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A la une / Contribution

Contribution (Liberte-algerie.com)

"Les gouvernés ce sont eux la politique et sans eux point de politique !" (Partie 02)

©D.R.

Partie 01

Partie 03

Partie 04

Partie 05

 

« Pourquoi la modernité n’a pas réussi à achever le projet de la vraie démocratie et de la vraie représentation ?”

La constitution ne peut émerger qu’à partir de luttes constituantes. Dorénavant, les pouvoirs constituants doivent fonctionner et être continuellement renouvelés par le bas. Car le représenté est confiné dans un rôle politique passif et générique. Notre machine représentative n’est plus fiable ni viable. Elle n’a jamais fait son temps ni elle ne le fera. Jamais.

Ce pouvoir constituant qui doit émerger est profondément enraciné dans les luttes, mes propositions révèlent le cours d’un mouvement historique qui dans le court terme va atteindre sa maturité, l’urgence exige qu’il faut être au rendez-vous. Le pouvoir constituant de toutes les franges des mouvements sociaux et populaires a mûri et se montre désormais capable, à travers ses réseaux de communication et de coopération (si on le laisse agir de sa propre initiative et en toute liberté), à travers la production du commun, d’être le véhicule d’une société démocratique alternative.

Dans sa majorité le peuple , clame haut et fort, son refus de la représentation et des structures du ‘’gouvernement représentatif’’. Le peuple en avance sur les ‘’politiques’’, son refus tient au fait , qu’il indique immédiatement, que la crise n’est pas seulement économique, sociale, et politique, mais aussi constitutionnelle. Les structures de la représentation sont radicalement remises en question.

La population algérienne est définitivement vaccinée, l’opportunisme des partis s’exprime comme juste une formalité, un fond de commerce, un tremplin servant à un homme ambitieux ou à un groupe de personnes d’accéder au pouvoir. Les Partis Algériens ont tiré leur révérence. C’est fini.

  Les réponses concrètes nous les trouverons que dans le cadre des discussions politiques collectives, hors partis, qui seront engagés avec la multiplicité des mouvements sociaux. Et en aucune façon ma présente lettre ne va servir d’alibi pour l’exercice du pouvoir par les militaires. Cette âpre et obligée transition vous devrez la gérer dans des délais très rapides.

 Par la tradition révolutionnaire à travers laquelle le peuple algérien a payé un lourd tribu, la densité de votre fonction et les armes que le peuple vous a légués en dépôt, en ‘Amana’, (indirectement par médiation présidentielle du pouvoir constitué, convenons-nous bien !) font que de votre mirador vous subsumez la situation, en tant que chef de l’institution chargée de l’exercice légitime de la violence.

A contrario des chefs de partis qui tous brûlent d’arriver et de spolier le pouvoir, et de s’approprier une représentation qu’ils n’ont pas ; votre force vous la tenez de cette dense posture constitutionnelle privilégiée, neutre et constituée, qui fait que vous ne pouvez pas prétendre à aucune revendication du pouvoir ni avoir le droit de son exercice légitime.

Mais par contre, c’est à vous et à vous seul qu’incombe le devoir et la mission d’assurer la transition, de transmettre le ‘’témoin’’ dans un délai très court, sans se tromper de coéquipiers. J’affronte à ce niveau, et je vous le concède, ce que les philosophes épistémologues appellent un diallèle, c'est-à-dire un blocage du jugement et du raisonnement. Alors je tranche, et je vous préconise que le témoin qui est dans vos mains ne peut-être transmis qu’aux mouvements sociaux et populaires  que vous devrez les pousser à s’organiser, principale gage de la réussite de l’Algérie.

Les mouvements sociaux et la Multitude sont les véritables détenteurs du pouvoir constituant sans cesse en explosion et en expansion par les luttes sociales et les émeutes.

