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contrechamp / ACTUALITÉS

Un an dans l’Histoire

Demain, le mouvement populaire, qui secoue paisiblement le pays, bouclera sa première année. Les anniversaires, escales symboliques, sont propices aux inventaires. Pourtant, les processus sociopolitiques ne s’accommodent pas toujours de ces “plannings” par lesquels on essaie d’appliquer la mesure de temps politique à des mouvements historiques.

Le mouvement en cours est un élan pour la rupture avec le système de pouvoir régnant, mais n’est pas que cela ; il est aussi un enclenchement de ruptures multiples qui sont, à elles toutes, constitutives d’une révolution globale. C’est cet état de système de ruptures diverses et conjuguées qui le caractérise et le singularise. 

Pour cela, il a fallu quelques heureuses coïncidences. Il a fallu, d’abord, la maturation de consciences et de volontés individuelles à une échelle qui a facilité leur croisement. La chose le mieux partagée entre les Algériens se résumant, depuis un long moment, au spectacle des abus de pouvoir et aux outrages de l’arrogante secte politico-mafieuse, leur résistance à l’indignation a été poussée dans ses derniers retranchements. à la veille de l’élection présidentielle, les Algériens étaient manifestement et massivement en quête d’opportunité de révolte. L’exhibition provocatrice du “cadre” a fait le reste. Là s’est opérée une rupture avec le statut de sujet réduit au silence par la peur, la corruption ou l’inconscience ouvrant à l’Algérien l’accès au rang de citoyen respectable et responsable.

La seconde rupture a concerné les formes de luttes. Les Algériens partageaient depuis longtemps le constat d’échec des pratiques politiques et revendicatives encadrées par le système. Depuis longtemps, ils ont pris leurs distances avec l’engagement organisé et avec l’exercice électoral. Mais le pouvoir s’accommodait de cette situation puisqu’il décidait seul des candidatures, des quotas et des scores. Et il avait affaire, non à des militants ou des citoyens-électeurs, mais à des “leaders” politiques qui, eux aussi, s’accommodaient de ce statut d’interlocuteurs du clan qui les dispensait de composer avec de larges bases militantes et populaires.

En gros, les Algériens, devenus citoyens, exigent qu’on leur remette le pouvoir de choisir leurs dirigeants et de choisir la manière de les choisir. Un changement que le système ne peut concevoir parce que c’est la négation de ce qu’il est. Le hirak c’est la confrontation entre une page d’Histoire nationale finissante et une autre qui doit débuter. L’Algérie est en train de muer “ en direct”. Positivement. Pour partie, l’évolution est effective. Mais la grande transformation se fera dans la durée, même si trop de forces, dans l’Etat et dans la société, manifestent leur inadaptation à un mouvement en profondeur. 

C’est une discontinuité dans le mouvement historique qui se déroule sous nos yeux. Le régime le sait mais le vit comme sa propre remise en cause. Il réprime et manipule en attendant l’opportunité tactique de le réduire. Cette stratégie du pilonnage-tripotage vient d’être illustrée par cette initiative visant à instaurer une journée nationale du…hirak. C’est le dernier moyen qu’il a trouvé pour désamorcer le hirak : l’étatiser. C’est significatif du destin que le pouvoir voue à ce mouvement populaire de portée historique : il veut sanctuariser sa naissance pour ne pas le voir parvenir à sa fin !

 

 

 

M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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