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contrechamp / ACTUALITÉS

“MARDI NOIR”


Hier, le journaliste Khaled Drareni a été condamné à une lourde peine de deux ans d’emprisonnement. Parce que cette sanction est injustifiable, elle ne peut supporter que le statut qui est le sien : celui d’une sentence politique. Cette décision, parce qu’elle frappe un confrère qui n’a rien fait d’autre que son travail, certes avec enthousiasme et art, suscite tristesse et colère.

Mais  plus  largement, ce  verdict  signe  un  tournant  dans la démarche de répression de  la liberté de presse et  de  la  liberté  d’expression  et dans la politique de répression du mouvement  populaire. Par  son assiduité  et son efficacité professionnelle, Khaled est le confluent personnalisé de la liberté d’expression citoyenne et de la liberté de presse. En effet, un mouvement de revendication est, par nature, un mouvement d’expression. 

Priver  le peuple en mouvement, même pacifique, de sa capacité à émettre son message, c’est une  manière  d’étouffer  ce  mouvement. Et  priver  ce mouvement de retour d’écho de sa propre action — que seule la presse est en mesure de lui assurer —, c’est une manière de le faire douter de lui-même, de le décourager. C’est la technique adoptée par le pouvoir au lendemain du 22 février 2019. Et c’est pour cela que la première mesure répressive fut de censurer toute information sur le Hirak dans les médias publics et les médias subventionnés par la publicité institutionnelle. 

Mais  devant  l’insuffisance  du  black-out officiel à dissimuler la réalité d’un mouvement  populaire  caractérisé  par  son  ampleur, son  harmonie et sa résolution, le pouvoir s’est engagé dans une stratégie de répression policière et judiciaire des manifestants. Pourtant, aucun souci d’ordre public ne peut justifier une telle politique dans un contexte de revendication qui se caractérise à la fois par son amplitude et son civisme. Elle ne peut s’expliquer que par une option de répression politique.

De  fait, les  procès  et  emprisonnement  politiques  qui  font  cortège  au mouvement populaire et qui tendent à se banaliser ne semblent, en effet, pas suffire à rassurer le régime sur la fin de sa remise en cause. Même si le mouvement en question est aujourd’hui suspendu dans son expression de rue, le pouvoir poursuit, en l’accentuant, sa démarche de répression politique et  d’étouffement  médiatique. Une  démarche  qui  va  en  s’intensifiant, visiblement à des fins d’exemplarité. 

Khaled Drareni est peut-être victime de la qualité professionnelle dont il a fait preuve dans sa relation du Hirak populaire. Par l’assiduité, l’engagement et l’éthique et l’esthétique dont il  a  fait  preuve  dans l’accomplissement de sa mission,  il  a  valorisé  l’image  d’une  mobilisation  citoyenne  qui, par  son ampleur, son pacifisme et par son sens collectif de la perspective, est  déjà  exemplaire  et  historique. Pour  la  profession, particulièrement la génération de vieux journalistes, l’avènement d’une telle affliction, en ce jour d’hier, ne pouvait que faire remonter en elle le souvenir de ces fameux “mardis noirs” de triste mémoire.

 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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