Perturbations atmosphériques et bulle politique
Par : Mustapha HammoucheC’est un Conseil des ministres “dépaysé”, comme on dit dans le jargon judiciaire, qui s’est tenu avant-hier. Il a eu lieu dans une bulle, loin de l’Algérie.
L’ordre du jour était ficelé depuis quelques jours, voire quelques semaines : loi de finances complémentaire, ordonnance portant augmentation du nombre de sièges à l’Assemblée nationale et décret concernant la supervision des élections législatives. Aucun imprévu ne pouvait le détourner de ces préoccupations prioritaires entre toutes.
Et, si l’on s’en tient au communiqué officiel, le Conseil s’est déroulé dans un “climat” qui n’était pas celui du pays. Rien n’y évoque le calvaire que les intempéries imposaient, depuis vendredi soir, à des régions entières.
Des dizaines de communes et des centaines de villages galéraient depuis cinq jours déjà, sans électricités ou sans gaz, ou sans les deux parfois, sans approvisionnements pour certains ; des routes sont coupées et des agglomérations isolées, la liste des victimes s’allongeait… Mais cela n’a pas agi sur l’attention du Conseil des ministres apparemment machinal. Seul compte le dessein d’élections législatives qui doivent enfin emporter le label démocratique.
Pour les souffrances des villageois et des ruraux engourdis par le froid, affamés par le manque de denrées, ou affectés par l’inaccessibilité des centres de soins, les institutions font ce qu’elles peuvent. Les statistiques de sorties d’unités de l’armée, de la gendarmerie, de la police et de la Protection civile tiennent lieu de communication sur l’efficacité de la réaction de l’État devant les effets de l’évènement climatique. Question de méthodes ou de moyens, le bilan humain de ces quelques jours de neige et de froid est calamiteux.
Cette nonchalance officielle semble s’être décentralisée. Voici en effet ce que déclarait, lundi dernier, à Liberté, M. Kertous, du cabinet du wali, sur la situation qui prévaut à travers la wilaya de Béjaïa : “Nos équipes sont toujours en opération de déneigement des axes principaux jusque, du moins, au niveau des chefs-lieux communaux, pour permettre aux équipes de Sonelgaz d’intervenir pour le rétablissement du courant électrique et à Naftal de ravitailler en gaz butane ces contrées très touchées”, ajoutant, en conclusion : “Pour l’instant, il n’y a pas de quoi s’alarmer (!).”
On sait, depuis, combien il y avait de raison de s’alarmer.
Et voici ce qu’on pouvait lire des propos de Djamel Boucharf, climatologue à l’Office national de météorologie, dans El Watan d’avant-hier :
“L’Algérien doit s’adapter aux conditions climatiques qui peuvent varier. L’Algérie se situe dans une zone de "variabilité climatique" due aux impacts des changements climatiques que connaît désormais le monde.” Le scientifique ne dit pas ce que l’État doit faire pour répondre à cette évolution. Est-ce à dire que c’est au citoyen seul de se débrouiller avec des éléments désormais versatiles.
Le précédent des inondations du 10 octobre 2001, quand gouvernement et députés, réunis à l’Assemblée nationale, mirent une partie de la matinée à se rendre compte que Bab El-Oued comptait déjà ses premiers noyés, n’aura pas servi. Constance d’un pouvoir autiste : dans ce domaine comme dans d’autres, même les pires épreuves ne lui sont d’aucune utilité pédagogique.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
Commentaires
Ayam 11-02-2012 13:55
Lindah 10-02-2012 10:52
Les coopérants sans foi ni loi qui ont été imposés à notre pays en 1999 doivent partir immédiatement.
J'ai honte à leur place !
Man anvotoch, wallahi ma votinaha ou dezzou maahoum !
Allez vous-en imposteurs !
mohand 10-02-2012 06:07
Rabah Toubal 8 09-02-2012 19:59
Sans oublier les scandales comme ceux de la BRC, BCIA, BNA etc…qui, comme les affaires du « Don chinois », d’« El paso » , des « 26 milliards », de la Sonatrach et de l’autoroute Est-Ouest notamment , ont porté un préjudice considérable à l’image de l’Etat algérien et à sa crédibilité interne et extérieure, notamment vis-à-vis des investisseurs nationaux et étrangers désireux de s’implanter dans un pays qui offre pourtant des opportunités commerciales exceptionnelles mais qui souffre de la malédiction et des tares mutiples de ses dirigeants autoproclamés.
