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contrechamp / ACTUALITÉS

La famille, entre vice et vertu


Il y a quelques jours, la gendarmerie a arrêté deux jeunes hommes transportant trente-six kilogrammes de kif. Ils sont fils d’Ali Zouabri, terroriste abattu, membre du GIA et frère de l’ancien émir du même GIA, Antar Zouabri, lui aussi abattu par les forces de l’ordre.
L’événement rappelle nécessairement ce fait : le gros des troupes terroristes a été constitué de fratries et même de parentèles englobant deux, voire trois générations ! Le phénomène est plus courant qu’on ne le croit : il n’y a pas que les Zouabri qui ont terrorisé en famille, les Hattab s’y sont mis à cinq ou six frères et oncles. Dans la région de Boumerdès, parmi les plus pourvoyeuses en chair à canon islamiste, de nombreuses familles ont donné des brochettes de trois, quatre ou cinq tueurs. Ce qui, fréquemment, assurait au leader du clan le privilège de la fonction d’“émir”. On ne sait par quel phénomène s’est multiplié cet “engagement” collectif, mais il fournissait ainsi le terrorisme en éléments sûrs et solidaires par affiliation. Tout aussi inexplicablement, ils comptaient parmi  les plus sanguinaires des troupes  islamistes.
Dans la famille Zouabri, mais dans d’autres familles de terroristes probablement, cette propension à “entreprendre” familialement a été transmise à la descendance qui s’est investie dans la drogue, comme c’est le cas de ces deux neveux de l’“émir national” du GIA ! Le commerce des stupéfiants comme procédé de blanchiment de l’argent du racket terroriste ! Mais, dans notre pays, le terrorisme et la drogue sont les seuls crimes qu’on pratique en famille. Sans préjuger du fond des enquêtes sur des faits de corruption qui, ces derniers temps, défraient la chronique judiciaire ni de leur issue, on observe tout de même que ces affaires acheminent pères, frères et fils vers le tribunal et, souvent, vers la prison. Tout se passe comme si c’était dans l’intimité du foyer que l’on magouille le plus commodément. 
Pour les opportunistes que le système socio-économique déprédateur a intégrés, la famille n’est plus simplement l’unité sociale de base ; elle est l’unité opérationnelle d’accumulation rentière et mafieuse. Par souci d’optimiser leurs moyens ou pour renforcer leur position sur le marché politico-rentier, des familles “économiques” s’allient à des familles “politiques” ! L’alliance se confirme souvent par des échanges matrimoniaux. Sauf que l’introduction dans le cercle large, mais fermé, de la mafia politico-financière est à l’initiative des familles “politiques”. Ce n’est qu’avec le temps que la famille parvenue hérite, peu ou prou, de l’influence de la famille “politique” partenaire. 
Bien sûr, dans le régime qui sévissait, et qui sévit toujours, même s’il est en instance de transmission de leadership, le Graal, c’était de s’arrimer à la famille Bouteflika. Si bien qu’au terme d’un règne dévastateur, l’on découvre qu’à la Présidence, on se passait les prérogatives et sceaux de la “République” entre frangins !
Dans la société traditionnelle, la famille est génératrice de valeurs, la valeur de solidarité notamment, la coopération de ses membres étant nécessaire à sa survie, voire à la survie de la communauté. Mais en servant de cadre sécurisé aux agissements délinquants, elle peut constituer le peloton de base aux entreprises terroristes mafieuses.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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