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contrechamp / ACTUALITÉS

DES NOMS ET DES PSEUDOS


ON A DE LA  peine  à  appréhender une  telle  histoire :  parce  qu’elle  a rencontré “une fois”, dit-elle, le  président  qui  l’a  recommandée  à  son conseiller qui, à son tour, l’a présentée  à  un  ou deux walis, Zoulikha-Chafika Nachinache, dite  “Maya”, a pu entraîner ces walis et… le chef de la police nationale dans des opérations de grande délinquance et de dilapidation du domaine public ! 

Son procès s’est achevé et les verdicts sont connus, mais on ne sait toujours pas à qui appartient une partie du trésor caché dans sa maison de la résidence d’État ni d’où elle tient ce titre de “fille cachée du président Bouteflika”. C’est une caractéristique de ces procès pour corruption politique : ils ne nous disent pas tout. Autrefois, les enquêtes “s’arrêtaient à la porte du ministre”, aujourd’hui, elles s’arrêtent peut-être à la porte de la Présidence.

Cette possibilité de s’enrichir en puisant dans le patrimoine collectif juste parce qu’on a pu croiser le président nous renvoie à une autre ahurissante histoire, celle des soirées bunga bunga qui réunissaient régulièrement, dans une villa de Ben Aknoun, le frère du président et ses amis, les Kouninef notamment, pour organiser la répartition à leur profit de la part qui les intéresse de ce même patrimoine !

Pendant  vingt  ans, nous  aurons  assisté  à  un  processus  de  déchéance nationale qui a fini par réduire le pays à la condition de jouet mis entre les mains du petit frère et de ses amis. Mais la dérive n’a pas été rendue possible par le seul état d’impotence du président. Il suffit de se rappeler l’affaire Khalifa pour se convaincre du fait que Bouteflika lui-même a, d’emblée, fait de l’Algérie son terrain de jeu où la déprédation s’accompagnait de parade et de divertissement.

S’offrir un dîner avec Gérard Depardieu et Catherine Deneuve, sans prétexte formel, dans la solennité du Palais du peuple, quelle futilité ! Mais le scandale, même s’il a contraint le régime à organiser un procès, encadré bien sûr, ne lui aura été d’aucune pédagogie. L’embellie pétrolière prolongée aidant, il s’enfonça dans une activité de rapine dont les bénéficiaires en exposaient le plus ostensiblement les résultats. Et, visiblement, autour de lui, personne n’a eu l’envie ou le courage de s’offusquer de ce mouvement de perdition nationale.

Ce qu’on retient, c’est le consensus politique et institutionnel pour cette fuite en avant à l’aveugle, alors même que l’État n’avait plus de chef valide ! Les institutions de la République sont devenues les points de ralliement de toutes  les  avidités. Les  hautes  fonctions  sont  perçues  comme des plateformes de concussion. Et les profils les plus improbables se croisaient dans les arcanes  du pouvoir et dans ses dépendances feutrées.  C’est un signe de dégénérescence  d’une  pseudo-république  qu’elle soit livrée au tripatouillage d’intrigants et d’intrigantes qui opèrent sous simple  pseudonyme !

 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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