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Économie / Chroniques Mekideche

Le secteur touristique

Un secteur en sous-investissement chronique en décalage par rapport à la stratégie affichée

En dépit de la volonté affichée par le gouvernement de diversifier l’économie en faisant du secteur touristique un des moteurs de la croissance, aucun progrès significatif n’a été enregistré à ce jour. Les deux documentaires diffusés sur les chaînes de télévision françaises respectivement intitulé “Algérie la mer retrouvée” dans Thalassa sur France 3 le 3 avril 2015 et “L’Algérie vue du Ciel” le 16 juin 2015 sur France 2 témoignent bien de l’ampleur du gap entre le potentiel touristique du pays et ses performances réelles (111e sur 184 pays dans le classement mondial). Dans le même ordre d’idées, la 16e édition du Salon international du tourisme et des voyages (Sitev) n’a servi, une fois de plus, qu’à commercialiser les produits touristiques étrangers. Cela alors que les évolutions régionales récentes sécuritaires (Égypte, Tunisie) et économiques (Grèce) ont ouvert des niches d’opportunités pour la destination Algérie que nous n’avons pas pu saisir. Hormis le segment du tourisme hôtelier d’affaires, presque rien n’a été réalisé en matière d’investissements. Pourtant pour ce faire, une fois n’est pas coutume, le cap et la vision avaient été déjà clarifiés et même formalisés  depuis près d’une décennie déjà. Une démarche stratégique avait été ainsi arrêtée et même segmentée dans le champ temporel : court terme pour 2009 (période consommée sans résultats significatifs), moyen terme pour 2015(rythme de croisière trop lent) et 2025 pour le long terme. Au plan spatial sept pôles territoriaux d’excellence touristiques ont été prévus et intégrés dans le SNAT 2025. Résultat des courses sept ans après : les zones d’expansion touristiques (ZET) planifiées dans le SNAT et confirmées par le Schéma directeur d’aménagement touristique de 2008 (SDAT 2030)  sont loin d’être achevées et encore moins proposées aux investisseurs locaux et étrangers. À telle enseigne par exemple que Amar Ghoul, ministre en charge du secteur a demandé aux responsables des ZET d’Agrioun et d’Aokas (Béjaïa) de “ne pas attendre que la zone soit complètement viabilisée pour passer à l’investissement en libérant les espaces et en facilitant sa mise en œuvre”. Alors pourquoi les choses n’avancent pas en tout cas au rythme programmé ? Principal obstacle récurrent  avancé par les investisseurs celui des blocages pour des raisons apparemment bureaucratiques de gestion foncière, notamment celles des lenteurs dans les arbitrages à prononcer. Pourtant la démarche de rattrapage en matière d’infrastructures hôtelières avait prévu la mise en place de 405 zones d’expansion touristique (ZET) couvrant 53 000 ha. Dans les faits, pour les promoteurs une partie de ces ZET  n’est déjà pas attractive parce que les localisations et/ou les équipements sont inadéquats et les procédures d’acquisitions trop lentes au regard des délais de remboursement bancaire et de retour sur investissements. Alors, on se retrouve dans la situation baroque où  85% des investissements touristiques se font hors ZET. Pour être complet on doit noter ces dernières semaines, de l’aveu même de certains investisseurs, des frémissements dans l’affectation des assiettes foncières, sans doute les effets induits de  la crise financière. Ceci dit, il y a également d’autres contraintes  qui contrarient le développement de la destination Algérie. Elles sont d’ordre immatériel : qualification des ressources humaines et tropismes sociaux. Deux experts incontestés  du secteur Athmane Sahnoune et Saïd Boukhelifa les ont identifiées avec précision  lors de leur passage dernièrement  au Forum de Liberté, précisant par ailleurs que “nous savons ce qu’il faut faire… et surtout ce qu’il ne faut pas faire”. Ils pointent du doigt la nécessité d’une “hygiène irréprochable” et d’une “culture de l’accueil” partant d’un constat négatif en la matière. À ce propos, j’ai pu constater lors d’un récent déplacement au Kenya l’état de propreté maximale et la qualité, aux meilleurs standards internationaux, des services hôteliers  d’une ville comme Nairobi. C’est ce qui m’a frappé au premier abord, expliquant pourquoi malgré les tensions sécuritaires au nord du pays, le Kenya reste une des premières destinations touristiques en Afrique. S’agissant de la formation des efforts sont entrepris par le secteur avec la création par exemple de l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Alger, située à Aïn Benian. En partenariat avec l’Ecole hôtelière de Lausanne, elle a pour vocation de devenir une école d’excellence à rayonnement international. Pour conclure, on voit bien que le temps nous est compté en matière de diversification  économique et que de nouveaux moteurs de la croissance comme le tourisme, l’industrie, les TIC doivent être allumés plus rapidement que prévu. Cela car  nous avons été rattrapés trop vite par la crise financière résultant de la baisse des prix du baril. Vous savez il y va des États comme des hommes : ils sont jugés par ce qu’ils font et non par ce qu’ils disent. On verra bien.


M. M.


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