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contrechamp / ACTUALITÉS

Économie : programmation et improvisation


Il nous semble qu’un communiqué du Conseil des ministres a pour fonction de synthétiser les décisions de la haute instance exécutive à l’intention des citoyens. Et si, en en prenant connaissance, le lecteur ordinaire n’arrivait pas à   décoder  certains  passages  du  document, la  presse  devrait  se charger de  l’éclairer.  Mais,  même  pour  des  habitués  de  la  langue  officielle,  il n’est pas toujours aisé de commenter ce genre de littérature.

Pas seulement à cause de formulations ésotériques comme celles-ci : “La nouvelle approche repose sur la remobilisation des moyens existants intra et extra sectoriels,  en  associant  les  partenaires  publics  et  privés,  sur  la recherche des modes de diffusion et d’amplification des actions à partir des pôles d’excellence des  filières  des  productions  halieutiques, en  impliquant l’ensemble des acteurs concernés, et enfin sur l’amélioration de la formation pour répondre aux besoins du secteur.” Le paragraphe dont ce texte est extrait concerne la pêche et décrit toutes les mesures qui seront prises pour aboutir à une production de 166 000 tonnes de poisson et à la création de 30 000 emplois.

On peut  se  féliciter que  deux  chiffres  aient  pu se glisser dans le passage impénétrable sur l’avenir de  la  pêche. En  fait, le document  récapitulatif du Conseil des ministres a évolué, au fil des ans, en document promotionnel de l’action présidentielle. On y  distingue  de  plus  en  plus  nettement  le  travail des ministères, d’un côté, et  les compléments  et  retouches qu’apporte le Président en  fin  d’exposé. Même  s’il  est avantageux que le chef de l’État vienne, par ses interventions, améliorer et recadrer les projets sectoriels, ses amendements  semblent  cependant  comporter  l’inconvénient  des modifications improvisées. À moins que, dans les faits, ces appoints ne soient préalablement étudiés.

Mais c’est  une  vraie  crainte  quand  on  se  penche, par  exemple,  sur ces initiatives visant à encourager l’acquisition d’“usines d’occasion en bon état, à des  prix  accessibles  et  rentables  dans  l’immédiat”  en  tirant profit “de la récession qui frappe  certains  pays  développés”  ou  à “renforcer  la  flotte marchande” pour  faire  des  économies   sur  le  fret.   Sans  en  faire  une évaluation approfondie, parce que ce n’est pas l’objet de l’article, on observe que, dans le premier cas, l’État prend une posture d’investisseur opportuniste alors qu’il n’en a plus les moyens financiers.

Ce qu’il n’a  pas fait  quand il pouvait se payer un fonds souverain, il le ferait donc maintenant qu’il est amené à faire des coupes claires dans son budget tout  en  en  aggravant  le  déficit  et  donc  la  dette !  Dans  le  second  cas, l’expérience suffit pour nous convaincre de son irréalisme : si l’autosuffisance en transport maritime constituait une activité économiquement viable, on l’aurait constaté dans la prospérité de la Cnan. 

Tout se passe comme si le gouvernement repensait,à chaque Conseil,sa politique  de  développement  alors  qu’il  est  supposé  disposer  d’un programme présidentiel. Une politique économique faite d’improvisation, elle-même source d’inévitable incohérence, n’est pas viable, en ces temps d’incertitudes en particulier.

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


NB : Contrechamp  fait  une  pause.  La  chronique  reviendra  le  1er juillet.

 


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