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Contrechamp Jeudi, 20 Septembre 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Mad Max

Par : Mustapha Hammouche

L’été caniculaire de cette année a révélé l’imprévoyance nationale en matière de besoins énergétiques. Si la défaillance de l’offre d’électricité a été spectaculairement constatée, le déficit, tout aussi avéré, en production de carburants, a été couvert par une recrudescence précipitée des importations. La récolte nationale devait nous dispenser d’importer du blé pour le restant de l’année 2012, mais erreur de projection, l’État a dû se raviser, prendre son porte-monnaie et repartir faire son marché à l’étranger.
Comme dans l’urgence, le gouvernement a commandé des centrales, à mazout pour certaines, il devrait importer encore plus de gasoil qu’il n’en achetait jusqu’ici. Avec de l’argent, on peut acheter du mazout et du blé. Mais pas de l’électricité. Pas même du logement. Il nous faut donc plus d’argent pour installer des centrales, pour les approvisionner en carburants quand elles ne sont pas à gaz, en attendant de construire des raffineries. Et il faut plus d’argent encore parce que l’agriculture ne couvre pas nos besoins en blé comme elle le prétend certaines saisons.
Le gouvernement ne semble pas avoir anticipé cette soudaine aggravation de l’écart entre les besoins de consommation et les quantités programmées à la production et à l’importation. Mais, curieusement, il donne l’impression d’avoir devancé ses propres besoins en trésorerie. Cela fait un temps qu’il s’alarme des fluctuations éventuelles du marché pétrolier et qu’il planche sur une loi qui encourage l’exploration de nouvelles aires et de “carburants non conventionnels”. Il est même allé vite puisqu’il est rare qu’un projet de loi de cette importance soit ainsi bouclé en quelques mois.
Pendant que le pouvoir concevait l’instrument qui permettrait d’élargir les concessions d’exploration minière des Hauts-Plateaux, au Nord et au littoral, les discours de l’après-pétrole, des énergies renouvelables et du développement durable fonctionnaient en berceuses pour endormir les férus de notions altermondialistes. Même le gaz de schiste est à vendre alors qu’on ne sait même pas si l’on en a et que les hydrocarbures conventionnelles ne sont pas  exploitées à leur optimum.
Mais qu’à cela ne tienne ! Il faut dévorer tout ce qui peut se bouffer sur ce sol et en dessous. Des parts du stock de terres agricoles, déjà passablement érodées et grignotées par les constructions illicites, les zones industrielles et les nouvelles “villes” vont être cédées à la construction de cités. Tous les deux ans, le gouvernement réitère une décision de suspension de l’article qui, dans la loi sur l’eau, interdit l’exploitation de carrières de sable d’oued et de plage. Le lobby de l’économie de la nuit peut ainsi prospérer au détriment des biotopes les plus sensibles du pays. Pendant que les oueds se dessèchent et que la plage disparaît, la forêt brûle de plus en plus souvent et dans ses parties les plus précieuses, parcs nationaux compris.
Enfin, tout se passe comme si l’Algérie ne devrait pas exister après nous. Dans ce rapport patrimonial que nous avons avec notre pays, nous nous comportons comme si nous devions consommer un butin qui n’appartient qu’à notre génération. Et il serait normal qu’il disparaisse en même temps que nous ! Car, au train où vont les choses, c’est un terrain perforé, asséché, déboisé, pollué de partout que nous léguerons aux suivants. Un désert sans même la beauté d’un désert naturel. C’est Mad Max.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 

Commentaires 

 
#8 Méditerrénéen 23-09-2012 09:55
Il est clair que rien n'est fait pour l'avenir, on dépense aujourd'hui et dieu pourvoira demain. Nos sommes dans des difficultés astronomiques auxquelles nous n'avons pas les capacités intellectuelles d'y faire face, après tout ces siècles de dominations étrangères ou l'arrivant effaçait tout ce qui a été fait par le prédécesseur et ou les autochtones étaient considérés comme faisant partie du paysage et sans vie humaine si ce n'est réduit à l'esclave et à la famine, sans parler de l'anéantissement de nos forces mentales et intellectuelles . l'Algérie et les algérien sont comme le cuir chevelu brulé, tout est défiguré et rien ne repousse, quand vous voyez des citoyens lambdas avoir plus de 5000 livres en moyen en France ou les murs de salons sont doublés par des bibliothèque alors que chez nous certains ignorent totalement l'usage d'un livre ou d'un cahier.
 
