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contrechamp / ACTUALITÉS

Répression et mobilisation

La répression contre les manifestants et les activistes s’intensifie. Mais, dans le même temps, les manifestations gagnent en ampleur, comme on a pu le constater vendredi et mardi derniers.

Qu’elles touchent des militants ciblés ou des manifestants chopés dans le tas, les arrestations, qui se multiplient en dehors et dans les rangs des marcheurs, ne peuvent avoir d’effet sur l’évolution du mouvement populaire. 
C’est une erreur politique et tactique que de penser pouvoir réduire une mobilisation de l’envergure et de la profondeur que l’on sait en arrêtant, en nombre, des manifestants et des activistes en vue. Pour expliquer l’inefficacité répressive de cette pratique, il faudrait considérer la nature du soulèvement pacifique en cours.
En premier lieu, le mouvement populaire n’a pas de leadership ; depuis qu’il est en marche, on n’a même pas pu déterminer son origine. Même le jour et le lieu de son déclenchement ont fait polémique, avant d’être renvoyés à leur statut de questions subsidiaires. On n’a pas, non plus, vu passer quelque directive de quelque instigateur anonyme ou déclaré. C’est plutôt l’inverse qui s’est passé : les personnalités qui ont voulu intégrer les marches ont eu des difficultés à s’y fondre. Il a fallu un certain délai, qui a permis une espèce de décantation, pour que, finalement, le mouvement finisse par distinguer, parmi les femmes et hommes publics, entre ceux qui lui viennent en soutien et ceux qui veulent le squatter ou l’orienter.
La préférence autogestionnaire a été peut-être rendue nécessaire du fait de la suspicion qui frappe les acteurs politiques et sociaux ayant activé sous le règne du régime abhorré. D’un autre côté, elle a été possible grâce à la longue maturation politique d’un peuple — de sa jeunesse, surtout — qui, en vingt ans de dictature mafieuse, a eu tout le temps d’observer la descente aux enfers de leur pays et de débattre, dans l’intimité de leur marginalité, du système qui en est responsable. La nécessité de le dégager sans casse est apparue, pour tous, comme évidente. L’urgence est si évidente, sauf pour les profiteurs du régime, qu’il n’y a pas eu besoin de se concerter pour s’accorder, presque d’instinct, sur la solution.
De ce fait, et en second lieu, l’interpellation de marcheurs n’a pas d’effet dissuasif sur la masse. C’est une masse qui s’est soulevée en effet ; et le poids des individualités dans la marche du mouvement est, dans ce cas, relatif. De plus, les arrestations de citoyens revendiquant des droits légitimes et partagés créent un élan de solidarité chez les autres manifestants. Ce sentiment qui se traduit en devoir de poursuite du mouvement ! 
Enfin, ces arrestations, ces mesures restrictives de libertés et attentatoires à des droits constitutionnels, comme l’interdiction faite aux citoyens d’autres wilayas de se déplacer vers la capitale, viennent dénoncer les engagements du pouvoir pour une élection transparente. Il ne peut pas embastiller des citoyens parce qu’ils expriment une opinion et prétendre en même temps leur assurer un libre choix politique.
En plus d’avoir un possible effet mobilisateur, la répression ne peut pas constituer un élément de campagne pour des élections ! 
 

M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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