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contrechamp / ACTUALITÉS

Obstination à hauts risques

En remplaçant son directeur de campagne, Bouteflika a confirmé sa candidature, donnant par là même sa réponse au soulèvement populaire contre le cinquième mandat.
Du coup, la scène électorale se clarifie, en effet : plus besoin de conjecturer autour de plans B et des chances d’un des candidats déclarés.
Il se pourrait, cependant, que d’ici au moment de dépôt de dossier, le régime, pour convaincre les masses d’opposants à sa continuité, avance de nouveaux arguments justifiant son attachement à l’option du cinquième mandat. Comme, par exemple, celui de le réduire à la période transitoire nécessaire à l’encadrement de la fameuse “conférence de consensus” devant elle-même se tenir dès le lendemain de l’élection présidentielle.
Mais, avant d’essayer de contourner le refus populaire par une proposition de cinquième mandat “nuancé”, celle-ci ou une autre, le pouvoir aura-t-il d’abord évalué l’ampleur et la résolution qui caractérisent cette exigence populaire de renoncement du projet de cinquième mandat ? Et pas seulement, d’ailleurs : les manifestants scandaient leur volonté de “dégager” le régime dans sa globalité.
De deux choses l’une : ou le pouvoir sous-estime la profondeur sociétale de cette demande ou il la perçoit à sa juste mesure et la récuse quand même. On ignore donc s’il s’agit d’une erreur de calcul ou d’un choix pour l’aventure.
Cette seconde option est plausible, sachant que dans la culture autoritariste, on considère, dans les moments de tension, que c’est au peuple de céder, pas à l’autorité.
On peut comprendre que la solidarité de destin politique puisse unir les composantes d’un régime, mais pas lorsque la question en jeu est la paix civile. Certes, le chantage de “nous ou le chaos” a toujours servi à tenir en respect les Algériens qui aspirent ou appellent au changement, mais il fallait bien que le procédé finisse un jour par s’user. Ce n’est pas toujours la peur qui dessine leur destin. Aujourd’hui qu’ils ont retrouvé le courage de revendiquer dans la solidarité et l’élégance de le faire dans la civilité, pourquoi s’entête-t-on à essayer de leur faire peur ?
En plus de cette obstination aventureuse pour le pouvoir, deux hypothèses suivantes peuvent expliquer la réponse politique irresponsable faite à l’exigence populaire de changement de régime. Première hypothèse : un clan voulant prendre les devants dans la question certainement en discussion de la candidature et a précipité la décision concernant le changement de directeur de campagne, une manière de confirmer la poursuite du projet de cinquième mandat. La seconde hypothèse découle de la psychologie que l’on perçoit du Président : il ne semble pas être une personne à accepter de finir sa carrière politique par un constat de disqualification, si massive soit-elle. Dans sa réaction, il n’aurait alors pas laissé le choix à son entourage.  
Ou peut-être si ! Celui de décider de la fin du régime, mais sans lui, c’est-à-dire contre lui. Ainsi, il lui devient plus acceptable de partir victime d’une manœuvre de sérail que d’un rejet populaire…
Si alarmants que soient les développements augurés, il semble que les Algériens, loin de céder à la panique, s’en tiennent au projet collectif de se réapproprier leur souveraineté.


M. H.

 


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