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Chroniques Jeudi, 03 Mai 2012 10:00 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Les pas avancés dans le développement :

Les leçons des expériences indonésienne et russe

Par : Ahmed BENBITOUR

L’Algérie possède en commun avec l’une ou l’autre des expériences indonésienne et russe, que nous avons exposées les deux dernières semaines, un certain nombre de points caractéristiques : le totalitarisme, le patrimonialisme, la double transition dans les réformes politiques et économiques, la rente, la prédation, la corruption…
Mais, en plus, l’Algérie doit résoudre les problèmes de gestion de l’après-terrorisme, de la crise culturelle, de l’extrême dépendance alimentaire et celle des hydrocarbures…
Il est par conséquent intéressant de tirer les leçons de ces deux expériences pour tracer les sentiers que pourrait parcourir notre pays. Nous l’avons vu, la leçon essentielle à retenir de l’expérience indonésienne est qu’un régime, quelle que soit sa performance économique, ne peut survivre, s’il n’adapte pas, périodiquement la base de sa légitimité aux transformations que connaissent l’économie nationale et l’environnement international.
En effet, malgré une meilleure performance économique et une “bonne” gestion centralisée de la corruption et des activités de rente, Suharto a été obligé de démissionner, ce qui a marqué la fin du régime patrimonialiste. Pourtant Suharto a su mettre en compétition positive deux groupes de cadres supérieurs très compétents : les planificateurs formés à Harvard et les ingénieurs industriels formés au MIT. Cette compétition a permis au pays de sortir de la dépendance des hydrocarbures, de préparer convenablement l’après-pétrole et d’assurer une croissance par une économie diversifiée.
Pourtant le général Suharto a dû quitter le pouvoir à la suite d’une grève des étudiants en conséquence de l’augmentation du prix de l’essence dans les pompes ! Mais, les étudiants sont les moins touchés par l’augmentation des prix de l’essence. C’est dire que lorsque le régime est fragilisé, le moindre coup de vent peut le faire basculer !
Ce qu’il faut retenir de l’expérience russe, c’est qu’en propageant des ondes de chocs politiques et économiques à travers l’ensemble de la société et les élites, chaque crise a aidé à affaiblir les groupes d’intérêts dominants et à adoucir leurs oppositions au changement. Ce fut le cas de la nomenklatura en 1985-1991, des industriels rouges et des nouveaux propriétaires terriens en 1994, des oligarques en 1998.
Du point de vue de la politique économique, chaque étape de réformes a changé le paysage des groupes d’intérêts et a créé de nouveaux gagnants et de nouveaux perdants. Alors le changement du paysage des groupes d’intérêts va influencer le processus de réformes dans l’étape suivante.
En réalité, les résultats relativement décevants en Russie comparativement aux autres pays de l’Europe de l’Est, à cette époque, s’expliquent par des déficits aux niveaux de la démocratie, des droits de l’Homme et des libertés.
Des leçons peuvent être tirées aux niveaux des réformes et de la nature du pouvoir.
Les réformes économiques attendues chez nous ne pourraient réussir que si elles s’appuient sur une politique économique clairement établie (au moment de la conception) et dont les étapes de mise en œuvre sont strictement planifiées et datées (au moment de l’implantation), les règles de la feuille de route.
Le terme politique économique est utilisé ici, pour mettre en évidence, le lien étroit qui existe entre les systèmes politiques, économiques et juridiques d’un pays. D’où l’importance cruciale qu’il faut accorder aux changements de grande envergure, à apporter aux institutions économiques, juridiques et politiques.
Au niveau de la nature du pouvoir, nous nous trouvons dans l’étape où les introduits (équivalents des oligarques en Russie et des patrimonialistes en Indonésie) vont profiter de l’émiettement de celui-ci pour manipuler le système politique en formation afin de déterminer les nouvelles règles de jeu à leur avantage. Ce sera, alors, l’accaparement de l’État, forme suprême de la corruption. J’ai déjà parlé en d’autres occasions de la dérive de l’État, de sa situation de défaillance actuelle, vers la déliquescence.
À jeudi prochain pour la suite de notre analyse. Entre-temps, débattons sur les meilleurs moyens d’avancer vers un avenir de progrès et de prospérité pour tous les Algériens.
À la tentation du pessimisme, opposons la nécessité de l’optimisme !


A. B.

 
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