Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

“L’alternative” du 12 décembre

On rate souvent l’objectif du fait de mauvaises tactiques. Cela arrive même lorsque l’objectif et la stratégie sont bien définis. Pour le pouvoir actuel, l’objectif est la survie du régime Bouteflika. Et la stratégie devant assurer sa pérennité est résumée en deux mots : “aller jusqu’au bout”.  Le “bout” n’est a priori pas éloigné, puisqu’il s’agit de parvenir à organiser une élection présidentielle le 12 décembre. 

Grossière erreur de calcul que de poser cette date comme celle d’une “fin de l’Histoire”. Pour le croire, il fait ignorer l’état d’esprit du hirak, dont la nature populaire vient d’être rappelée ce 1er novembre. C’est ainsi qu’un marcheur a justement résumé, ce jour-là, l’état d’esprit des manifestants : “Pour nous, le 12 décembre n’est pas une date de notre mouvement ; on passera directement au vendredi 13.”
Peut-être que l’autorité politique pense que pour parvenir à l’objectif, il suffirait de rester sourd à la revendication populaire de rupture et d’assumer la répression durant la période qui nous sépare du rendez-vous électoral. Sauf qu’en plus de la patience et de la résolution populaires, les erreurs tactiques se multiplient et viennent exacerber la faute politique. Ainsi en est-il de cette étonnante “sélection” de candidats : il faut vouloir manifester son intention de restaurer le régime pour aller former un attelage électoral de cinq candidats issus de la maison Bouteflika, même si certains d’entre eux en ont subi l’épreuve de la répudiation.
Outre que le choix vient conforter la conviction de ceux qui ne croient pas à la régularité d’une élection maison, il vient convertir les simples sceptiques. Dès samedi, de multiples reniements parmi le peu de partisans d’une “ élection pour le changement”, parmi les ralliés de sensibilité “badissiste” surtout, se sont manifestés. L’épreuve du tri des candidatures les a forcés à perdre leurs illusions. Sur les réseaux sociaux, les déçus de la voie électorale pullulent et se confondent en hommages au hirak. 
Désormais, il n’y a déjà plus que Benflis et Tebboune pour se demander lequel d’entre eux est “l’élu du cœur” du pouvoir. On peut le deviner, d’ailleurs. Et on ne va pas tarder à le confirmer. Pas même la patience d’attendre le 12 décembre pour faire le ménage politique parmi les prétendants !
Ainsi en est-il aussi de la gestion du conflit entre les magistrats et leur tutelle. Malgré les concessions cumulées (engagement des juges à assumer leurs fonctions électorales, puis à assurer le service minimum…), le pouvoir semble privilégier l’attitude qui sied à son humeur qu’il veut être celle d’un autoritarisme intraitable et qui est décrite par le message permanent de son opiniâtreté. 
La rigidité de l’autorité politique a fait que l’objet de la fronde a glissé de doléances professionnelles vers une revendication d’indépendance. Dans certaines circonstances, la blessure psychologique peut déclencher la prise de conscience politique, et les freins à la révolte, si solides soient-ils, peuvent rompre.
Ce n’est sûrement pas la meilleure manière d’entrer en campagne électorale, car, de plus en plus, cet autoritarisme apparaît comme la préfiguration de “l’alternative” qui s’annonce à l’ancien régime. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER