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Contrechamp Jeudi, 28 Juin 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Commémoration et occultation : le dilemme

Par : Mustapha Hammouche

Décidément, l’anniversaire semble plus embarrassant qu’enthousiasmant pour le pouvoir. Il a commencé par revenir de l’idée d’une commémoration conjointe avec la France de l’évènement, une idée effectivement saugrenue et plus porteuse de risques, de crises que de chances de rapprochement, en l’état des approches mémorielles respectives. Ensuite, ce fut plutôt l’hésitation, et c’est presque forcés que les différents ministères concernés distillent, en langage sibyllin, des bribes de programmes de commémoration.
Pourtant, les budgets pour parades et cérémonials n’ont jamais posé problème. Tous les thèmes ont eu droit à leurs “années” exclusives et d’autres restent à inventer. Faute d’être loué pour ses réussites, le pouvoir dépense pour susciter l’empressement et organise la fête pour être entouré.
Contrairement à “la culture arabe”, à la “culture islamique”, la notion de cinquantenaire renvoie à une idée de période, d’exercice, de bilan.
Le système n’a pas de quoi pavoiser, s’agissant de ses cinquante années de gestion. C’est pour cela que sa communication est plutôt vouée à l’amnésie qu’à la mémoire. À tenter de brandir quelque actif, en effet, il risque de se voir rappeler son lourd passif. Et le bilan en question pourrait s’avérer bien trop déséquilibré en faveur de la colonne de droite. Cinquante ans marqués par les putschs, les crimes et procès politiques, l’exclusion et les répressions des élites et des masses, les injustices, les crimes contre l’école, l’agriculture, l’environnement, les ressources naturelles… Quelles réalisations peuvent compenser des décennies qui ont ainsi ruiné l’économie, la culture et l’âme du pays ? Les industries “industrialisantes” qui ne nous ont jamais épargné la pénurie de ciment ni l’importation des carburants ? L’école fondamentale qui a handicapé des générations d’enfants de leurs capacités cognitives ? Le multipartisme de carrière qui a hypothéqué l’avenir démocratique de la nation ?
Le ministère des Moudjahidine a trouvé la parade : il ne finance que les œuvres portant sur l’avant-1962. La production cinématographique de l’année en cours se résumera à une série de biographies filmées de nos héros révolutionnaires. Des sujets incontestables qui nous éviteront d’éventuelles approches d’auteurs sur des questions d’histoire récente et qui seront peut-être porteuses de polémiques.
Le ministère de la Culture s’occupera d’organiser, en plus de quelques colloques pour “spécialistes”, les galas et kermesses. N’y voyons pas de “sans rapport” avec le thème de l’année ; c’est la fête. Et la fête, c’est fait pour faire oublier ce qui ne va pas. Ce qui permettra à John Lee Hooker, par exemple, de se produire à Alger dans le cadre du cinquantenaire, comme “vedette américaine” (Les anciens lecteurs de Salut les Copains se reconnaîtront dans cette expression qui n’a rien à voir avec la nationalité)… de la libanaise Élyssa, peut-être. Comment voulez-vous que notre pouvoir se précipite à interroger nos cinquante années d’Indépendance alors que toute son action est vouée à nous imposer l’oubli, l’oubli de ses abus et de ses fautes. Cela ne devrait pas tout de même nous faire oublier que, demain, cela fera vingt ans que Boudiaf a été assassiné.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 

Commentaires 

 
#11 azzikiw 30-06-2012 12:10
Monsieur Hammouche,
Ayez la gentillesse de reconnaitre les réussite et exploits de nos chers décideurs.
- Transformer un peuple fière et digne en pppulace lache et sans ame .
- Détruire la notion de peuple et la transformer en ghachi.
- Faire regretter aux Algériens la France coloniale.
- Détruire en 50 ans, ce que la France coloniale n'a pas réussi en 132ans.

Ceci n'est qu'un aperçu des oeuvres et réussites de notre chère RADP!
Soyons patient, dans quelques années, ils réussiront à faire de l'Algérie un nouveau RWANDA, à nous affamer et à transformer pour de bon l'Algérien en un chien érrant. En mendiant, on l'est déjà.
 
 
#10 il etait une fois 29-06-2012 04:24
Chapeau bas, messieurs les Responsable ! La france elle-meme n'a pas réussi en 130 ans ce que vous avez
reussi en 50 ans : anihiler tout un peuple!
 
 
#9 Loukan 28-06-2012 18:27
Il y a chez certains algériens des relents de xénophobie voire du "racisme" envers les étrangers comme entre eux d'ailleurs (je ne préfère pas développer ...). La chanteuse Elissa a été conviée pour faire un concert et c'est normal qu'elle soit payée. Après tout (je viens de voir le prix des billets) elle va faire renter près de 15 M de DA à la municipalité de Annaba qui lui redonne un peu moins de 10 M. C'est la population qui va payer pour le spectacle qu'elle va voir ! Rien a voir avec de l'argent public. Lors des festivités pour TLEMCEN ... 190 M de DA ont été alloués presque avec presque aucun retour .. je laisse les "blogueurs" réfléchir au fait que des tas de chanteurs algériens ont chanté et chantent encore lors des festivités du 14 juillet, moyennant rétribution , sans que les français ne réagissent aussi stupidement que nous.
 
