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L’Algérie profonde / Centre

Le secteur de la santé passé au peigne fin à BoumerdÈs

Un observatoire de la santé créé

Les médecins exercent dans des conditions déplorables. ©D. R.

De l’ouest à l’extrême est de la wilaya, un constat amer est établi
sur un secteur vraiment malade.

Les médecins qui exercent dans des chalets infectés par des maladies contagieuses, l’insalubrité, le mauvais accueil des malades, les postes aménagés, l’absentéisme, les structures qui fonctionnent au-dessus de leurs capacités d’accueil, les constructions illicites, tel est le constat qu’a fait, jeudi passé, sur l’état des lieux de quelques établissements, le premier responsable de la wilaya, qu’il a inspectés lors de sa visite réservée au secteur de la santé, qu’il a qualifié de “secteur malade”. “Le secteur est décrié quotidiennement par la presse, notamment sur le mauvais accueil réservé aux malades, l’insalubrité, la saleté et des prestations de services médiocres. C’est pour cette raison que j’ai voulu voir de visu et vérifier la véracité de ces propos rapportés par la presse sur le secteur”, a déclaré le commis de l’État à son arrivée à l’EPSP du chef-lieu de la wilaya, où il inspecté les différents services, et où il a insisté sur l’accueil du malade et surtout la propreté des lieux. “Un bon accueil doit être réservé au malade, et  plus de poste aménagé ! Il faut que le paramédical reste lui-même, il n’est plus question que la femme de ménage fasse le travail de l’infirmière, ni l’infirmière celui du médecin, ce dernier fait le travail du directeur et celui-ci ne fait rien. Que chacun fasse son travail”, a-t-il martelé avant de quitter cet établissement pour  l’EPSP de Khemis El-Khechna, une structure débordée, qui ne peut plus répondre aux flux des malades. D’ailleurs, la population locale réclame depuis des années un hôpital digne de ce nom. Selon des témoignages recueillis sur place, un hôpital de 60 lits a été inscrit pour cette commune, mais le projet a été gelé pour cause d’austérité.

Un parcours de combattant
“On parcours des kilomètres pour aller se soigner ou faire accoucher nos femmes. À chaque fois on est ballotté d’un hôpital à l’autre. On est rattaché à la wilaya de Boumerdès mais nos malades vont se soigner dans la wilaya d’Alger. Aïn Taya, Rouiba, Belfort et Parnet, telles sont leurs destinations. On veut notre propre hôpital que l’État nous a promis”, nous ont déclaré des citoyens rencontrés sur place. À l’EPSP de cette ville, ce responsable a demandé à la directrice, le transfert de la salle d’accouchement des femmes enceintes de l’étage supérieur au rez-de-chaussée, avant de s’enquérir sur l’état du service d’hémodialyse, qui fonctionne sans budget propre à lui. Il aussi insisté à ce que les malades soient bien accueillis et bien pris en charge, notamment les femmes enceintes.
À la polyclinique de Dellys, des explications ont été demandées sur une construction illicite érigée par un particulier dont les fenêtres donnent sur l’entrée de la structure. “C’est quoi cette construction hideuse ? Où est le chef de daïra ? Faites-moi une enquête sur cette construction !”, a lancé le wali envers les responsables de cette commune. Toujours dans la même localité, le chef de l’exécutif a inspecté l’hôpital de cette ville, qui porte le nom d’un chahid, le médecin Boudaoud Mohamed, où une mauvaise prise en charge de cette structure sur le plan de la propreté et d’autres anomalies ont été constatées. À Bordj Menaïel, il a inspecté en premier lieu la polyclinique Tahrir qui porte le nom du chahid Mahfoud Makhfi, qui date de l’ère coloniale, et où deux chalets ont été infectés par la tuberculose et où deux médecins ont été contaminés par le bacille de Koch. Les médecins travaillant au niveau des chalets de cette polyclinique ont voulu témoigner exclusivement à Liberté pour dénoncer ce qu’ils vivent comme un calvaire dans cette structure très vétuste. “On souffre de l’humidité, de l’exiguïté et des mauvaises odeurs. Deux chalets ont été fermés pour ces raisons où deux de nos collègues ont failli laisser leur vie. On réclame des locaux dignes de ce nom pour qu’on puisse soigner nos malades dans de bonnes conditions”, nous a déclaré un médecin qui a voulu garder l’anonymat. À la fin de sa visite, le commis de l’État a tenu une rencontre dans la salle de réunions de l’hôpital de Thenia avec les responsables du secteur de la santé et en présence de la presse locale. Le premier responsable a annoncé d’emblée la création de l’Observatoire de santé de la wilaya, qui aura pour objectif primordial la prise en charge de tous les problèmes qui entravent la bonne marche de ce secteur et l’amélioration de la prise en charge des malades sur tous les plans. “L’Observatoire de santé de la wilaya sera créé et aura un impact positif sur le secteur. Il sera composé de responsables du secteur, des partenaires sociaux, des représentants de la société civile, et présidé par moi-même”, a déclaré le wali tout en indiquant qu’il va mettre le secteur de la santé dans l’œil du cyclone.

Nasser Zerrouki


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