Scroll To Top

contrechamp / ACTUALITÉS

La politique, une belle affaire

Les cardinaux se réunissent en conclave pour élire le pape. Ainsi, nul autre ne peut interférer dans le choix du Saint Collège.
C’est ce que les vingt-six prélats du FLN ont fait en se réunissant à l’hôtel Moncada qui, pour la circonstance, a donc tenu lieu de chapelle Sixtine. Mais pas pour choisir le pape. Non, les Belkhadem, Saâdani et autre Ould Abbes sont “élus” et démis selon un autre procédé qui, pour être secret, n’en est pas moins clairement identifié. Il s’agissait, pour la vénérable commission électorale du parti unique, de choisir, parmi les milliers de prétendants à l’investiture de circonscriptions, selon des “critères précis”, les candidatures à soumettre au “choix populaire”. Il s’agissait aussi, et surtout, de les classer sur les listes en fonction des chances d’être élu auxquelles chacun d’eux a droit.
Ce processus de présélection, rendu possible par le mode de scrutin de la “proportionnelle des circonscriptions”, configure d’avance la composition humaine de la future Assemblée. C’est pour cela qu’il risque de donner lieu à de saignantes empoignades, une fois le contenu des listes de candidatures dévoilé. Particulièrement au FLN, principal pourvoyeur de ces rentes quinquennales. Pour cette raison, il capte et exacerbe les ambitions les plus nombreuses et les plus ardentes. Suit naturellement le RND, dont la structure de wilaya de Béjaïa a illustré le genre de bagarres auxquelles cet enjeu peut donner lieu.
Les autres partis, soutenants ou opposants, parents pauvres de notre autoritarisme démocratique, ont à affronter la difficulté inverse : la pénurie de candidats à la candidature. Les uns trouvent parmi leurs militants quelques volontaires prêts à se sacrifier pour aider à la mise en œuvre du choix participationniste de leur formation politique ; les autres, ceux qui se prévalent d’une proximité ou d’une alliance avec le pouvoir, adossent leur campagne de recrutement d’aspirants députés au canular d’une prétendue promesse de sièges de la part du pouvoir. Tout cela avec l’espoir, parfois sincère, de voir leur mise rapporter un minimum politique et financier.
C’est ainsi qu’une “classe politique”, globalement acquise au fonctionnement rentier et dirigiste de notre système, s’attèle à aider le pouvoir à devancer une “volonté populaire” qui, par ailleurs, ne cherche plus à s’exprimer depuis bien longtemps.
Le pouvoir, de son côté, convaincu qu’il doit sa stabilité à la répression et à l’argent plutôt qu’à la démocratie, continue à surveiller les velléités d’expression populaire et à grignoter des économies en réduisant l’importation de produits de consommation et en avançant le délai de perception des taxes de “vignettes automobiles”. Chez nous, la politique aussi a été transformée en un moyen de contrôle de la société et de répartition de la rente.

M. H.

PS : Nous informons nos chers lectrices et lecteurs que “Contrechamp” ne paraîtra pas durant le mois de mars.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
Fraternity le 28/02/2017 à 13h09

En ce temps-là d'austérité, la saignée des finances publiques continue; pour financer les réunions-spectacles des 2 partis inféodés et quelques autres intermittent de la politique;c'est le trésor public qui est mis à rude épreuve.Ces indignes de la politique qui vivent au crochet de l'Etat se permettent de séjourner dans des établissements hôteliers de luxe aux frais du contribuable; Ce sont les comptes spéciaux du trésor qui sont mis à disposition. La dilapidation de l'argent public est passée

Commentaires
1 réactions