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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution, répression et dialogue


La “commission politique” du panel rencontrera demain des représentants du hirak. À quoi reconnaît-on un représentant du hirak ? à savoir...
Entretemps, à Annaba, dix ans de prison pendent sur la tête d’un manifestant pour avoir détenu ou brandi un emblème amazigh. Le pouvoir n’a donc pas lâché sur cette question des prisonniers poursuivis pour port de l’emblème berbère. Et pour cause, c’est bien la latence identitaire amazighe qui est réprimée. 
Le traitement juridique et judiciaire de ce “crime”, loin de contredire cette réalité, la confirme : la qualification arbitraire des faits a pour but de faire peser sur les prévenus la menace du plus grand châtiment et d’en faire des cas exemplaires.
à la vérité, l’emblème en question fait courir bien moins de risques à “l’unité nationale” que sa répression. En décidant d’une répression aussi sévère contre l’expression identitaire, le pouvoir confirme, non seulement qu’il tient à conserver le contrôle de l’État, mais qu’il a aussi campé son modèle de société. 
On pouvait déjà en saisir les contours à partir du slogan “Novembriste-Badissiste” que de faux manifestants tentent régulièrement d’écouler dans les marches, mais qui ont fini par être identifiés pour ce qu’ils sont des “chevaux de Troie”. Le terme Novembre, date de déclenchement de la révolution “absolue”, vise à rappeler aux Algériens que la Révolution étant accomplie, ils n’ont plus de motifs pour se soulever. La “famille révolutionnaire” a décrété “la fin de l’Histoire”, au sens de Fukuyama, et toute insoumission serait une offense à Novembre. Le choix est d’être avec “les héritiers” de Novembre ou avec la France.
Le même choix qu’en 1954. Alors, février 2019, une Révolution ? Non, pas de “Febrayeria” ; ce serait une offense à “Novembria”.
En brandissant ce projet “novembriste”, on tente de renier le statut de révolution au mouvement populaire. Quant à la “badissia”, ce n’est qu’une manière de faire du pied à un courant islamiste aux positions toujours ambiguës dans les moments de soulèvement démocratique. Ce recours à deux références historiquement et politiquement antinomiques découle de l’empressement d’un pouvoir improvisé à se donner une contenance  politique.
D’un autre côté, et si l’on considère l’histoire politique de l’Algérie indépendante, on observe que la quête identitaire a constitué une des voies de convergence révolutionnaire démocratique. Le conservatisme baâthiste ne pardonne pas à tamazight de pousser au recentrage géopolitique un pouvoir confortablement installé à la tête d’une succursale de la “nation arabe”.
Les prisonniers de l’emblème amazigh sont victimes d’une violence politique. L’offensive contre l’emblème en question sert une conviction idéologique. Ce drapeau ne menace pas l’unité nationale ; il menace un dogme utile. C’est pourquoi lorsque le panel sollicite la libération des prisonniers politiques comme “mesure d’apaisement”, il se heurte à un refus de principe. Il ne tardera pas à se rendre compte de sa compromission dans son fonctionnement même : parmi les renforts dont il vient de bénéficier, Mme Benbraham ne doit pas être seule à être venue faire valoir la politique de répression que le régime pratique à l’encontre de militants du mouvement populaire.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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