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L’Algérie profonde / Centre

Ouadhias (Tizi Ouzou)

Le singe magot ravage les vergers d’Ath Bouadou

Le singe magot ou macaque de Barbarie, une espèce endémique protégée. © D. R.

Les habitants des villages vivent tous le même cauchemar quand on sait que dans tous les hameaux nichés au pied du Djurdjura, des colonies entières causent d’énormes dégâts à toutes les cultures potagères qui font vivre ces pauvres montagnards.

Il semble que le singe-magot, dont le nom scientifique est macana sylvanus ou encore appelé le macaque de Barbarie, n’est pas en paix dans son espace naturel. En effet, peut-être par manque de nourriture ou encore de tranquillité à cause des visiteurs de plus en plus nombreux dans le Parc national du Djurdjura de Tala Guilef, cet animal malicieux envahit les villages riverains de cette aire protégée pour descendre au plus bas dans les villages de la commune d’Ath Bouadou, relevant de la daïra des Ouadhias.

Sa présence dans la localité est redoutée par la population en cette période estivale. “Ils se baladent sur la place du village. Parfois, ils sont dix ou quinze. C’est un danger permanent pour les enfants et pour les femmes. Pour le moment, personne n’a été encore agressé. Mais si le singe-magot comme tous les autres primates est touché, il devient violent et agressif”, nous dit un habitant d’Ibadissen.

Ce qui inquiète encore plus les agriculteurs c’est que leurs vergers sont quotidiennement saccagés après le passage de quelques individus. “À peine les figues commencent-elles à mûrir, elles sont déjà abîmées par cet animal. Ces singes s’attaquent à tous nos potagers. Nous n’avons ni tomates ni piments ou de poivrons.

Même les figues de Barbarie n’échappent pas à leur furie. Vraiment, nous sommes impuissants devant leur comportement d’autant plus que nous n’avons aucun droit de les toucher parce que c’est une espèce endémique protégée”, nous répond un maraîcher impuissant voyant toute sa récolte de tomates anéantie.

Parfois, nous apprend-on, ils pénètrent même dans les cours des maisons et grimpent sur les terrasses. “Quand il n’y a pas un homme à la maison, ils s’attaquent aux femmes. Ils déchirent le linge étalé sur les parois des terrasses. Ils jettent tous les objets à leur portée”, souligne un autre intervenant approché à ce sujet. Les villageois souffrent quotidiennement des agissements de ces macaques qui empoisonnent leur quotidien.

Aucune décision n’est prise ni par l’APC ni encore moins par les comités de village qui limitent leurs actions à les éloigner gentiment ou à défaut à les laisser faire, si seulement ils ne s’attaquaient pas aux personnes. Les habitants des villages à proximité du Djurdjura vivent tous le même cauchemar quand on sait qu’à Ath Ergane, à Assi Youcef , à Ath Ouacifs, à Iboudrarène et dans tous les hameaux nichés au pied du Djurdjura, des colonies entières causent d’énormes dégâts à toutes les cultures potagères qui font vivre ces pauvres montagnards.

Pour en savoir plus sur cette prolifération du macaque kabyle dans les villages riverains au Parc national du Djurdjura, une réserve de biosphère qui regorge en espèces endémiques, rares et rarissimes, nous avons pris attache avec M. Ahmed Alileche en sa qualité de conservateur divisionnaire chargé du département animation et vulgarisation au Parc national du Djurdjura. “Tout d’abord, je dirai qu’au Djurdjura vivent environ 4800 singes-magots.

Dans le temps, cet animal ne descendait jamais dans les terrains privés ni encore moins dans les villages. Aujourd’hui, beaucoup de facteurs ont fait qu’il quitte son habitat naturel. Il s’agit entre autres des incendies qui ont détruit son espace naturel, le manque de nourriture et l’assèchement des sources à cause de leur captage. Ces facteurs ont eu des conséquences néfastes sur son comportement”, explique notre interlocuteur.

Celui-ci voit comme solution la réhabilitation de son territoire en créant des plantations fruitières non comestibles pour l’homme et bien sûr le recrutement de vigiles pour surveiller cette espèce endémique. “Que le magot reste le trésor de la nature ! Qu’on cesse aussi le piétinement de son territoire et qu’on arrête de faire de cette espèce emblématique du Djurdjura un objet de commerce ou de distraction ! Tous ensemble pour sauver cette espèce spécifique de l’Afrique du Nord notamment du Maroc et de l’Algérie !”, recommande-t-il.
 

O. Ghilès

 


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