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A la une / Contribution

CONCOURS DE CHEFFERIE DE SERVICE HOSPITALO-UNIVERSITAIRE

Halte aux passe-droits !

© D.R.

L’objectif principal de l’activité hospitalo-universitaire (HU) n’est certainement pas de former des chefs de service, mais d’améliorer la santé publique et d’assurer aux citoyens des 48 wilayas du pays, des soins, préventifs et curatifs, de qualité et conformes aux données actuelles de la science. La qualité des soins et de la formation dans un service HU n’est que le reflet de l’honnêteté, de la compétence et du charisme du chef de ce service, caractéristiques qui ne peuvent être mises en évidence que par une concurrence loyale, sans exclusion et basée essentiellement sur le mérite scientifique. D’où l’importance de ces concours. Nous constatons, ces dernières années, une régression continue de la qualité de ces prestations en Algérie ! Pourquoi ? Le présent article, tiré de faits authentiques, vécus depuis 1994, essaye d’apporter une réponse objective à cette question fondamentale !

Une coalition de fonctionnaires contre le principe d’égalité des candidats
Docteur en sciences médicales avec la mention très honorable et les félicitations d’un jury international depuis 1992, licencié en droit et auteur  de plusieurs travaux scientifiques, j’ai participé, à Oran en 1994, au concours national de recrutement des maîtres de conférences classe A (MCA), avec un dossier riche de 54 travaux scientifiques dûment prouvés (23 publications et 31 communications). Mais, bien que la grille de notation donne le maximum de la note avec seulement 12 travaux, j’ai été arbitrairement ajourné. Se considérant “souverain”, le jury n’a noté qu’une seule communication parmi les 31 présentées et seulement 6 publications parmi les 23.
Après recours, le même jury s’est réuni à nouveau et a reconnu sur un second PV l’existence d’une “erreur” dans le total de mes travaux, mais refusa de la corriger. De plus, ce second PV a été dissimulé par le doyen de la faculté de médecine d’Alger de l’époque et n’a pas été transmis à la commission nationale de proclamation des résultats, laquelle s’est contentée du 1er PV, sans le corriger.
J’ai été rétabli dans mes droits par la Cour suprême (arrêt n°161718 du 08.06.1997) qui, annula, pour la 1re fois, les résultats d’un concours HU officiellement proclamés, pour le motif que “le jury a violé le principe d’égalité des candidats”. Mais cet arrêt prononcé dans sa forme exécutoire a fait objet d’un refus d’exécution injustifié par les ministères de l’Enseignement supérieur (MESRS) et de la Santé (MSPRH). Alors que les auteurs de ces forfaits ont continué, dans une totale impunité, à enseigner et à présider des jurys ; M. Amar T., alors ministre de l’Enseignement supérieur, me lança avec ironie, le 13 juillet 1998 : “Dis à l’huissier de  t’exécuter ton jugement ! (sic)”
Scellé depuis 1994, mon dossier n’a été ouvert que 7 années plus tard !
Le 23 juin 2001, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Amar Sakhri, a fait réunir, dans son cabinet et en présence de son SG, un jury d’expertise scientifique et le chargea de vérifier minutieusement le contenu de ce dossier conflictuel. L’expertise a fait passer mes travaux de seulement sept (7) en 1994 à dix-huit (18) en 2001, pour le même dossier, confirmant ma réussite avec mérite, et surtout l’intention malveillante de ce  jury de 1994.  Ce sont ces pratiques amorales qui consacrent l’injustice, la médiocrité et l’inversion des données sélectives, qui sont toujours d’actualité chez certains jurys et sont la ruine de l’Algérie dans tous les domaines !
                    
Une violation délibérée de la Constitution et des lois qui en découlent !
Incroyable mais vrai, messieurs les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur ont délibérément violé la Constitution algérienne de 2016 et le Journal Officiel (JO) de la RADP, afin de soutenir cette coalition de fonctionnaires qui s’oppose depuis plus de 20 années à l’exécution de l’arrêt de la Cour suprême de 1997 consacrant le principe d’égalité des candidats et me rétablissant dans mes droits ! Ils ont signé deux arrêtés interministériels irréguliers, le 26 septembre et le 27 novembre 2016, réduisant de cinq années l’âge de participation au concours pour cette fonction, uniquement pour m’exclure de la participation ! (lire les détails dans El Watan du 9 février et surtout du 28 mars 2017). Non, messieurs Boudiaf et Hadjar, nous ne sommes plus en 1994 mais en 2017, à l’ère de la communication ! Ces pratiques sont révolues et notre pays avance, inexorablement, vers l’édification d’un État de droit et de justice et d’une Algérie des institutions !
 
