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contrechamp / ACTUALITÉS

La République, les formes et le fond

Pour Ould Abbes, les choses sont tellement claires et simples. “Quand le président de la République, qui est le président du parti, parle, il n’y a plus de discussions et il n’y a plus de débat. Nous, on exécute.” Et le Président a parlé !
Vous ne l’avez pas vu ou entendu parler, le Président ? Et vous doutez donc de la lettre (ou de la séance, on ne sait plus) de recadrage du Premier ministre par le chef de l’État ? Vous trouvez, du moins, cette manière de faire (faire transiter le message par une chaîne de télévision privée, même pas de droit algérien, comme toutes nos chaînes privées “nationales”), plutôt pas très “républicaine” ?
Alors, tant pis pour vous : pendant que les choses se font, vous pouvez vous interroger sur le caractère “républicain” des procédures de communication. Il y a une sorte d’audace qui surprend dans cette exigence de fonctionnement institutionnel de la part du régime algérien. D’une part, celui-ci se fonde sur sa vocation structurelle à la transgression du minimum républicain, ne serait-ce que par l’institutionnalisation de la fraude électorale ; d’autre part, la question de l’aptitude du Président à exercer, dans les formes requises, la plénitude de ses prérogatives, s’est posée dès sa candidature à un quatrième mandat et a été résolue de manière autoritaire.
Qu’y a-t-il d’autre de républicain dans notre vie institutionnelle ? Si nous n’avons été que 38% d’électeurs (taux officiel) à se déplacer pour “élire” l’Assemblée nationale, c’est que soit nous avons désespéré de la République, soit nous avons préféré nous en remettre au choix de quelques tuteurs. Dans le premier cas, nous sommes donc dispensés de vigilance républicaine, faute de République ; dans le second cas, nous le sommes parce que notre République est bien gardée.
Cette émotion qui nous envahit de voir la communication présidentielle confiée à une chaîne privée controversée étonne plus qu’elle ne réjouit. Car, enfin, si le Président a fait le choix d’une communication subliminale empruntant des sentiers hétérodoxes, c’est son… choix.
Ould Abbes, lui, qui conçoit parfaitement le régime dans lequel il fonctionne, ne se pose pas de questions. Et il le dit tout net : “Le Président n’est pas une mer, mais un océan. Nous ne savons pas forcément ce qu’il fait, mais nous savons que ses instructions commencent à être appliquées sur le terrain.” Il précise sa “pensée” : “Hier, les marchandises ont commencé à sortir des ports.” Voilà ! Pourquoi s’embarrasser de formes ? On n’a pas besoin de savoir ce que fait un océan, en effet ! C’est au port qu’on juge de sa vitalité et de sa fécondité. Voyez comme il est en train de nous noyer de marchandises, pour rester dans le langage hydrique ! Dans un pays rentier, sans économie, quand le port va, tout va.
“El moufid”, comme on dit dans le langage courant ! Notre forme d’État travaille pour ceux qui vont à l’essentiel. Pas pour ceux qui, après avoir renoncé à la République, se passionnent pour les formes républicaines. La République, elle aussi, a ses exigences.


M. H.


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