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L’Algérie profonde / Centre

Partenariat public-privé en matière d’enseignement et de formation professionnels à Bouira

Tirs croisés entre l’Insim et l’INSFP

L’Institut national spécialisé dans la formation professionnelle (INSFP) Kebabi-Mohand-Ouali de Bouira. © D.R

Deux instituts, l’un public et l’autre privé, se livrent une “guerre” à coups de communiqués et autres accusations incendiaires.

En effet, l’Institut international de management (Insim) de Bouira accuse son “partenaire”, l’Institut national spécialisé dans la formation professionnelle (INSFP) de Draâ El-Bordj d’être impliqué dans un présumé scandale de “sabotage” à l’encontre de toute une promotion d’étudiants de l’Insim. Ainsi et dans un rapport destiné à la presse, dont une copie a été remise à Liberté, cette école privée, relate des faits troublants qui démontrent, selon eux, que sur 72 apprenants, seulement 20 ont pu obtenir leurs diplômes BTS marketing-gestion et comptabilité lors des épreuves écrites qui se sont déroulés en juin dernier. “Malheureusement, tout au long du déroulement de leurs épreuves, nos apprenants ont subi un mépris et un avilissement des plus épais”, dénonce en préambule la direction de l’Insim de Bouira. Dans ledit rapport et afin d’étayer ses accusations, l’Insim de Bouira se base sur les témoignages de ses étudiants et du staff pédagogique : “Selon les témoignages de ces mêmes apprenants et de nos représentants, on a réservé à nos candidats un traitement inadmissible, à la limite de l'agression”, tout en accusant que “ce traitement méprisant était sous l’instigation de la directrice de l’institut”.

Afin d’illustrer “ces dérapages et cet acharnement”, les rédacteurs de la missive adressée au directeur de la formation professionnelle de Bouira, mentionnent que “leurs étudiants ont été surveillés par six enseignants par salle, à leur tête la directrice de l'institut”. Mieux encore et pour mieux mettre en surbrillance le caractère de “sabotage”, la direction de cet institut a relevé certaines phrases qui peuvent démolir la psychologie des candidats en un clin d’œil.

“Nous sommes victimes de préjugés odieux”
En effet, des termes comme “mal élevé, voyou, insolent, nullard, fils et filles de riches qui achètent des diplômes”, auraient été proférés par le personnel de l’INSFP de Bouira. Certains étudiants victimes de “cet acharnement”, ont témoigné à Liberté des conditions de cet examen. “On nous a clairement indiqué que nous allions passer notre examen en vain et que nous ne l’aurons jamais”, atteste un étudiant rencontré. “En plus des injures et d’une déstabilisation flagrante, la directrice et les surveillants nous ont taxé de gosses de riches et que nous achetons nos diplômes. Ce sont des préjugés odieux”, pestera un autre apprenant. Une jeune fille a accepté de témoigner sur les conditions “scandaleuses” durant lesquelles le fameux examen s’est déroulé. “On nous a parqués comme du bétail, on nous a humiliés et clairement signifié qu’il fallait aller à l’école publique comme tout le monde pour avoir son diplôme”, s’est-elle indignée. Plus grave encore et selon ledit rapport, des demandes de consultation des copies de l'examen de rattrapage suite aux doléances des apprenants, ont été introduites en date du 17 octobre dernier. 

Et là, stupéfaction : “Nous avons constaté un fait gravissime : 32 sur 53 copies n'ont pas été corrigées dans le module de marketing industriel”, révèlent les auteurs de cette missive, tout en précisant que des étudiants se sont vus attribués la note de 0/20. Naturellement et d’après les requérants, une demande de consultation des copies a été introduite auprès de la directrice incriminée. Encore une fois, les apprenants ont eu la désagréable surprise de constater que leurs copies se sont tout simplement volatilisées. La direction de l'Insim qualifie cela de “falsification” des notes. 
En conclusion, les responsables de l’Insim de Bouira réclament l’organisation d’une session spéciale de rattrapage dans un autre institut, tout en se réservant le droit d'ester devant les tribunaux compétents ladite directrice.  

L’INSFP évoque de “grossiers mensonges”   
Face à ces accusations de sabotage et d’injures, la directrice en question réfute tout en bloc et évoque “le strict respect de la réglementation”. Ainsi et s'agissant des candidats ajournés, notre interlocutrice pose la problématique autrement. “Comment se fait-il que plus d'une trentaine de candidats ont obtenu leurs diplômes, ce qui nous donne près de 40% de la promotion?”, a-t-elle souligné. Et d'ajouter : “Si comme nous sommes accusés, nous aurions fait montre de sabotage, c'est toute la promotion qui n'aurait pas eu son diplôme.” 

Notre vis-à-vis à tenue à défendre bec et ongles la réputation de son institution, laquelle délivre un diplôme d'État qui équivaut à un diplôme d'études universitaires classique. “Je ne fais nullement dans la complaisance et encore moins dans la délivrance de diplômes au rabais. Les stagiaires de l'Insim sont des stagiaires comme les autres et s'ils veulent des diplômes au rabais, ils n'ont qu'à aller les obtenir ailleurs et nullement dans un établissement de l'État”, a-t-elle dit. Mieux encore, cette responsable a mis en évidence que si acharnement il y aurait eu, selon elle, la copie du stagiaire est son seul juge. Pour elle, les surveillants et le personnel d'encadrement n'ont à aucun moment usé de propos déplacés, préjugés ou dégradants à l'encontre des apprenants de l'Insim. Afin d'étayer ses propos, elle a convoqué certains surveillants afin de témoigner sur la teneur exacte des événements. Selon ces surveillants, à aucun moment des termes dégradants ou même injurieux n'ont été proférés. “Ce ne sont que des mensonges et autres affabulations. L'examen s'est déroulé normalement et à aucun moment nous n'avons prononcé de telles paroles”, se sont offusqués certains surveillants. 

Ces derniers livrent quant à eux une tout autre version des faits. “Les stagiaires sont venus avec la ferme intention de tricher. D’ailleurs, nous avons établi un rapport le lendemain des faits, soit le 16 juin pour dénoncer certains dépassements enregistrés de la part des stagiaires en question”, ont-ils révélé. S'agissant des 30 copies qui n'ont pas été corrigées, la directrice de l'INSFP de Bouira, a reconnu une défaillance du directeur des études et stages (DES). “Ce responsable a effectivement commis un impair et il devra s'en expliquer”, a-t-elle assuré, tout en affirmant que l’Insim pourra faire valoir son droit de recourir à la correction d’une tierce personne. 
Quoi qu’il en soit, seule une commission d’enquête du ministère de la Formation et de l'Enseignement professionnels pourra démêler le vrai du faux. 


RAMDANE BOURAHLA    



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