Le regretté Pr Kaddache Chawki, la première victime de cette inconstitutionnalité mortelle !
Le 19 janvier 2017, mon ami le regretté professeur Kaddache Chawki, l’un des 12 candidats irrégulièrement exclus de la participation à ce dit concours, me téléphona catastrophé : “Ils nous ont exclus et ils disent que c’est à cause de toi qu’ils ont descendu l’âge à 62 ans ! Mais qu’est-ce que tu as pu leur faire pour qu’ils fassent une chose aussi grave ? (sic).” Il était le plus affecté de toutes les victimes de cet abominable complot, et avait un grand espoir dans ma requête enregistrée le 16 février 2017 auprès du Conseil d’État, pour l’annulation de cet arrêté inconstitutionnel du 27 novembre 2016. D’autres candidats, dans la même situation, firent de même, en ajoutant : “Ils disent que tant qu’ils seront au pouvoir, Bengounia ne passera pas ! (sic).”  Né le 21 juillet 1954, le regretté professeur Kaddache n’avait que 62 ans et remplissait donc les conditions d’âge et de titre pour ledit concours, et personne n’avait le droit de l’empêcher de concourir ! Plusieurs fois chef de service par intérim au CHU de Blida, il avait produit de nombreux travaux et servi avec sérieux, pendant des années, l’administration centrale du MSPRH.
Cette dernière lui tourna le dos au moment où il avait le plus besoin d’elle. Il aurait certainement obtenu ce service de pédiatrie auquel il tenait tant et au sein duquel il avait exercé durant des décennies et tissé de nombreux liens affectifs avec ses petits malades. Le 20/10/2016, en mission pour le MSPRH, il accompagna les experts de l’OMS chargés de l’éradication de la poliomyélite pour une visite de travail dans notre service d’épidémiologie du CHU Mustapha. Autant il était heureux de m’annoncer que l’Algérie sera bientôt déclarée par l’OMS libérée de la poliomyélite, autant il était inquiet pour son droit légitime de participation au prochain concours, droit sur lequel il s’était longuement étalé avec beaucoup d’amertume. C’était la dernière fois où j’avais vu le regretté professeur Kaddache debout.
Depuis la publication de leur arrêté diabolique du 26/9/2016, ils l’ont soumis à un stress permanent et enfermé dans une spirale infernale qui ne pouvait se terminer que de façon tragique ! Il a été privé de son rêve et de sa vie par les consciences mortes ! Le professeur Kaddache (Allah yarhmou) est décédé à la suite de sa profonde déception le 11 mai 2016 dans un hôpital parisien, l’HEGP. Ironie du destin, il a été enterré à Alger le 14/5/2017, jour où notre ministre de la Santé, M. Boudiaf, recevait officiellement le certificat de l’OMS attestant l’Algérie “polio free country”. Il ne verra jamais ce fameux certificat dont il était si fier et ne sera jamais chef de service titulaire ! À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons !

