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Contribution

Chronique d’un décès volontaire ou involontaire d’un patient et de la pratique médicale en Algérie !

C’est une histoire vraie hélas et je la raconte pour que non seulement nos médecins, chirurgiens et autorités responsables de la santé de la population réfléchissent un tout petit instant à leur responsabilité, leur devoir par rapport au fameux “serment d’Hippocrate”.
La jeune femme décédée avec son bébé à Djelfa faute d’assistance a déjà fait couler beaucoup d’encre, ce qui ne pourra jamais réparer la douleur de sa famille.  L’histoire que je vais vous raconter en est une autre qu’on pourrait aussi qualifier de non-assistance à une malade suivie d’un décès, qu’on aurait pu éviter en principe. C’est l’histoire d’une dame âgée de 75 ans, qui porte un Sten depuis 5 ans, suivie régulièrement par un cardiologue à El-Biar. Suite à un contrôle, ce dernier lui a prescrit le remplacement du Sten il y a de cela 5 mois (mars 2017). C’est ainsi que le parcours du combattant a démarré, pour d’abord obtenir une prise en charge de la Cnas, processus qui a parfaitement bien fonctionné (obtenue en un temps record). Le cardiologue l’ayant orientée sur un de ses collègues opérant à la clinique “D.S.”, rendez-vous a été pris et un dossier complet déposé, après avoir préparé tous les bilans, analyses et radios nécessaires. Elle est admise en avril pour l’intervention dans cette clinique, mais au moment de l’intervention, on suspecte une éventuelle insuffisance rénale qui nécessite de nouvelles analyses et bilans spécifiques chez un spécialiste. Elle rentre chez elle et réalise tout ce qui lui a été demandé et dont les résultats indiquent qu’elle peut subir l’intervention sans problème. Un deuxième rendez-vous est pris au niveau de la même clinique pour admission en juin 2017, mais la veille, la clinique appelle son mari pour l’informer que le RDV est reporté à une date ultérieure, c’est-à-dire en septembre 2017. Le mari est un peu affolé, car son épouse donne des signes de fatigue inquiétants et fait des pieds et des mains y compris en tentant de sensibiliser son cardiologue traitant pour trouver une solution. Et c’est à ce moment que des indices d’une situation inadmissible sont révélés dans le genre : “Il y a un manque de Sten, mais si vous avez 440 000 DA on fait l’intervention tout de suite !” Le mari n’est qu’un simple chauffeur en retraite et loin de disposer de cette somme. Il fait appel à son entourage et grâce à l’intervention d’un médecin, comme par miracle un rendez-vous lui est accordé toujours par la clinique “D.S.” pour le 25 juillet 2017. Mais hélas quelques jours avant, la clinique appelle et reporte le RDV sans motif, ou plutôt en déclarant que le chirurgien concerné sera en congé alors qu’il était présent ce jour-là à la clinique “D.S.”.
Affolé, le mari se présente à la clinique et tente de les sensibiliser. On lui répond qu’il est possible de la prendre en charge s’il établit une déclaration certifiée qu’il accepte un changement de chirurgien. Le mari se précipite et l’établit le jour même, y compris en prenant contact avec le chirurgien qui lui a placé le Sten il y a cinq ans et qui accepte d’intervenir le mercredi 25 juillet. Mais de retour à la clinique, le service admission lui dit que sa déclaration est insuffisante, car il faut aussi une autorisation de son cardiologue traitant. Ce dernier, absent de son cabinet, est quand même contacté là où il se trouve pour donner son accord, à travers un message transmis par sa secrétaire médicale qui a reçu en mains propres la déclaration certifiée du mari.  Aucune réponse n’arrive pendant 3 jours, ce qui ressemble à un simple refus pour des raisons que nous ignorons et probablement de relations entre praticiens (! ?). Contacté le 26 juillet à son retour au cabinet, son cardiologue traitant lui fixe un nouveau RDV le 5 août 2017 pour soi-disant remédier à la situation. Entretemps, le 1er août 2017, la dame a un malaise et est admise en urgence à la clinique du 5- Juillet. Malgré tous les efforts entrepris, la dame est décédée dans l’après-midi du 1er août 2017.  Qui est responsable de ce malheur ? Ne s’agit-il pas d’un cas de non-assistance à un malade ? Que répondront les praticiens et services cliniques (pas tous heureusement) quand ils se présenteront devant le Bon Dieu ? Car hélas en ce moment, personne ne leur demandera de comptes par les temps qui courent, sachant que cette catégorie utilisera ses relations pour “enterrer” le dossier avec une multitude de motifs et causes de décès. Nous ne donnons aucun nom, mais le Seigneur sait de qui il s’agit, parce qu’il est le seul recours pour les pauvres gens.


A. A.