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Économie / Chroniques Mekideche

EN TOUTE LIBERTÉ

Nouvelle loi sanitaire et branche pharmaceutique : une meilleure régulation ?

Mustapha MEKIDECHE

De l’avis de certains représentants des organisations professionnelles de la branche pharmaceutique, la récente loi sanitaire semble avoir pris en compte l’assainissement et la régulation du segment final de la distribution. Ainsi Lotfi Benahmed, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) nous confirme que “toutes les recommandations portant sur l’exercice officinal ont été prises en compte”.  La nouvelle loi sanitaire octroie en effet pour l’officine le statut “d’établissement pharmaceutique” avec ce que cela implique comme normes et standards professionnels de fonctionnement et comme exigences éthiques aussi. Les autres composantes amont de la distribution voient aussi leurs conditions de travail encadrées par la loi. Je vous rappelle que ces trois composantes sont les producteurs qui disposent d’un réseau de distribution spécifique, les importateurs et les grossistes. Enfin dernier aspect positif qu’on peut relever: la création légale de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques pour prendre en charge la régulation de la branche pharmaceutique. Cette agence héritera notamment des activités d’homologation et d’enregistrement des médicaments dévolues antérieurement aux directions centrales du ministère.  Elle sera mise en place incessamment selon Hammou Hafed, directeur général de la pharmacie. Ce dernier affichait par ailleurs, dans une émission radio de la Chaîne III, un optimisme tranchant.  Il indique, par exemple, que la production locale de médicaments, sur les neuf premiers mois de 2015,  progresse notablement par rapport aux neuf premiers mois de 2014. Il ajoute que l’importation des médicaments diminue en valeur: 998 millions de dollars pour les neuf premiers mois de 2015 contre 1,42 milliards de dollars pour la même période de 2014. Il considère enfin que l’objectif de couverture de 70% du marché en valeur peut être atteint dans les trois prochaines années. Cet optimisme est tempéré cependant par certains producteurs nationaux et leur organisation. Pour Nabil Mellah, ex-président de l’Unop, directeur général du groupe pharmaceutique algerien Merinal, “il ne sera pas possible d’atteindre 70% de production nationale pour le médicament avec l’environnement actuel”. L’explication fournie est que “la fluidité fait cruellement défaut dans la relation entre les opérateurs et une administration qui prend tout son temps”.  En d’autres termes, les verrous bureaucratiques relatifs notamment aux délais d’enregistrement et de mise en consommation des médicaments ne sont pas encore levés. À cela s’ajoute les contraintes au secteur de l’industrie dans son ensemble. Abdelouahed Kerrar, président de l’Unop considère lui aussi que “les procédures d’enregistrement des médicaments, qui prennent des mois et des années, pourraient être réduites substantiellement pour peu que l’administration le veuille et se dote des ressources humaines et matérielles nécessaires”. Il ajoute la contrainte de la “rareté des personnels techniques destinés pour la production pharmaceutique dont a besoin le bon fonctionnement des unités en place et les unités nouvelles en construction”. Pour conclure, on peut noter que le secteur du medicament, malgré un environnement global des affaires global contraignant, auquel s’ajoute les contraintes bureaucratiques spécifiques de la branche, est l’un des plus dynamique de l’industrie autant dans son segment public que dans son segment privé. Il anticipe déjà, pour les prochaines années, une couverture majoritaire du marché national et des quotités pour export. La nouvelle loi sanitaire est, de l’avis de tous les acteurs de la branche, un dispositif institutionnel utile et requis pour réguler et booster la branche du médicament.
Ce texte est, pour nécessaire qu’il soit, non suffisant.  Car il restera, dans tous les cas, le traitement des questions récurrentes d’enregistrement et de mise en consommation des medicaments auxquelles font face les inverstisseurs, sans omettre les contraintes communes avec les autres branches industrielles. Deux chantiers qu’il faudra terminer vite car ouverts depuis trop longtemps.  

M. M.


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