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contrechamp / ACTUALITÉS

Les appareils du mal

Le flop de samedi n’exprime pas le seul rejet massif de l’élection présidentielle du 12 décembre, un rejet par ailleurs régulièrement réitéré  par les foules de manifestants depuis l’annonce du scrutin avorté du 4 juillet dernier. Il traduit  aussi le fait que le mouvement populaire a eu raison de l’efficacité opérationnelle des appareils de manipulation populaire dont se servait le régime.
Le spectacle de l’échec de l’UGTA à réunir quelques milliers de personnes pour les besoins de la cause constitue la manifestation flagrante et inédite d’une révolution culturelle. Les ingrédients étaient pourtant réunis : un motif “rassembleur” comme le rejet de l’ingérence, les moyens de l’État disponibles à souhait et certainement quelques appâts matériels pour allécher les plus avides. Bref, on n’a pas lésiné sur les moyens et les… méthodes bien connues de mobilisation des “masses”.
à dire vrai, ces structures, parce qu’elles sont des canaux de répartition de la rente, servent à maintenir des communautés entières de profiteurs et d’assistés dans la dépendance politique. Les abonnés aux largesses politiciennes vivent dans une espèce de disponibilité pavlovienne à contenter les besoins politiques du pouvoir. Manifester, déclamer des slogans, stipendier des “ennemis de la patrie”, louanger des dirigeants, voter, frauder… sont autant de tâches de routine qu’on exécute sans se poser de questions quand on le fait parce qu’on a souscrit à la rente d’entretien du système.
La nouvelle problématique née de la révolte de février a imposé une révision du statut de ces “machins”, partis, syndicats, associations de toute nature. Dans l’actuel contexte d’abolition du régime, la question de leur survivance se pose. Elle constitue un anachronisme, une négation de l’impératif de rupture. La “bande”, au sens large, comprend aussi ses infrastructures organiques qui lui servaient d’armes de guerre contre les velléités d’auto-organisation de la société. Cette fonction devait logiquement faire que leur destin fût lié à celui des mafieuses coteries qui les utilisaient.
De fait, FLN, RND, UGTA, FCE et autres dépendances organiques du système tentent, depuis, de se faire oublier et de déconnecter leurs structures de leurs dirigeants aujourd’hui damnés. Les gardiens du temple, ayant généralement activé à l’ombre de leurs gourous tombés en déchéance, se font discrets et attendent leur heure, lorsque le régime, élagué de ses plus mauvaises branches, reprendra du poil de la bête.
Le FLN n’a pas osé une candidature. En fait, il n’en a jamais présenté un ; on lui a toujours présenté “son” candidat. Cette fois-ci, le parti “majoritaire” est trop encombrant et doit discrètement se mettre… en réserve de la République, enfin… du régime. Le RND n’a même pas le droit de soutenir “son” candidat, ce qui prouve qu’il n’est pas le sien. Le FCE fait semblant de se convertir à l’économie…
Le faux pas de l’UGTA ne pourra que renvoyer cette quincaillerie politico-mafieuse à son hibernation de “transition”, en attendant de revenir faire le mal qu’elle sait faire. Si, par malheur, elle est encore là.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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