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A la une / Contribution

Pétrole

L’Opep à la recherche d’un nouveau rééquilibrage

© D.R.

Le marché de l'or noir a du mal à maintenir un cap dans un marché totalement excédentaire, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n’arrive toujours pas à faire remonter les cours du pétrole qui continuent à évoluer en dents de scie, en fonction des évènements conjoncturels, des déclarations et des données relatives à la production et des stocks, notamment aux États-Unis et des pays non-Opep, d’où l’organisation de cette réunion dite “informelle’’ prévue en Algérie en marge du Forum international de l’énergie qui se tiendra à Alger du 26 au 28 septembre 2016 avec comme objectif principal le rétablissement de l’équilibre pétrolier, sachant que les revenus de l’ensemble des pays membres de l’organisation sont passés de 753 milliards de dollars en 2014 à 404 milliards de dollars en 2015, soit une baisse de 46%, les projections pour 2016 et 2017 seront respectivement de l’ordre de 341 milliards de dollars et 427 milliards de dollars.

Un défi commun entre les membres de l’Opep et non-Opep
En vue de réussir cette réunion dite informelle (qui pourra se transformer, séance tenante, en une réunion extraordinaire), beaucoup de discussions et de tractations ont eu lieu ces dernières semaines entre les différents ministres des pays Opep et non-Opep, afin de trouver un accord, à court terme, qui influera sur les cours du baril, et ce, en réduisant les stocks et en réduisant la production d’au moins un million de barils par jour (mbj), tout a été mis en œuvre pour arriver à un consensus, d’abord, entre les pays membres de l’Opep, ensuite, entre les membres Opep et non-Opep, reste qu’il faut absolument ne pas trop politiser les discussions (bien que ce ne soit pas évident) et raisonner d’une manière responsable afin de trouver ce consensus qui favorisera les marchés pétrolier et gazier, d’autant plus que la plupart des pays sont presque au maximum de leur capacité de production.
Notre ministre de l’Énergie, Noureddine Bouterfa, se dit optimiste et il l’a bien montré lors de ses différentes déclarations ces dernières semaines, notamment lors de son entretien à la radio Chaîne 3, en date du 20 septembre 2016 (voir le compte rendu rapporté par Liberté du 21 septembre 2016 en page 7), parmi ses déclarations : “Le tout est de trouver un accord équitablement réparti et supporté par les pays. Il faut contenter les membres de l’Opep et non-Opep. L’équation n’est pas facile, mais il y a des décisions qui se dessinent et des contacts bilatéraux entre les pays.’’ Ou encore : “Les tractations sont très difficiles mais la responsabilité peut l’emporter. L’Algérie a de très bonnes relations avec l’ensemble des membres de l’Opep. Ce qui lui permet de jouer le rôle d’intermédiaire.’’
Ainsi, la position de l’Algérie est très claire et je la partage entièrement : ne pas politiser les débats, arriver à un consensus équitable entre les membres de l’Opep et non-Opep en réduisant la production et les stocks en vue de stabiliser les marchés pétrolier et gazier à court terme et ne pas remettre en cause les investissements à moyen/long termes, car il faut savoir que c’est une industrie lourde qui demande une vision à long terme.

Plus de solidarité entre les pays membres de l’Opep
Actuellement, la demande mondiale est de 95,2 mbj, la production Opep est de 33,24 mbj (34,7% de la demande totale), celle des pays non-Opep s’établit à 56,13 mbj (3e trimestre 2016), les stocks de pétrole brut aux États-Unis continuent d’augmenter et s’élèvent à 508 millions de barils pour une production de 8,5 mbj et une consommation moyenne de 20,3 mbj de produits pétroliers.
La stratégie observée chez les producteurs ces derniers mois a été d'augmenter la production pour contrebalancer les effets des bas prix des cours du pétrole.
Depuis maintenant plus de deux ans, on assiste à une bataille des parts de marché couplée à une guerre des prix, la coopération des pays membres de l’Opep peine à trouver une stratégie pour faire face à cette situation car chaque membre est en train de défendre sa propre politique au détriment des autres, ainsi l’Opep (notamment l’Arabie saoudite) fait face à des difficultés pour jouer le rôle de “swing producer’’, il faut absolument rétablir la bonne coopération d’autrefois et trouver un consensus qui sert les intérêts communs de l’organisation d’autant plus qu’au sein de l’organisation, il n’y a plus de quotas mais des plafonds en matière de production, en clair, il faut une solidarité entre les pays membres de cette organisation et, pourquoi pas, des partenariats stratégiques entre les compagnies publiques notamment en matière de développement à la fois technologique et managériale comme le suggère l’imminent expert pétrolier, le Dr Mourad Preure.
La réunion devant se tenir à Alger est une bonne opportunité pour dialoguer, se concerter et sortir de l’impasse qui guette la stabilité à un niveau appréciable et équitable des marchés pétrolier et gazier.

