personnages ‘’cartoonesques’’ son  humour surréaliste et son casting ; John Larroquette qui incarne le rôle du juge pour lequel il remportera 4 Emmys Awards

La loi de Los Angeles: 1986-1994

Certainement la plus ‘’soapesque’’ des séries citées jusqu’ici. Tout au long de ses 8 saisons, la série a mis en scène les vies amoureuse et professionnelle des avocats du célèbre cabinet McKenzie, Brackman, Chaney et Kuzak de Los Angeles. Les scénaristes ont pu proposer des intrigues sur des sujets de société de l’époque.  La série a obtenu pas moins de 15 Emmys Awards.

New York, police judiciaire : 1990-2010    

Durant cette époque, Dick Wolf est l’un des maîtres incontournables du genre, véritable « monument » dans l’univers des séries judiciaires.

 « Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté par deux groupes distincts, mais d'égale importance : la police, qui enquête sur les crimes, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leurs histoires. » Chaque épisode commence par ce prologue anxiogène, sur lequel on est au moins tombé une fois.

La  série met en scène tous les acteurs du système judiciaire américain. On assiste en première partie à la découverte d'un crime, puis à l'enquête de police et à l'instruction judiciaire jusqu'au procès. Une mécanique implacable d’une efficacité redoutable. New York, police judiciaire est, derrière Les Simpson, l'une des séries possédant la plus grande longévité, avec 20 saisons à son actif.                                                                                               Le show a connu bon nombre de dérivées avec New York : unité spéciale, New York, section criminelle ou New York : Cour de justice

The Practice: 1997-2004

Créée par David E. Kelley, qui a fait ses débuts dans La loi de Los Angeles, elle met en scène un cabinet d’avocats de Boston que ses difficultés financières obligent à accepter toutes les affaires qui se présentent, affaires qui mettent souvent en balance éthique morale et éthique légale.                                                                                                                                                   Bien que la plupart des saisons soient constituées d'épisodes indépendants, certaines histoires sont développées sur plusieurs épisodes, à partir de la saison 2. L'avantage de ce format étant une intrigue qui tient le spectateur en haleine et nécessite donc son attention et sa fidélité.

The Practice a donné naissance à une série dérivée, Boston Justice, centrée sur le personnage incarné par James Spader.

Ally McBeal: 1997-2002

Cette série met en scène un cabinet d'avocats quelque peu déluré de Boston dans lequel évoluent des personnages tous plus délirants les uns que les autres, avec en tête une avocate trentenaire à l'imagination débridée, Ally McBeal.

La marque de fabrique de la série est un ton très libre et un humour parfois décapant. Souvent, la frontière entre vie privée et professionnelle éclate au sein du cabinet, Il arrive fréquemment que les causes plaidées et les histoires personnelles s'entremêlent. 

Damages: 2007-2012

À sa sortie de l'école, Ellen Parsons est embauchée dans le célèbre cabinet de Patty Hewes, interprétée par Glenn Close une femme aussi charismatique qu’inquiétante. La collaboration va être fructueuse... mais ô combien dramatique. Durant 5 saisons, la série va exposer cinq affaires différentes qui sont toutes des variantes de grands scandales judiciaires ; le système Madoff, Wikileaks

The Good Wife 2009-2016 

Avec Damages, on a assiste à une mutation du genre, la série judiciaire s’est conjuguée au féminin. Après le scandale suscité par l'infidélité et la corruption de son mari, le procureur de Chicago, Alicia Florrick, se fait embaucher en tant qu'avocate dans un cabinet réputé et doit faire ses preuves malgré – et à cause de – la réputation de son mari. Contrairement à la plupart des séries judiciaires précédentes, la série n’a que peu de fois traité des affaires de meurtres, pain béni scénaristique où les enjeux et la charge émotionnelle sont tout de suite au maximum,  préférant aborder le droit financier, des entreprises ou même militaire.

The Good Wife est aussi un portrait de femme ; la série se fait le récit d’une émancipation difficile ; mère au foyer devenue avocate, une combattante, en proie à ses sentiments amoureux compliqués et réprouvés.     Tout au long des 7 saisons, la série s’est imposée comme une référence aussi bien dans le genre judiciaire que politique.                                                         Un spin-off de The Good Wife nommé The Good Fight  a vu le jour, avec comme nouvelle héroïne Christine Baranski dans son rôle de Diane Lockhart.

Suits: 2011-…

Avocat très ambitieux d'une grosse firme de Manhattan, Harvey Specter a besoin de quelqu'un pour l'épauler. Son choix se porte sur Mike Ross, un jeune homme très brillant mais sans diplôme, doté d'un talent certain et d'une mémoire photographique très précieuse. Mike va devoir abandonner ses activités illégales pour entrer dans le costume du parfait avocat ! Les deux partenaires vont faire équipe pour régler des affaires compliquées tout en protégeant leurs intérêts communs.

Si vous adorez les séries télé avec une foule de rebondissements et de non-dits, vous serez servis! Contrairement à la série précédente, Suits  est plutôt dans le côté bling-bling, mettant en scène la vision caricaturale de ces avocats "requins", à la morale quasi-inexistante, les scénaristes ont pourtant réussi à rendre sympathiques les personnages.

En 2016, la série a été renouvelée pour une septième saison de seize épisodes, prévue pour l'été 2017.

Goliath : 2016-…

Créée par David E. Kelley , elle est diffusée en une seule fois sur la plateforme de VOD Amazon Video. Un avocat ; Billy McBride cofondateur d'une prestigieuse firme, tombé en disgrâce, aide une jeune avocate sur une affaire. L’affaire va étonnamment passer eu second plan par moment, pour mettre l’accent sur le personnage incarné à la perfection par Billy Bob Thornton.   Amazon Video a annoncé le renouvellement de la série pour une deuxième saison, mais sans David E. Kelley aux commandes, occupé sur d’autres projets.

Si l'univers judiciaire peut paraitre fade et morose, Chacune des séries à quelque-chose de très particulier à proposer, une ambiance et un goût bien distinct, avec un point de vue différent, chaque sériephile peut y trouver son compte.                                          

Nina SAHRAOUI

Blogueuse à la Rédaction Numérique de "Liberté" 

"Atteinte de sériephilie aigüe, et d’une ambition, assez inquiétante pour mon temps de sommeil et ma vue, de vouloir sans cesse renouveler les frontières de ma curiosité télévisuelle, en m’engloutissant des séries de façon boulimique."

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