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Contrechamp Mardi, 03 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Appelez-moi Londres !

Par : Mustapha Hammouche

C’est entre sentence et exigence que la Banque d’Algérie exprime ses craintes sur le budget de l’État : connaître des difficultés de financement dans les prochaines années. “L’équilibre budgétaire requiert des niveaux de prix des hydrocarbures supérieurs à 112 dollars le baril.” Cette manière infantile d’appréhender la cause d’une imminente crise financière prouve que nos gestionnaires se sont définitivement installés dans le confort d’une situation de rente qu’ils croyaient éternelle. S’ils devaient manquer de ressources, ce serait à cause du marché du Brent.
Cela fait plus d’une décennie que le marché des hydrocarbures est favorable aux pays exportateurs. Depuis exactement 1999, le prix du baril n’a fait qu’augmenter, passant de 25 à 37, puis à 80 et atteignant les 145 dollars en 2008 avant de connaître une “baisse de correction”, dit-on, vers les 65-70 dollars en 2009 et de se stabiliser au niveau des 110 dollars les années suivantes. Et voilà que l’or noir embrasse une petite tendance baissière depuis avril 2012 et toutes nos autorités financières s’émeuvent et crient à la catastrophe imminente : treize ans de prospérité ne pourraient donc pas couvrir trois mois de récession !
En douze ou treize ans d’aubaine, il y avait tout le temps de préparer l’économie — et le budget de l’État, parce qu’en fait c’est le financement du budget qui angoisse nos dirigeants et non l’état socioéconomique du pays — à un retrait de la demande pétrolière. Au lieu de préparer le budget à une moindre dépendance des recettes d’hydrocarbures, le pouvoir l’y a soigneusement enchaîné.
Régulièrement informé du niveau des réserves de changes et de l’encours du Fonds de régulation des recettes (pour ce compte, on ne le fait plus depuis un certain temps), le peuple devait pourtant être rassuré sur son avenir : l’État thésaurise pour lui. Le pouvoir a fait
des comptes de l’État un slogan politique : ils sont l’expression de la bonne gestion du patrimoine commun. Au fait, le budget était calculé sur un prix prévisionnel de 19, puis de 37 dollars le baril ; on pourrait passer quelques années de plus avec les deux-tiers environ de différentiel, n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce alors en 2012 que  la Banque centrale découvre que “la soutenabilité des finances publiques  à moyen terme doit désormais être un objectif stratégique des pouvoirs publics” ? Ah bon ? Parce que, jusqu’ici, c’était au bonheur la chance ?
Oui, quand on revoit la dérive dépensière qui a marqué la dernière décennie : des zaouïas et clubs de foot empochant des subsides de campagnes électorales aux “années” culturelles à répétition, des effacements de  dettes catégorielles aux cadeaux indemnitaires et augmentations des hauts cadres, tout sentait le magot qui grise.
Voici apparemment venu le temps de payer l’insouciance dépensière d’une décennie et le mépris affiché envers l’idée de développement d’une économie productive. Et le ministre des Finances commence par le commencement : les investissements et les salaires.
“En matière de salaires, nous avons atteint le plafond”, prévient-il. Peut-être, mais pas pour les greffiers, par exemple.
Un gouvernement est payé pour prévoir et prévenir la catastrophe, pas pour l’annoncer. Sinon, n’importe quel quidam saurait dépenser quand il y en a et se désoler quand il n’y en a plus.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 

Commentaires 

 
#8 Zawali 03-07-2012 21:13
Aujourd'hui, c'est au malheur la poisse !
Désolé il ne restera plus rien d'ici peu de temps !
Qui demandera de rendre des comptes, la justice ou la police ?
- La cour des comptes ! C'est quoi cette ONG ?
 
