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contrechamp / ACTUALITÉS

Les effets regrettables de la stratégie du déni

Parce qu’il a choisi de résister aux aléas de toute nature, aux manipulations, aux provocations et aux rétorsions qu’il subit depuis le début de cette longue marche, le hirak se poursuit, imperturbable.
Les citoyens ont eu à endurer d’éprouvantes conditions de manifestation et à souffrir de grosses embûches placées sur leur chemin. En absorbant ces encombres et ces représailles, ils n’ont pas fait que maintenir le cap de leur historique entreprise ; ils en ont sauvegardé l’essence pacifique. 
Pourtant, tout a été fait pour dépourvoir le hirak de cette caractéristique à la base de sa persévérance et, peut-être, de sa réussite.
Face à ce soulèvement populaire massif et serein, le régime n’a eu de cesse d’allumer des contre-feux, non pour empêcher le hirak de se propager, c’était fait dès le premier jour, mais pour réduire l’ampleur d’une dynamique qui a engagé la société dans son intégralité et qui l’engage encore malgré l’opposition de quelques centres d’intérêt irrémédiablement envasés dans le marécage politico-mafieux ayant prospéré ces vingt dernières années.
Il y a pourtant des choses qui n’auraient jamais dû avoir lieu dans le pays au vu du contexte politique qui est actuellement le sien. Ces choses n’auraient pas pu se produire, n’était la volonté aventureuse de vouloir contrarier l’élan résolu et massif d’un peuple voulant s’affranchir enfin de son historique tutelle politique. On peut chicaner sur la popularité du hirak et sur l’ampleur de l’adhésion dont il jouit, mais le fait que les Algériens ne se soient jamais réunis en si grand nombre autour d’un même vœu ne peut point être contesté. On peut aussi chicaner sur sa spontanéité, mais si cette masse en mouvement pouvait donner prise à la manipulation, cela se serait constaté en ces neuf mois de pratiques manœuvrières de toutes sortes.
La première chose qui n’aurait pas dû avoir lieu, c’est cette histoire de répression de manifestants pour port du drapeau amazigh. La conscience identitaire n’a jamais été contradictoire du sentiment patriotique. Au-delà de l’illicéité discutable d’un tel acte, on ne peut pas comprendre la pertinence politique d’une initiative qui met la police et la justice en position de le réprimer à Alger, de le tolérer en Kabylie et de réagir au cas par cas ailleurs. À moins de chercher à particulariser des espaces parce que le mouvement revendicatif en a révélé l’unité… Car la campagne de répression localisée de l’emblème amazigh n’a pas eu l’effet démobilisateur escompté. 
L’autre chose qui n’aurait pas dû se produire, c’est la programmation d’une élection présidentielle en pareilles circonstances. En l’organisant alors que l’esprit et les espoirs de la société se projettent plus loin dans la quête d’un futur collectivement élaboré, on condamne le pays à puiser un président dans le cercle réduit d’opportunistes politiques qui ne font pas cas de la volonté populaire. Outre que le passage en force nous condamne au choix du pauvre, c’est à une campagne de non-communication que ses candidats sont condamnés.
Ces deux exemples, et d’autres aussi qu’on aurait pu évoquer, traduisent ce fait qu’au déni de réalité qui frappe le mouvement populaire correspond l’irréalisme de sa gestion politique.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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