De la hauteur du point géographique où je suis situé, dans le calme de la campagne de l’Algérie profonde, je peux vous dire, que les ‘’partis politiques’’ n’ont aucun ancrage dans la réalité des populations et de l’Algérie insondables, sont en permanente lamentation, prennent le problème par le mauvais bout et attribuent leurs déboires et insuccès à une constitution mal façonnée et conçue. Les constitutions en général, c'est-à-dire ceux des pouvoirs constitués, ne sont que des chiffons de papier qu’il faut jeter à la poubelle et aux calendes grecques , qui se trompent de Sujets et de terrains de luttes, écrites par des ronds de cuirs , de politiques de la courte échéance et de bureaucrates oisifs.

La constitution s’écrit sur la terre ferme, par la force, le désir, sur le terrain des luttes, par le sang, les larmes et la sueur, c’est ce qu’on appelle, le pouvoir constituant.

Les processus constituants révisent les structures politiques et les institutions afin qu’elles soient mieux ajustées au tissu social et aux fondations matériels des conflits, des besoins et des désirs sociaux. La nature humaine originelle ou primordiale n’est pas propice à des relations sociales et politiques libres, égalitaires et démocratiques. Pour l’enroler dans l’organisation politique , celle-ci exige la production de subjectivité. Nous devons créer une multitude, l’ensemble des mouvements sociaux, capables d’agir politiquement de façon démocratique et d’assurer l’autogestion du commun.

Comment peut-on aujourd’hui s’associer étroitement dans le commun et participer directement à la prise de décision démocratique ? Comment les mouvements sociaux,qui constituent le champ de force, entrainant de la multitude, celle-ci, peut-elle régner sur les institutions tout en réinventant et en réalisant la démocratie,  ‘‘pour tous exercée par tous’’? Voilà, les véritables tâches d’un processus constituant !

La fonction politique de la représentation par les partis n’est pas opératoire, s’avère être une escroquerie et une imposture, elle ne hissera jamais le peuple au pouvoir. Nos partis sont totalement coupés de la dynamique d’ensemble des processus des mouvements sociaux.Les partis algériens fonctionnent en vase clos, et ne tirent en aucune façon des mouvements populaires ni leurs existences, ni leurs idées programmatiques et tactiques. Leur mode de fonctionnement est horriblement bureaucratique et destiné qu’aux ‘’amis’’, fait signe vers un noyau central (le Zaimisme) et sa couronne constituée de veules bureaucrates, un schème d’autorité, qui conduit carrément à une négation et à un effacement autoritaires de la multiplicité et de la Multitude algérienne.

Les ‘’partis politiques’’ algériens, communiquent sur les hautes fréquences , personne ne les entends, plaisent à eux mêmes à se dire, tant qu’il n’y a pas un parti et une idéologie pour diriger les émeutes et les conflits de rue, il n’y aura pas de changement voir de révolution. Rien de plus faux. Les groupes sociaux interagissent si bien entre eux, communiquent sur les basses fréquences, par contre, ceux qui ne prennent pas part à la lutte ne peuvent ni les entendre ni les comprendre. On nous gargarise que les mouvements sociaux, manquent de dirigeants mais justement c’est parce qu’ils manquent de dirigeants qu’ils sont puissants !! Ils sont organisés horizontalement. Point de cadres du parti qui disent aux gens ce qu’ils doivent penser, mais des discussions ouvertes où s’exprime un vaste éventail de points de vue qui peuvent parfois se contredire. Leur secret c’est qu’ils sont indisciplinés à une ligne idéologique, c’est la marque de leur extrême puissance, ils ne sont pas décérébrés par les lignes rigides des partis.

Alors on va nous rétorquer, que c’est de la zizanie, du désordre, du chaos et de l’anarchie.

Pas du tout. Nous sommes prisonnier de ce vieux paradigme, qui nous empêche d’avoir de l’imagination, de penser que les dirigeants des partis et des structures centralisées représentent la seule façon d’organiser efficacement les projets politiques!

Ceux qui ont suivis le juste mouvement de Ain Salah, qui est devenu un mouvement révolutionnaire grâce ses dirigeants à haut potentiel, mobilisé contre la politique de contamination de l’eau provoquée par le traitement du gaz de schiste, ont été sidéré de remarquer, que la question de l’organisation était l’un de leurs principaux sujets de débat et d’expérimentation : comment conduire une assemblée, comment résoudre des désaccords politiques, comment prendre une décision démocratique etc.