La hausse du dollar poussant vers une baisse des prix du brut
Les échanges pétroliers étant libellés en monnaie américaine, la force du dollar les rend moins intéressants, donc, ils ont tendance à évoluer de façon inverse à la monnaie américaine, ainsi, tout renforcement du billet vert tend à pénaliser les acheteurs munis d'autres devises.
Il faut savoir aussi que pendant les périodes d’incertitudes et de tension, notamment sur les différents marchés boursiers, le dollar a tendance à augmenter, aussi, les arguments pour une hausse des taux d'intérêt se sont renforcés au cours des derniers mois, comme affirmé par la présidente de la réserve fédérale américaine (FED), ceci ne fera que renforcer le
dollar.

La production iranienne et irakienne en nette augmentation
L’échec de la précédente réunion (avril 2016) pour un gel de la production a été largement attribué à l’Iran qui faisait son retour sur le marché mondial à la suite de la levée de sanctions internationales.
Actuellement, la production iranienne s’établit à 3,85 mbj et a presque atteint son niveau de production d'avant les sanctions, après les rumeurs entourant sa participation à la réunion, le ministre iranien du pétrole Bijan Namdar Zanganeh a confirmé la participation du troisième plus grand producteur au sein de l’Opep à la réunion d’Alger sans, toutefois, préciser s’il soutiendrait un gel de la production, une option peu probable car l’Iran a toujours manifesté d’une manière claire sa volonté de récupérer ses parts de marché d'avant les sanctions. Dans le même registre, l’Irak souhaite aussi augmenter sa production afin de tirer vers la hausse les revenus du pays, la production qui a déjà atteint 4,3 mbj est encore loin de la capacité de production qu’il pourrait générer (9 mbj).

Deux scénarios à court terme
Il faut toujours garder en tête que le marché pétrolier est un marché “cyclique’’, à court terme et bien que c’est extrêmement difficile de projeter les prix du baril, trois scénarios sont possibles : (1) si aucun consensus n’est trouvé pour réduire la production actuelle de l’Opep, les prix du baril vont continuer à fluctuer aux alentours des 45-50 $ le baril ; (2) s’il y’a une anticipation sur la reprise de la demande avec un gel de la production à un niveau équitable (réduction d’un mbj minimum), les prix du baril vont se situer dans la fourchette 50-60 $.

Une nouveauté : vers de nouveaux contrats à terme de référence sur le pétrole brut
Les autorités chinoises et russes prévoient de lancer prochainement un nouveau contrat à terme de référence sur le pétrole brut pour tenter de rivaliser avec le Brent à Londres et le brut léger américain, cela fait partie de la démarche de dé-dollarisation lancée (discrètement) par la Russie et la Chine.
Jusque-là, le Brent a toujours servi comme étant la référence mondiale sur la base de laquelle presque toutes les transactions peuvent être mesurées.
Étant une source d’énergie essentielle pour le pays (la Chine est le 2e plus grand pays importateur de pétrole après les États-Unis) et afin d’influencer davantage la formation des prix du pétrole, le Shanghai International Energy Exchange a décidé de lancer son contrat à terme coté en yuan (après avoir obtenu le feu vert du gouvernement chinois), permettant ainsi aux investisseurs internationaux d’intervenir directement sur le marché.
Du côté des Russes, ils veulent, à tout prix, briser ce monopole avec une nouvelle transaction de brut russe qui sera négocié au St. Petersburg International Mercantile Exchange (Spimex). En effet, la Russie a déjà annoncé qu’elle passera bientôt à l’étape de test de son nouveau standard, ainsi, le prix standard des contrats à terme pour le pétrole russe sera négocié sur les marchés russes, en roubles, d’autant plus que la production russe a atteint un nouveau record avec près de 11 mbj, soit légèrement plus que l’Arabie saoudite.
Ces nouvelles données auront, certainement, un impact, et non des moindres, sur les fondements du marché pétrolier aussi particulier qu’il soit.


A. H.
(*) Consultant Oil&Gas
a.henni.consulting@gmail.com


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2 réactions
GALGAL le 25/09/2016 à 11h31

Le niveau de production de pétrole algérien et sa commercialisation restent toujours tributaires de la stratégie adoptée par les grosses cylindrés du cartel du "Souk Arabe" Arabie Saoudite Koweït et le Qatar . SONATRACH a ouvert une nouvelle perspective de l'exploitation des gaz et pétroles des sables bitumineux qui ne seront rentables qu'à long terme à partir de 2022 ;d'ici là si les cours continuent leur baisse, les algériens doivent vivre et se contenter de Calantica !

GALGAL le 25/09/2016 à 11h42

SONATRACH n'est pas autonome au sein de cette organisation qui fonctionne sous l'influence des USA;pourquoi ne pas donner une partie de la compagnie en gestion à un riche industriel algérien et fera partie des pays hors Opep, ce qui va permettre à l’Algérie d'avoir d'autres parts de marché.

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