 
#8 kenzobebe 28-06-2012 16:29
mais ce n ai nullement 1 l occasion pour des festivites mais bien pour 1 oraison funebre sorte de djanaza collectivesur un peuple qui assiste amorphe a lassassinat du pere boudiaf sans reagir ....et comment feter lindependance et ses assassins parmis nous ......salatou el djanaza wa houa chaab rahimahou allah peut etre...
 
 
#7 Loukan 28-06-2012 16:14
En ce qui me concerne la venue de Elyssa ne me dérange pas si c'est une organisation "privée" qui l'invite
et ce, quelle que soit la somme demandée par la chanteuse, cela ne regarde que les personnes qui paient.
Même avec l'argent public si c'est raisonnable (1Md de centimes c'est trop -je ne pense pas que le prix des billets couvre totalement la somme-). Mais il faut voir si d'autres artistes n'ont pas reçus des sommes comparables, pour ne pas faire de la discrimination de bas étage.
 
 
#6 S B A 28-06-2012 15:10
Les gens s'immolent par le feu parce qu'ils n'ont pas de travail et de logement,et nos responsables jettent l'argent par la fenetre.Pour commémorer le cinquantième anniversaire ils invitent la chanteuse Libanaise Elyssa avec un cachet de 1 milliard! Mais ce n'est pas leur argent, c'est l'argent du peuple. 1 milliard, de quoi construire des infrastructures ou rénover un hopital ou créer des espaces pour ces jeunes délaissés et rongés par l'oisiveté,cause de leur délinquence, drogue et agréssion.Une chose est sure, c'est que ces gaspilleurs de l'argent publique le payeront dans l'au-delà.
 
 
#5 Luza 28-06-2012 13:41
Le retour des morts-vivants.
John Lee-Hooker, né en 1917 et dcd en 2001 (le 21 juin). Qui a dit que les miracles n' existaient pas?
 
 
#4 Adelil1 28-06-2012 13:17
Un article pertinent qui résume à lui seul ce que le Algériens devraient savoir sur leur pays. Bien sûr, nous connaissons tous les échecs de nos dirigeants: l'éducation, l'agriculture, la culture et bien d'autres. Mais ces derniers sont toujours au pouvoir depuis 50 ans. En observant la société, j'ai l'impression qu'ils ont réussi à dévitaliser le peuple en le rendant amorphe, incapable de prendre son destin en main. La question est de savoir ce qui peut réveiller l'enthousiasme et le patriotisme salvateur qui permettront au pays de se relever et de tracer son avenir. Espérons que des hommes ou des femmes providentiels prennent la relève et guident ce peuple.
 
 
#3 El hadi 28-06-2012 11:15
Certes la vie monotone en Algérie inspire le blues , qui de nous n'a pas aimé et écouté J.L Hooker. et son blues rude et sincère pendant sa période faste, avant qu'il n'oublie d'où il vient. et devenir" dolarophage" ? Mais il reste dans nos cœurs bien que B B King lui la "volé" la vedette depuis , une question qui se pose à madame la ministre de "la culture " quel âge a Monsieur J.L Hooker ?
À défaut d'avoir invité Ali farka touré de son vivant ( grand blues man malien ) pourquoi ne pas inviter son "neveu "aussi brillant que son "oncle" et qui vous fera rappeler JL H dans ses années fastes et prolifiques.
L'algérien est il condamné à avoir le blues toute sa vie ou écouter des petits chanteurs au rabais avec leurs paroles pessimistes et lugubres, la guerre de libération devait générer la joie de vivre et l'enracinement dans le pays, malheureusement ce n'est pas le cas depuis 50 ans. Qui est responsable ?
 
 
#2 Omrane 28-06-2012 10:59
Quand je lis tous les sujets que vous traitez,sur toutes les dérives de la politique algerienne;quel le soit sociale,économi que,culturelle: c'est de la "friperie",je me sens de moins en moins algerien.Un ministre des cultes qui s'approprier la Zakat,un président illigitime qui dilapide les deniers publiques pour adjoindre son nom à une mosquée,une sinistre de la "cul" qui n'a aucun sens de la commémoration du 50° anniversaire,et une chanteuse du moyen orient.Comme si l'Algerie n'a pas d'artistes pour honnorer ces festivitès.Comme toujour le trabendo prime....!l'Algerie est devenu une grande déchètterie....!a yama hazmili serouali.Encore une biére à madame Khalida....!la patronne de la mahchacha.
 
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