Rabah Toubal 7 09-02-2012 19:58
Elle a besoin d’urgence de nouveaux visages aussi rassurants et respectables que ceux de Si Slimane et de ses semblables afin de transcender ces temps de régression et de corruption généralisées.
Sinon, après avoir pillé les ressources naturelles non renouvelables de notre pays, dilapidé ses réserves en devises pour acheter une paix sociale improbable, ces prédateurs vont brader les bijoux de la famille, avant de rentrer chez eux
L’Etat algérien a donc les moyens pour reconstruire toutes les infratructures routières ou immobilières que les inondations ont détruites entièrement à El Bayadh.
Mais en a-t-il la volonté ? That is the question !
God save Algeria !.
Rabah Toubal 6 09-02-2012 19:57
L’once d’or ( 28,35g ) vaut aujourd’hui plus de 1800 dollars américains.
Ce n’est pas par hasard si l’un des voeux, adressés régulièrement à Dieu par les femmes enceintes algériennes au sujet de l’enfant qui va naître est le suivant : “Je voudrais avoir un enfant chanceux même s’il ne fera pas de longues études”.
“Aatihoula mzahar oualaou ma yakrach bezef”.
Rabah Toubal 5 09-02-2012 19:56
Ces réserves auraient été plus importantes si le fonds de solidarité-Sandouk Ettadamoun*, constitué au lendemain de l’indépendance de l’Algérie par les dons de bijoux divers émanant des Algériennes et Algériens, n’avait pas été détourné par qui nous savons tous.
Ainsi, grâce au bon sens paysan du Commandant Slimane ( nom de guerre de Kaid Ahmed ), l’Algérie se retrouve aujourd’hui parmi les 10 premiers pays au monde et le 1er dans le monde arabe, pour leurs réserves d’or.
Rabah Toubal 4 09-02-2012 19:55
Dieu t’a doté de richesses fabuleuses mais les prédateurs t’ont appauvri et ont pauperisé ton peuple martyrisé.
“Pays riche, peuple pauvre et malheureux” disent de toi les uns et les autres.
En effet, en plus des 176 milliards de dollars US de réserves en devises, dont une bonne partie a été placée aux USA, l’Algérie est, selon le rapport 2011 de l’Organisation Mondiale de l’Or ( OMO ), classée le 10ème pays au monde et le 1er pays dans le monde arabe pour ses réserves d’or.
C’est essentiellement grâce à Kaïd Ahmed, rahimahou Allah, Ministre des finances de 1965 à 1969, que le stock d’or de notre pays a été constitué.
Rabah Toubal 3 09-02-2012 19:54
A-t-il été abandonné par ses Saints Patrons, pour devenir si vulnérable et maudit que ça ?
Très peu de peuples ont subi ce que le peuple algérien a enduré en moins de deux siècles.
Jugez en vous mêmes : occupation française-génocide-enfumades-résistance et guerre de libération nationale dramatiques-indépendance confisquée-guerre civile-guerre contre le Maroc-coups d’Etat et enfin guerre contre le terrorisme islamiste qui a fait entre 100 000 et 200 000 morts et des centaines de milliers de blessés et détruit des infrastructures industrielles, économiques, éducatives, sociales et hospitalières évaluées à plus de 100 milliards de dollars américains.
Rabah Toubal 2 09-02-2012 19:54
Il pleut, ce sont les inondations dramatiques.
Il ne pleut pas c’est la sécheresse tragique.
La terre tremble à 2° sur l’échelle de Richter, c’est le drame pour de nombreuses familles qui perdent leurs maisons vieilles ou mal construites.
Un incendie se déclare quelque part, ce sont des vies humaines, des dizaines d’habitations et des milliers d’hectares de forêt qui partent en fumée.