J’ajoute complémentairement, qu’Il faut changer tout ce lexique organique et politique bidon, usurpateur et imposteur. Que veut dire ‘’Personnalité Nationale’’?,  ‘’Cadre supérieur de la Nation’’ ? Rien du tout. Du vent. Leur seul marque c’est qu’ils sont médiatisés.Tous vivent comme des incapables au crochet de l’Etat, par les salaires, les retraites et CCP bien garnis mensuellement, ils n’ont jamais rien créés de leurs vies, ni menés des entreprises conquérantes et triomphantes, ni avoir réussi à produire du savoir, ni exposés leurs vies aux déchirements physiques en face des périls et des épreuves que traverse notre pays, leur seule réussite à consister à trainer comme un boulet, une misérable et indigente petite vie opportuniste.  Tous se distinguent par cette absence de Production Politique en Algérie !

Quelle personnalité a réussi à lever les grands défis auxquels est confronté notre pays ? L’Afrique, la Palestine occupée (toute la Palestine), le modèle énergétique, l’éducation et la formation, l’industrie d’armement (où sa base industrielle, l’industrie du roulement à billes n’existe pas en Algérie), le travail précaire, l’impérialisme, le développement endogène, le néocolonialisme français qui a planté ses racines en Algérie grâce à ses banques, les traitres et les collaborateurs, etc. Des personnalités indolores, incolores, leurs seuls atouts c’est qu’elles se sont construites médiatiquement, unanimement reconnus comme des hommes médiocres, qui ont joué un rôle certes, dans certains événements, uniquement parce qu’ils se sont trouvés là, par hasard, sans aucun autre mérite.

Les temps que nous vivons exigent une ‘’nouvelle science’’ de la société et de la politique, qui empêchent les vieux réflexes de ‘’bon gouvernement’’ de nos partis de ressurgir et déjouer les tentatives de ressusciter l’ordre ‘’ancien démocratique bureaucratique’’ que projettent de faire tous les partis politiques nouvellement créés ces dernières décennies.

Il faut agir en conformité avec la constitution et déclarer sous le sceau de l’urgence la vacance du pouvoir, tant qu’il est encore temps. Faute de timonier, l’Algérie est au carrefour de tous les imprévisibles dangers. M Gaid ce n’est pas une affaire de parole entre vous et le président, d’ailleurs c’est ce qu’il se colporte dans le sérail, fait, que vous lui avait donné votre parole de lui être fidèle jusqu’à son dernier soupir. Non l’enjeu, c’est les intérêts supérieurs de l’Algérie, et votre chevalerie (que j’apprécie pour autant car elle fait partie de nos grandes valeurs Arabes), ne peut pas se mesurer à l’aune de la Nation car en comparaison, une parole n’est que vacuité et contingence.

Immédiatement il faut lancer un débat collectif national (hors des partis), impliquant les mouvements sociaux et populaires pour collecter un cahier de doléances nationales. La chose qui m’a fait réagir vite, est cet opportunisme prédateur du président français, profitant de l’incapacité du président, pour accourir en visite à Alger, à arracher ce qu’il reste de bribes de nos ressources. C’est cette image qui vient de se vérifier, que le peuple a de cet impérialisme lâche, traître, prédateur et dévastateur pour notre pays.

  En me lisant, n’allez pas croire que je suis un radical. Non. S’il y a radicalité, la mienne est une radicalité intellectuelle profonde, authentique, sincère et honnête, celle qui consiste à prendre les problèmes à la racine. La radicalité de certains de nos intellectuels et de nos ‘’politiques’’ est une posture, c’est à dire une forme  de radicalité politiquement payante, celle qui consiste à surenchérir dans l’opposition au monde tel qu’il est. Cette radicalité fonctionne comme une marque attractive, un label vendeur qui confère à ses adeptes une distinction. (à suivre)

Mohamed Belhoucine

Docteur en Physique

(*): Le titre a été choisi par Liberte-algerie.com

(*): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leur auteurs


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