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contrechamp / ACTUALITÉS

Alger, vendredi, samedi…

En voulant provoquer le grand rassemblement pour démontrer le soutien populaire à l’élection du 12 décembre, le pouvoir et l’UGTA, qui a pris en charge la tâche de mobilisation et d’organisation de l’événement, ont provoqué le résultat inverse : ils ont confirmé le rejet national de cette option.

à la vérité, les manifestations populaires du vendredi et du mardi qui se déroulent dans tout le pays depuis plus de neuf mois, et qui sont devenues quotidiennes depuis quelques semaines, auraient dû suffire à convaincre les pouvoirs publics de la profondeur populaire et nationale de la revendication de rupture politique. Mais, au lieu d’écouter le mouvement citoyen, le régime s’est attelé à l’étouffer sur le terrain, à en étouffer la voix par l’institution d’un black-out télévisuel et à le réprimer. Tout cela n’ayant pas suffi, il s’est ensuite efforcé de pousser à des actions prenant le contrepied des revendications populaires. Pour cette marche d’Alger, le prétexte paraissait tout trouvé pour camoufler l’objet effectif de l’appel, le soutien au processus électoral. Sentant que l’élection programmée avait un pouvoir de mobilisation limité, on a préféré mettre en avant le supposé fait d’ingérence commis par le Parlement européen dans la perspective de ratisser au-delà de cette question de vote. Par ailleurs, cela fait quelques jours qu’on bat le rappel de tout ce qui, dans la sphère géopolitique au sens large, compte comme citadelles gardiennes du principe de souveraineté bien commode pour les dictatures qui y sévissent à huis clos. Après le Parlement arabe et le Parlement africain, c’est au tour de la Chine de se livrer, par la voix de son ambassadeur, à un véritable acte de protectorat, défendant un pays qu’il croit peut-être acquis à sa tutelle et intégré à sa nouvelle stratégie de guerre d’influence en Afrique et au Moyen-Orient.
Les ensembles arabe et africain, comme la Chine, ne sont pas des modèles de respect des droits de la personne, et on peut comprendre qu’ils s’agrippent à une conception nostalgique et tiers-mondiste de la souveraineté nationale, celle du droit des régimes à disposer du sort de leurs peuples.
Une fois de plus, le mouvement populaire en cours valide cette réalité qu’en matière de discernement politique la rue a pris trop d’avance sur l’élite : l’exploitation politicienne de l’initiative parlementaire européenne n’a pas dévié les citoyens de leur aspiration fondamentale, malgré les cris indignés émis, y compris par des figures du hirak.
Il n’y a rien de plus aventureux que d’oser ce genre de ventes concomitantes, de pièges à base d’amalgame : heureusement que les Algériens qui s’opposent à l’ingérence étrangère dans les affaires nationales ne se résument pas au millier ou deux de personnes qui ont répondu à l’appel de l’UGTA ! Le meilleur garant de la souveraineté d’un pays contre l’intrusion de puissances étrangères, ce ne peut point être d’autres puissances étrangères, même alliées occasionnelles, ce ne peut être que le peuple de ce pays. Ne serait-il pas alors plus avisé de restituer la souveraineté aux citoyens algériens pour qu’ils puissent mieux la défendre ensemble ?
Car, enfin, que font-ils d’autre depuis neuf mois, sinon qu’ils revendiquent l’exercice de leur souveraineté ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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