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chronique / ACTUALITÉS

Lire en Algérie, dites-vous !


Lire en Algérie est un acte socioculturel un peu spécifique, en comparaison avec d’autres pays dans le monde arabe ou nord-africains. Lire, ce n’est pas raconter !

Une évidence : la lecture est le dernier souci des sociétés arabes et nord-africaines. Une autre certitude : l’absence de la lecture créative arrange excellemment les régimes politiques et religieux en place. Une société qui ne lit pas est une société facile, prête à l’asservissement.  

Lire dans un pays où les librairies sont rares ou inexistantes est un acte hasardeux et aléatoire. Dans un pays où les établissements scolaires n’ont plus de bibliothèques est une menace à l’espoir. Et les quelques bibliothèques qui existent sont une bombe à retardement : les fonds en livres et documents proposés menacent le rêve des enfants et des adultes.  

Lire est aussi un acte de suicide ! Un livre peut tuer. Quoi lire ?
Il n’y a plus de bibliothèques municipales qui jadis contenaient des trésors, les classiques en littérature universelle, les Zola, Naguib Mahfouz, Gorki, Dickens, Balzac, Taha Hussein, Abou Nouas, Muller, Kateb Yacine, Dib, Ghada Semmane, Tolstoï, Kabbani, Dostoïevski, Mammeri, Dumas…

Les beaux volumes avec des belles reliures et une odeur magique d’un parfum encre-papier ! Lire un livre, c’est aussi un tableau, un paysage. La vue livresque est un plaisir, avant même de découvrir les sens des mots et les lettres par la réflexion et la méditation. Certes, en Algérie d’aujourd’hui, existe un nombre important d’infrastructures en matière de bibliothèques de lecture publique. Certes, le manque est toujours là, mais ces institutions existantes sont-elles bien gérées, professionnellement régentées ?

Ces infrastructures souffrent de deux choses : le manque des nouveaux arrivages en livres et autres supports : littérature, histoire, sociologie, supports électronique et numérique...

La bibliothèque est une vie culturelle. Elle est le refuge des lecteurs et la tribune des écrivains et poètes… Trois édifices sont le symbole historique et architectural de toute ville ou village : l’hôtel de ville (la mairie), le lieu de culte (mosquée, église, synagogue...) et la bibliothèque.   

Les Algériens en matière de lecture, et tant mieux, est un peuple trois en un ! Une société, linguistiquement parlant, vit et lit dans trois langues, pour ne pas dire quatre !

Il existe un lectorat en langue arabe classique, l’arabe de la scolarisation, un lectorat en langue amazighe et un troisième en langue française. Et chaque lectorat a ses références et ses préférences. Et tant mieux ! Chaque lectorat a ses choix idéologiques et esthétiques. Et tant mieux ! La diversité est une force.  

Il n’y a pas de statistiques fiables concernant les lectorats en Algérie, en nombre, en langue, en âge ou en sexe. Le Centre national du livre, créé il y a de cela une dizaine d’années (en 2009), n’a jamais présenté une enquête crédible sur la réalité du lecteur algérien.  

Comment peut-on passer à une économie du livre (édition, diffusion, impression, exportation, importation) en l’absence de statistiques réelles et rassurantes ? Comment peut-on penser la création d’un avenir positif pour une société sans des données actualisées et vérifiées à propos du lectorat ?  
Le livre est le prince de tous les arts et les cultures. Mais le livre est aussi un commerce, comme les autres commerces et non pas comme les autres !

L’investissement économique livresque est un enjeu moral et matériel. L’esprit et l’argent sont indissociables. Nous sommes dans un monde où tout est calculé à la seconde près, au centime près. La culture livresque est un échange économique et commercial. Sans naïveté aucune. 

En Algérie, le champ du lectorat est compliqué, mais fructueux. Il a besoin d’une harmonisation, peut-être en créant et en multipliant les espaces pour le débat libre. Et harmoniser les trois sortes de lectorat, arabophone, amazighophone et francophone, ne signifie pas tirer sur le pluralisme linguistique, esthétique ou culturel. Il faut chercher une ligne éditoriale libre et flexible afin de répondre à la demande de ces trois lectorats, tout en gardant cette différence et cette richesse dans l’imaginaire politique et sociétal.

Sans tomber dans le raccourci, sans tomber dans la généralisation ou dans la généralité, chaque lectorat a ses spécificités à respecter. Le lectorat arabophone est dominé par le courant du conservatisme, il est en voie de changement positif ces dernières années, et tant mieux.

Le lectorat amazigh est un lectorat du militantisme, actif, averti, mais sensible à la littérature et à la beauté. Le lectorat francophone, malgré le niveau catastrophique de l’enseignement de la langue française, reste un lectorat potentiel en matière de consommation de littérature et d’histoire.  

 


A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


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