Un droit reste un droit, même s’il a été usurpé par la force !
Bien que ma première publication dans une revue indexée avec double comité de lecture remonte à plus d’un quart de siècle (revue anglaise Vaccine, vol. 9, May 1991, pp. 369-372), et que, par mérite scientifique, j’ouvrais droit, depuis 1995, à concourir et probablement obtenir la chefferie de service du CHU Mustapha, le ségrégationnisme de l’administration centrale du MSPRH et du MESRS m’a toujours empêché de passer ce concours et a fait de moi un étranger dans mon propre pays ! Malgré l’ancienneté de ma thèse (13 juin 1992), je suis resté intérimaire toute ma vie : au CHU de Hussein Dey (1979-1985), au CHU de Blida (1994-1997) et au CHU Mustapha (2016-2017) !  Pour cette fois-ci, voyant que ce poste me revenait scientifiquement de droit et que mon exclusion ne pouvait se concrétiser qu’administrativement, les dieux de ces ministères, qui bloquent depuis 20 années, dans une totale impunité, l’exécution de mon arrêt de la Cour suprême, ont préféré violer la Constitution et le JO, plutôt que de me voir chef de service titulaire au CHU Mustapha, CHU dont ils m’avaient empêché d’accéder durant 16 années (1995-2011).
Réconforté par le JO de la RADP et étant le seul candidat, de grade de professeur HU dans ma discipline, pour la région Centre (Alger, Blida, Tizi Ouzou) appelé à concourir avec 4 nouveaux MCA (depuis 2014 seulement), je n’ai vraiment pas pris au sérieux les propos bizarres de Mme la DRH du CHU Mustapha tenus le mois de novembre 2016 : “En principe, pour vous, il n’y a aucun problème, mais nous sommes en Algérie et tout est possible !” (sic), ni même la discrimination manifeste à mon égard, du DRH du MSPRH et de son ministre, M. Boudiaf. J’étais à mille lieues d’imaginer à ce moment-là que mon exclusion était depuis longtemps programmée et que mon sort était déjà scellé !
Parmi les 11 candidats en épidémiologie au niveau national, les notes des 10 dossiers évalués se sont échelonnées de 40 à 92,5 points pour le major de promotion. Seul mon dossier, qui totalise selon la même grille d’évaluation 148 points et qui était rigoureusement conforme aux dispositions arrêtées par le JO et remplissait même cette clause scélérate de 62 ans (né le 11 octobre 1954), n’a pas été évalué ! Pourquoi ? Un droit reste un droit, même s’il a été usurpé par la force, messieurs les ministres Boudiaf et Hadjar !

Où sont la probité et l’impartialité de l’administration ?
Ainsi, messieurs les ministres m’ont asséné le coup de grâce pour avoir sacrifié toute ma carrière à défendre le principe d’égalité des candidats, un principe fondamental pour la cohésion sociale et l’émergence des compétences nationales dans tous les domaines de la vie, alors qu’au même moment, les membres du jury qui a vidé mon dossier scientifique, en 1994 à Oran, sont aux honneurs ! L’un d’entre eux a “présidé” un des jurys dudit concours de 2016 ! Durant 22 années, pas un seul des 10 ministres de la Santé qui se sont succédé sur ce cas d’espèce n’a diligenté une enquête, ne serait-ce que dans l’intérêt de la loi ! Où sont la probité et l’impartialité de l’administration, messieurs les ministres Boudiaf et Hadjar ?
 
Une véritable conspiration du silence !
Bien que les preuves irréfutables de cette inconstitutionnalité et des gravissimes irrégularités qui ont entaché ce concours aient été portées, en temps opportun, à la connaissance des plus hautes autorités du pays depuis le 6 février 2016, et publiées les 8-9 février et 28 mars 2017 dans le quotidien national El Watan, ainsi que dans la presse du 4 avril 2017, aucun commis de l’État, pas même le SGG, n’a réagi ! Une véritable conspiration du silence a entouré ledit concours ! 94 professeurs HU ont été réquisitionnés pour assurer l’encadrement pédagogique dudit concours qu’ils savaient pourtant irrégulier et lourdement préjudiciable pour 12 de leurs confrères ! Contre toute attente, messieurs les ministres Boudiaf et Hadjar, fidèles à leur politique du fait accompli, se sont précipités, le 3/4/2017, à affecter officiellement les nouveaux chefs de service, fruit de cette mascarade !
    
Où sont les services du secrétariat général du gouvernement (SGG) ?
L’administration étant le seul garant de la pérennité de l’État, de quel droit un acte administratif inconstitutionnel, entaché d’autant d’irrégularités et aux conséquences mortelles, reste-t-il en vigueur depuis plus de sept mois (27/11/2016 !) pour les services du SGG, services chargés statutairement d’assurer le contrôle et la conformité des projets de loi et de règlements de la coordination juridique de l’activité du gouvernement ?


A. B.
Professeur HU et juriste, CHU Mustapha-Pacha

 


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