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contrechamp / ACTUALITÉS

Dialogue, élection et rupture

Le “panel du dialogue” a décidé de poursuivre sa mission. Il s’agit, selon sa formulation, de “prendre contact et de mener des consultations avec les acteurs de la société civile, les personnalités nationales, les partis politiques et les activistes du hirak des différentes wilayas du pays pour élaborer une conception précise des voies devant permettre une sortie de la crise actuelle”. En la forme, le champ des possibles parmi les “voies de sortie de crise” semble illimité. C’est à nous faire oublier que le président Bensalah, en recevant les membres du panel, jeudi dernier, a rappelé la finalité de ce dialogue : “Mener à bien le processus devant conduire à l'élection présidentielle, laquelle est une priorité.” Il reprenait là sa conviction, proclamée dans son discours du 3 juillet, que cette élection “reste la seule solution démocratique viable et raisonnable”. La précision n’aurait pas été de trop quand on annonce que les propositions finales, validées par une “conférence nationale souveraine dans ses décisions” et qui “oblige toutes les autorités publiques”, seront remises à la présidence de l’État “en vue de les traduire sous forme de lois et de procédures”.

Les “autorités publiques”, n’ayant pas encore reconsidéré la “priorité” de l’élection présidentielle, il s’agit donc, pour le panel et ses interlocuteurs, de discuter d’une option indiscutable. Une option qui, nonobstant les arguments qui la soutiennent, contredit les revendications du mouvement populaire, telles qu’elles émanent de ses slogans, du moins. Les vendredis en effet, c’est bien un nouveau système politique que les manifestants demandent, et non un nouveau président, dût-il se présenter avec un programme de rupture. C’est peut-être là le vrai dialogue : six jours de cogitation et d’exercices manœuvriers, puis un jour, le vendredi, voire deux, avec le mardi des étudiants, où les Algériens sortent rappeler leur exigence de changement de système.
Mais qu’est-ce qui a changé depuis les premières semaines du soulèvement pacifique où l’on partageait tous le constat clair que le peuple a massivement, et donc globalement, exigé le changement radical ? Où l’on actait tous, ou presque, que l’article 102 ne pouvait satisfaire la demande pour une nouvelle République et que la situation appelait la mise en œuvre des articles 7 et 8 ? 
Il ne s’est rien passé d’autre que le sentiment, chez les opposants au changement, que le mouvement populaire s’essouffle. Alors les conservateurs et les contre-révolutionnaires commencent à sortir du bois un à un. La première étape de ce contre-mouvement est de ne plus considérer le hirak pour ce qu’il a été, l’expression d’une demande populaire nationale, mais comme la manifestation des aspirations d’un courant de la société. Quand Rahabi déclare qu’“on ne peut pas considérer que le dialogue est rejeté parce qu’il y a… une partie des Algériens qui le refuse”, il n’en dit pas moins. Ce qui renvoie l’issue de “la crise”, puisqu’on veut l’appeler ainsi, à son véritable déterminant : le niveau de détermination populaire.
Le “dialogue” n’est, de ce point de vue, qu’un élément d’un faisceau d’actions visant à neutraliser le mouvement populaire dans sa finalité essentielle, le changement de système.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr 


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