 
#7 boulet 21-09-2012 10:10
c est une évidence que l avenir de nos enfants est compromis,le comble! j ai lu dans un site officiel algerien que d après une étude (commandée) que le peuple algérien est le deuxième peuple le plus heureux d afrique, voilà ce que pensent nos responsables de nous(,des imbéciles heureux quoi).je vie depuis très longtemps en afrique de l ouest en famille ,je peux témoigner que sans pétrole ,pauvres,mais la qualité de vie est meilleure ,je parle de valeurs sur( entraide,la convivialité,le courage,la joie de vivre),sans pétrole nous sommes les derniers de la classe.Je reviens à votre pertinent article,notre nation mérite et demande le meilleur de ses enfants et le système en place ne permet pas de tirer le maxi de ses enfants ,bien plus il constitue un frein et un danger pour l avenir de notre pays,je rêve de décideurs civils et militaires (jeunes,éduqués ,beaux,des gens d aujourd hui pas, des fossiles
 
 
#6 Adelil1 21-09-2012 09:04
Mad Max, un monde désertique régi par la terreur. J'espère que notre pays n'arrivera pas là, mais force est de constater que le peuple et nos dirigeants ne semblent pas être conscients du danger. Les rares sites boisés brûlent sans soulever la moindre réaction des habitants; l'école déglinguée par les adeptes du dogme; l'économie ruinée par l'informel et les irresponsables aux commandes. Que penseront les générations futures de l'héritage que nous laisseront ? Vont-ils nous maudire ?
 
 
#5 amalou 20-09-2012 19:10
Une précision M. Hammouche: Les tenants du pouvoir agissent comme si l’Algérie ne devait pas exister après eux. C'est vrai que la majorité ont un pied à terre dans un pays de l'occident pour certains ou un pays de l'orient pour d'autres. Car nos hommes du pouvoir sont soit pro-occidentals, soit pro-orientals mais rarement pro-algériens.
 
 
#4 Algeroplus 20-09-2012 18:38
Encore une fois c'est en premier lieu la famille qui est la grande responsable d'un tel fiasco. Mais il faut surtout incriminer l'école qui, en se trompant de finalité pédagogique, a échoué dans sa mission basique : celle de forger un citoyen au sens moderne du terme. Cette finalité était pourtant au gout du jour durant les années 1970, lorsqu'il s'agissait plus précisément, à l'échelle d'un grand débat public, de savoir quel type d' Algérien nous voulions obtenir au terme d'un cursus scolaire et universitaire abouti, autrement dit au terme de 25 années de formation. Ce débat, pour des raisons d'ordre idéologique, n'existe malheureusement plus et, avec la configuration sociétale actuelle, caractérisée par l'omnipotence du religieux, non seulement il ne risque pas de ressusciter mais pire, il pourrait mème ètre considéré comme un blasphématoire...Suivez mon regard.
 
 
#3 Idiot du village 20-09-2012 17:16
Bravo! "Enfin, tout se passe comme si l’Algérie ne devrait pas exister après nous"
On passe notre temps a croire a tout les theories de complots et on accuse les juifs et l'Occident de comploter pour nous detruire. Ma theorie est que le complot est celui d'une pseudo-elite qui nous fait croire a ces complots pour detourner nos problemes structuraux et culturelles. Ainsi, au lieu de travailler a solutionner les problemes responsables de notre faiblesse economique et de son systeme de production, a comprendre l'impacte de notre crise identitaire et de notre derive sociale, et enfin de proteger notre environnement, qui est apres-tout le seul que nous possedons (sauf pour les haraga et ceux qui ont les moyens d'aller ailleurs). En etant honnete avec nous-meme on a plus de chance de s'en sortir.
 
 
#2 TSAWAGHITH 20-09-2012 14:34
C'est triste de se rendre a l'évidence q'une génération s'est sacrifié en liberant ce pays, et qu'une autre- pas politique - s'apprete a passer le relais mais dans quel état !!!? les repères sont brouillés,l'ecole sinistré,la corruption est devenu un sport national,un personnel politique vieillissant qui ne se soucie que de sa carriere,et tant d'autres tares !! . nous sommes peut etre impuissant devant tout ce gachis quasi-quotidien ,mais nous sommes au moins temoin .a la génération qui suivra nous leurs diront REVEZ !!
 
 
#1 Indiscret. 20-09-2012 12:34
Il faut fouiner dans la conception du travail qu'on impose au pays. Cette nouvelle philosophie dans la gestion du pays est relative à celle du monde désertique, ce monde dit "arabe" qui n'active que suivant sa propre culture ancestrale: Le commerce. Acheter et revendre. Et notre vraie personnalité qui était de compter sur soi et sur le rendement de ses terres est perçue comme une activité illicite.
 
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