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contrechamp / ACTUALITÉS

La répression, surcoût du changement

Les sévères peines infligées aux manifestants arrêtés et emprisonnés pour port de l’emblème amazigh constituent le point d’orgue d’une campagne de répression à caractère politique. Le fait que les poursuites ne soient fondées que sur d’improbables bases légales et le fait que ces improuvables interdictions ne soient opérantes qu’à Alger, en contradiction avec la règle de généralité de la loi, confirment à eux seuls la finalité de la démarche.

En allant au bout de cette entreprise qui, en plus de constituer un fait d’arbitraire, comporte des germes de division, le pouvoir étale au grand jour sa détresse stratégique. Comment s’arrange-t-il pour ne pas se rendre compte, après presque neuf mois de soulèvement, que le mouvement populaire s’est forgé deux attributs infaillibles : son pacifisme et 
son unité ?

Comment en est-il arrivé à devoir réprimer un élan populaire national et révolutionnaire, au sens positif et historique du terme, et de s’échiner à mobiliser, çà et là, des escouades d’éléments mus par le seul espoir de retour au statu quo ante ?

On ne le voit peut-être pas du point de vue du pouvoir, mais le contre-mouvement est en train de réveiller les forces négatives de la société pour les engager dans la promotion agressive de la voie électorale et dans le soutien de candidats pas du tout à la hauteur de l’ambition de renaissance née de l’élan populaire du 22 février. Exhiber ainsi ces groupes d’une affligeante inconsistance physique et politique ne peut tout de même pas suffire à contrebalancer l’appel à une évolution que des masses populaires réitèrent plusieurs fois par semaine dans tous les coins du pays ! Il n’est pas plus avisé, non plus, de vouloir juguler la revendication de rupture en enrôlant, dans cette mission, les segments les plus rétrogrades de la société, comme cette association de zaouïas qui, dans le désespoir de perdre les avantages du système de rente, s’est laissée aller à insulter des millions d’Algériens qui veulent le changement.

En même temps que l’autorité politique illégitime, les illusions d’autorité morale qui ont prospéré dans l’Algérie de la corruption ont volé en éclats. Certains imams s’y sont d’ailleurs essayés. Ils ont été contraints de se rendre à l’évidence : l’autorité morale et politique du hirak, c’est le hirak 
lui-même.

Les candidats, transfuges d’un régime qu’il est pourtant question de changer, ne sont eux-mêmes pas très sûrs de leur affaire. Leur gêne, qu’on comprend au vu de leur passé politique, n’a d’égale que les approximations programmatiques et l’indigence politique des discours qu’ils serinent à travers des médias maison.

Aucun blackout médiatique ne peut le dissimuler : loin d’être cadencé par le rythme d’une campagne électorale de studios, la vie nationale est déterminée par l’allure du mouvement populaire. Jusqu’ici, depuis que l’option répressive a été adoptée, en juin dernier, elle n’a pas eu pour effet de résorber la mobilisation pour le changement.

Continuer sur cette voie ne servirait sûrement qu’à alourdir le coût du changement politique dans une Algérie qui, il faut s’en rendre compte, a déjà changé.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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