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Économie / Chroniques Mekideche

EN TOUTE LIBERTÉ

Crise financière : quel profil acceptable de modération salariale ?

MUSTAPHA MEKIDECHE

On a pu observer, ce premier trimestre 2016, un certain nombre de conflits sociaux dans le monde du travail (Sonelgaz, SNVI, Air Algérie, UTESA, Éducation nationale). Ces derniers ont été globalement bien gérés. Certains ont pu être évités par une réactivité efficace des partenaires sociaux, d’autres ne portent pas sur les questions salariales mais sur les conditions de travail ou la viabilité de leurs entreprises. Il faut admettre que la victoire  de Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, qui a obtenu l’année dernière, en période de crise, après plusieurs décennies, la suppression de l’article 87 bis au lieu de sa redéfinition, a amélioré substantiellement les revenus de millions de salariés. En revanche, les éléments de langage de son discours du 27 mai 2015 au 6e congrès de l’Union de wilaya de Boumerdès ne pourront pas résister à l’épreuve des faits. En effet affirmer qu’on peut augmenter les salaires en Algérie “au moment où dans certains pays, on baisse les salaires des travailleurs et des retraités à cause de la crise internationale”, me semble bien risqué. Eléments d’analyse.
En période de crise financière justement, ici comme ailleurs, la question salariale a toujours été une variable d’ajustement difficile à négocier et, in fine, à trancher entre les partenaires sociaux et les pouvoirs publics pour construire un consensus. Les positions de départ sont toujours les mêmes à travers le monde. Les syndicats avancent l’argument de ne pas avoir à payer une facture qui n’est pas la leur. Les employeurs invoquent le principe de réalité qui implique que toute augmentation de salaires remet en cause les emplois existants. Quant aux pouvoirs publics, dans une position inconfortable d’arbitre et d’employeur, ils mettent l’accent sur l’ampleur d’un déficit budgétaire désormais non finançable aisément. D’où l’utilité de passerelles institutionnelles ou ad hoc de dialogue social. C’est ce qui justifie, en partie, l’annonce par le Premier ministre de la tenue d’une tripartite en juin 2016, “pour examiner plusieurs dossiers relatifs à la situation économique et sociale du pays”. L’ordre du jour portera probablement, par référence au “nouveau modèle économique” disponible dès avril 2016, sur les clés de répartition des ajustements à faire supporter par les partenaires sociaux. Modération salariale et diminution progressive des subventions pour les salariés et les ménages. Contribution à la création d’emplois et ajustement d’impôt pour les revenus personnels des entrepreneurs et les titulaires de patrimoines. Rationalisation et discipline budgétaires pour les pouvoirs publics. C’est un package global qu’il va falloir négocier pour en assurer l’acceptabilité sociale. C’est toute la difficulté de l’exercice. S’agissant spécifiquement de la préoccupation salariale, son traitement devient difficile compte tenu du nouveau contexte de crise durable et de réformes annoncées. Certes, on ne pourra pas construire un compromis acceptable par les syndicats si on évacue les conséquences découlant du niveau d’inflation et de la pente du démantèlement progressif des subventions annoncé par le ministre des Finances. Mais on ne pourra pas non plus faire accepter politiquement et socialement un accord si les titulaires des revenus et des patrimoines les plus élevés ne sont pas concernés, eux aussi, par les sacrifices à consentir. Je suis persuadé que c’est à partir de ces deux éléments de contextualisation que l’UGTA mais aussi les syndicats autonomes (ré) ouvriront le dossier des salaires avec les pouvoirs publics et leurs partenaires sociaux. Rappelez-vous le grave malentendu que j’ai vécu en direct d’Arzew le 24 février 1996, en période d’ajustement structurel,  entre l’UGTA et le Président Liamine Zeroual fraîchement élu, du fait de la ponction salariale opérée unilatéralement sur les agents de la Fonction publique pour une bonne cause certes mais sans accord préalable avec la représentation syndicale. Passer en force n’est pas possible. Ne rien faire non plus. Alors il s’agira d’arriver à une solution négociée qui sera considérée comme un compromis salarial par les uns et une première étape de réformes par les autres. Quels seraient les axes majeurs d’un tel accord ? Inclusivité des sacrifices pour tous les partenaires sociaux et rigueur budgétaire pour les pouvoirs publics. Augmentation modérée des salaires, de façon différenciée par branches, en contrepartie de l’amélioration de la productivité. Pente douce de démantèlement progressif mais ferme des subventions tout en assurant aux revenus les plus faibles le “deuxième salaire” dont parlait le ministre des Finances. Sans oublier enfin la maîtrise de l’inflation à la charge des pouvoirs publics. C’est en définitive la solidité d’un accord de ce type qui fera que le nouveau modèle économique proposé par les pouvoirs publics soit approprié par l’ensemble des partenaires sociaux. Quant au segment gris, il a encore près d’une année pour se mettre en conformité et/ou participer à l’emprunt national qui est annoncé, en attendant de formaliser se activités. Dans son intérêt et celui de l’économie du pays.

M. M.


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