 
#7 Citation 03-07-2012 21:06
"N’importe quel quidam saurait dépenser quand il y en a et se désoler quand il n’y en a plus". Oh que c'est facile d'être ministre en Algérie. Pour être juste, Fakhamatouhou devrait instaurer un concours public pour devenir ministre.
 
 
#6 najmawahilal 03-07-2012 18:21
quoique vous disiez et bien depuis 1999 l'eau coule dans les robinets, les étals sont plein de marchandises, les routes, autoroutes, ponts, gares, aéroports, metro, tramway en fonction, voitures en pagaille, écoles, lycées, universités, hôpitaux, et bien d'autres belles choses que nous n'avions pas et que nous envions aux autres, grâce à notre Bienaimé Président Abdelaziz Bouteflika et son intelligence que vous niez
seriez vous des étrangers jaloux???????????? car les vrais Algériens sont reconnaissants!
 
 
#5 yacine17 03-07-2012 14:10
la chute des prix du petrole ne peut etre qu une bonne nouvelle pour le peuple Mr Hammouche car le regime ne tient ses courtisants et ses beni oui ouistes rien que par la grace des petrodollars on a vu les dissenssions du systeme quand les prix ont chute en 86/88 et il n y avait plus personne apres pour chanter les louanges de fakhamatouhou de l epoque
 
 
#4 didou 03-07-2012 13:38
daouam elhal min mouhal, cet adage populaire est un révélateur de la chronologie des courbes évènementiels, la loi d’Archimède s'applique a tout.en islam un hadith du prophète QSSL dit "ikhchaouchanou inna nimata la datoum".soyez plus austère les bienfaits circonstanciels ne sont pas durables. il était prévisible que les choses ne seraient pas statiques.même l'Europe économiste prévisionniste cartésienne est dans de beaux draps l'imprévus est là.alors que dire de notre pays?
 
 
#3 Amectuh 03-07-2012 12:10
C'est dans le besoin vital et dans la crainte d'un avenir incertain que les bonnes volontés sont amenées à s'impliquer positivement et intelligemment dans la gestion de ces peurs. On le dit vrai ailleurs, mais en Algérie ce n'est que du galvaudage pour justifier - et se justifier- dans les fonctions officielles mais tout autant improbables. "Notre" ministre de l'argent ne fait que justifier, zaâma, "sa" fonction. Donc à défaut de gérer justifiant nos incapacités à gérer.
 
 
#2 mouloud madoun 03-07-2012 12:06
ce qui me semble aussi bizarre c`est la coincidence avec...esperons-le la fin de regne du regime son crepuscule et la fin de regne de l`empereur/Khalif. la strategie budgetaire, il s`en foutait, mais les largesses revendiquees par la COUR qui a exige et impose le troisieme mandat etaient les vraies preoccupations. Donc, les reserves sont largement suffisantes pour aller jusqu`a........2014. Apres moi et nous? A moins qu`un miracle se produise grace a la MOSQUEE qui fera ainsi remonter les tarifs, la baraka et la NECESSITE d`un Quatrieme mandat. Ai je ete CLAIR. Mouloud
 
 
#1 Benomar 1 03-07-2012 11:12
Ce qui m'étonne dans toute cette histoire d'argent, c'est la déclaration de la Ministre de la Culture.
Après avoir dépensé des milliards de dinars dans des festivals, dont personne ne se souvient plus et qui n'ont eu aucun impact positif sur la culture et la société algériennes, plus sinistrée que jamais, comme le Panaf, Alger capitale de la culture arabe, Tlemcen, capital de la culture islamique, et d'autres rencontres de ce type, plus inutiles les unes que les autres et sans queue ni tête, elle se déchaine aujourd'hui contre le Président d'APC d'Annaba sous prétexte qu'il a violé la réglementation des changes, que seul le Ministère des Finances est chargé de défendre, en payant un cachet de 100 000 dollars US à la star libanaise Elissa, dont la prestation va rapporter à la ville d'Annaba près d'un milliard de centime de bénéfice net.
 
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