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chronique / ACTUALITÉS

Le baiser de Mahrez et le séisme de Mila et de Tipasa


Sobhanallah ! Le séisme a frappé deux villes algériennes, à savoir Mila et Tipasa. La malédiction s’est abattue sur les petites gens de cette partie de la terre d’islam nord-africain, parce que de l’autre côté de la mer un ardent baiser d’un certain Riyad Mahrez, star du foot, est tombé sur les lèvres de sa bien-aimée !

Allah Akbar, la terre d’Allah tremble pour deux choses : quand les homosexuels s’embrassent et quand les hommes musulmans embrassent les femmes impies, commente un jeune homme, la voix serrée, debout devant une poubelle collective éventrée. 

Le baiser du joueur international Riyad Mahrez a brûlé la Toile ! Et a brûlé les cœurs des Algériens ! Je ne suis pas fan de foot. Et je ne suis jamais entré dans un stade pour regarder un match, qu’importe le niveau des équipes ! Mais l’histoire du baiser de Riyad Mahrez m’a préoccupé !     
Celui qui part à La Mecque, la terre sainte, même pour accomplir le petit hadj, c’est-à-dire el-omra, n’a pas le droit d’embrasser une femme blonde “kafira”, une athée, a dit l’autre en attendant son tour !
Sobhanallah, les femmes blondes sont le chemin de Satan. Que Dieu nous garde dans Sa clémence et Sa droiture, a répondu un autre, le joint entre les lèvres, les yeux larmoyants, la langue déballée. 
Sobhanallah, celui qui a mis le ballon dans le filet de l’équipe de nos adversaires a mis ses lèvres vivantes sur les lèvres brûlantes de la meuf blonde et impie ? a dit un frustré qui regarde le ciel bleu d’Alger triste.
Sobhanallah, avec ce baiser qui a duré 23 secondes, chair sur chair, lèvres sur lèvres, yeux dans les yeux ! Vingt-trois secondes ! Ce Riyad Mahrez le musulman vient de commettre un crime contre 1,8 milliard de musulmans et contre l’islam sur cette terre depuis quinze siècles, a commenté un autre en frottant son bas-ventre et en regardant ses pieds sales dans ses mules en plastique, trop petites pour ses grands pieds ! 

Sobhanallah, chronomètre de marque japonaise à l’appui, la durée du baiser de Mahrez est égale à celle du séisme de Tipasa et de Mila ! 23 secondes ! a dit l’autre en fumant ce qui reste du mégot du joint de l’autre.
Sobhanallah, l’homme musulman qui embrasse une femme blonde “kafira” sera, plus tôt ou tard, frappé par une déficience physique ; cela est écrit dans les livres et même dans le Coran, une sorte de maladie qui attaque les articulations, au niveau des genoux ! a commenté un autre qui fixe une jeune femme voilée qui descend de l’immeuble d’en face !

Sobhanallah, il est de quel patelin ce Riyad Mahrez le grand footballeur, de Mila ou de Tipasa ?  Là où se trouvent les embrasseurs des femmes blondes impies, là où sont nés leurs ancêtres musulmans, Allah frappe fort, par le séisme, par le déluge, par les inondations ou par l’épidémie, a dit celui qui a l’habitude d’organiser les meetings et les marches des partis islamistes et les troupes des supporteurs des clubs.

Sobhanallah, à Alger, le 11 novembre 2001, la malédiction du Ciel a frappé fort : trois cents personnes emportées par les torrents de boue, des centaines de maisons effondrées, des centaines de disparus, ce jour-là, sans doute, il y avait quelqu’un des enfants du quartier qui a embrassé une femme “kafira” ! a dit l’autre en suivant la voix du muezzin qui appelle à la prière du midi, dhour. 
Sobhanallah, il faut lancer une pétition nationale pour chasser ce Riyad Mahrez l’embrasseur de la femme “kafira” de l’équipe nationale. C’est une honte pour le pays où, dans sa Constitution, le deuxième article, écrit noir sur blanc, stipule que l’islam est la religion de l’État, a répondu l’autre qui fait une licence en philosophie et qui porte un tee-shirt avec le chiffre 7 imprimé sur le dos et sur le buste.   

Je pense que c’est du Photoshop. Cette photo de Riyad Mahrez n’est que complot contre les musulmans et contre notre Constitution inspirée de la charia, a dit un autre en harcelant une jeune passante tête voilée, jeans serré et baskets jaunes. 

Ce sont les médias juifs qui font tout cela pour briser l’islam en France, deuxième religion de ce pays impie et laïc. Un musulman n’embrasse pas une femme, et en plus c’est une “kafira”, a répliqué un autre.
Si c’était vraiment un vrai musulman, il aurait embrassé la meuf dans les escaliers, derrière une clôture, dans une forêt. Le musulman est un être de cachette, pas devant les projecteurs et les caméras ! dit un autre qui a l’air préoccupé par une mouche !
Avec ce baiser assoiffé, Riyad Mahrez, à partir d’aujourd’hui, n’arrivera jamais à marquer un but ; les filles blondes soustraient la force des hommes, a dit un autre en jurant sur la tête de sa mère qu’il a lu cela dans un journal britannique, pas français. 

Il faut se constituer en un collectif de jeunes musulmans pratiquants et aller voir el hadja sa mère, la mère de Riyad Mahrez, et lui dire qu’il est de son devoir de mère musulmane de descendre, en urgence, au bled pour chercher une épouse hallal pour son fils égaré, a dit un autre en piétinant son crachat sur le sol.  L’avenir sportif et religieux de Riyad Mahrez est foutu, un baiser c’est un baiser, et une prière c’est une prière, il existe un avant-baiser et un après-baiser. Avant le baiser toutes nos prières lui ont été adressées pour qu’il marque des buts, aujourd’hui c’est fini, on ne prie plus pour lui, en enfer, a commenté un autre. Mais c’est quoi une banque islamique ? a demandé un autre. Un baiser est un baiser, et un baiser est un baiser, lui a répondu l’autre. 

 

 


A. Z.


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