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contrechamp / ACTUALITÉS

Point de non-retour ?

“L’application de l’article 102 est dépassée par la crise”, a déclaré Benflis. Mais, en l’état actuel, quelle autre solution serait encore applicable à l’Algérie ? Et pour résoudre quel aspect de la crise ?
Politiquement, le pays vit une situation probablement inédite : il subit un régime qui n’arrive toujours pas à envisager sa succession et qui, de ce fait et du fait de la maladie de son chef, se trouve en position de se perpétuer des conditions de vacance du pouvoir. Emballé dans sa fuite en avant, il continue à sévir dans ce fonctionnement décousu qu’on lui connaît depuis un certain temps.
Aucune force politique n’est en état de s’opposer à sa volonté conservatrice, le régime ayant pris soin de monopoliser les ressources résiduelles du pays, d’entretenir les forces de répression et de privatiser les institutions, y compris celles qui sont en théorie en charge de l’organisation de l’alternance au pouvoir. Ce régime a donc privé la nation du recours politique à la crise : le changement démocratique.
Économiquement et socialement, l’Algérie a été empêchée de se développer à une époque où ses chances de décollage économique n’ont jamais été aussi grandes. Durant près de vingt ans d’abondance, des centaines de milliards de dollars ont été dépensés en partie pour gratifier des amitiés, engraisser des clientèles, entretenir les alliances de clans et acheter la paix sociale. De ce fait, tous les compartiments de la société algérienne ont culturellement rompu avec toute représentation politique de ses intérêts. Un pouvoir n’est plus un système d’institutions qu’on se choisit ; c’est un détenteur de ressources avec lequel on marchande. Dans ces conditions, les pouvoirs sont interchangeables. C’est-à-dire qu’il n’y a aucune utilité à les changer. D’où l’abstention politique mais la revendication sociale !
Cette société redécouvrira les vertus de la mobilisation le jour où il n’y aura plus rien à marchander. Une mobilisation sans assise politique  et sans leadership qui pourra accoucher de quelque chose ou de son contraire. Notre salut est donc dans le retour de la rente. Celui du régime aussi. En attendant, il va créer de l’argent à partir de rien. État et citoyens sont accrochés à l’inversion rêvée de la courbe du prix du baril.
Stratégiquement, et comme dans un partage des rôles, le pouvoir a confié à l’islamisme la mission d’embrigadement de la société. Celui-ci ne s’est pas fait prier, si vous permettez le terme, pour développer un “terrorisme sans armes” par lequel il traque les dernières poches de culture libertaire et républicaine. Et comme l’islamisme a infesté les institutions d’esprits formatés à l’intolérance obscurantistes, le dogme a fini par prévaloir sur la loi. Dans l’espace public, il cible prioritairement la femme. Mais ce faisant, il oblige, couard, à se placer du côté du plus fort, quitte à présenter son alignement contraint comme un choix délibéré. Les assauts répétés contre l’école, s’ils venaient à aboutir, constitueraient l’ultime étape de l’Afghanisation en cours de l’Algérie.
C’est tout de même une performance pour un même pays d’être politiquement sur la voie de la Corée du Nord, économiquement sur la voie du Venezuela et culturellement sur la voie de l’Afghanistan !
Alors, quelle solution pour quelle crise ?


M. H.


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