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contrechamp / ACTUALITÉS

Le mouvement populaire et la question économique

Les astrologues de l’économie nous prédisent des années difficiles. La tentation est grande d’insinuer que la poursuite du mouvement populaire sera à l’origine des difficultés économiques et sociales annoncées. 
La thèse sert les tenants du statu quo politique en ce qu’elle peut faire oublier leur responsabilité dans le désastre commis par un régime dilapidateur qui faisait de sa réputation de flambeur un argument de marketing politique. Pourtant, le krach était prévisible pour l’expert comme pour le profane : chacun pouvait deviner, même d’instinct, que le pic atteint par le prix des hydrocarbures allait un jour laisser place à la chute. Cette évidence, le pouvoir a préféré lui opposer son habituel déni de la réalité et faire comme si le conjoncturel était devenu structurel. Pourquoi se soucier de développement si la rente lui suffit à assurer un train de vie de l’État fastueux, un traitement privilégié de ses hauts fonctionnaires, un revenu substantiel pour les personnels des institutions de contrôle et de répression de la société et de quoi corrompre les syndicats et corporations à capacité de nuisance politique…
Cette abondance l’autorisait à freiner tout développement susceptible de déplacer, même en partie, la décision d’allocation de ressources du centre de pouvoir vers des acteurs sociaux dispersés. Comme il “nomme” la classe politique, il veut pouvoir coopter les “entrepreneurs”, puisque les investissements et leur rentabilité dépendent de ses seules largesses en matière de crédit, de foncier et de marchés publics ! Cette abondance servait aussi à entretenir la dépendance sociale des couches défavorisées par le truchement des microcrédits, subventions, logements sociaux… 
Cette situation a surtout permis aux ordonnateurs, à tous les niveaux de l’État, d’apprendre à dépenser et de désapprendre à économiser, à planifier et même à tenir et à rendre des comptes. La Cour des comptes l’a mille fois constaté, sans effets ! Cette règle, c’est la règle de l’insouciance ; elle complète le principe de non-rendement de comptes, d’impunité, à l’origine de la ruine du pays. L’État algérien est inapte à penser l’économie et le développement, parce que la pensée économique y est soumise au souci, culturel, chez les décideurs, du prélèvement personnel, clanique, corporatiste… Le profit individuel ou de caste, indu, sacrifie le profit social, collectif. Et quand “la bise fut venue”, qu’a fait le pouvoir ? Il a commencé à imprimer de l’argent pour maintenir son standing de flambeur et assurer sa survie politique sans s’embarrasser de la moindre anticipation financière ou monétaire, de l’argent que nos enfants devront rembourser dans les décennies à venir !
Le hirak, au lieu d’en rajouter à la crise économique, l’atténue par le fait même qu’il n’est pas un mouvement de revendication sociale. Ce sont les mêmes opportunistes de la rente qui, d’ailleurs, l’exploitent pour faire aboutir des doléances qu’ils n’auraient pas pu faire aboutir en d’autres circonstances.
Mieux encore, le mouvement populaire, en poursuivant son but, celui d’abattre le système rentier, corrompu et corrupteur, fera entrer le pays dans l’ère du travail, du mérite et de la solidarité, la base d’un sain développement.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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